APRÈS CHARLIE

 

Notre défi : la République et la démocratie

08/01/2015 | par Nicolas Braemer | Actualités

statue_place_liberte © Britchi Mirela-Wikimedia Commons

Au lendemain d'une manifestation historique, nos seules réponses face à l'intolérance et la terreur doivent être celles qui fondent notre pacte Républicain et démocratique.

Au lendemain de l’horreur du massacre à Charlie Hebdo, et au-delà de l’indicible émotion qui nous étreint, il faut affirmer quelques valeurs, comme une réponse à ceux qui nous ont tous blessés.

 La première de ces valeurs, c’est la démocratie.

Il ne peut y avoir de loi ni de justice d’exception, encore moins de pratiques extrajudiciaires tolérées. Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis et certains de leurs alliés européens se sont fourvoyés dans la voie de la torture et de l’emprisonnement illégal. Il faut affirmer ici que, bien au-delà de l’inefficacité prouvée de ces méthodes, elles sont inacceptables en démocratie. Précisément parce que l’État de droit est ce qui nous sépare et nous séparera toujours des auteurs de ces crimes et l’idéologie dont ils se réclament. Ce n’est qu’en restant fermement campés sur nos principes et nos pratiques démocratiques que nous résisterons, moralement et pratiquement. Face à des meurtriers de droit commun, répondons par le droit commun.

La démocratie et la République ne sont jamais des acquis, figés et garantis par une constitution et un corps de lois. Elles sont du combat permanent.

 La seconde valeur à défendre plus que jamais, c’est la République.

Ce qui s’est passé mercredi 7 janvier est évidemment une attaque contre la République, mais elle en souligne aussi les faiblesses et les lacunes. La difficulté qu’ont aujourd’hui les institutions, les politiques, les corps intermédiaires, les citoyens à tenir la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité contribue aussi à produire de tels drames. Dire cela, ce n’est exonérer personne de sa responsabilité individuelle, un meurtrier est un meurtrier qui devra toujours rendre compte de ces actes. Mais la démocratie et la République ne sont jamais des acquis, figés et garantis par une constitution et un corps de lois. Elles sont du combat permanent. La démocratie et la République sont victimes aux quotidiens des faiblesses, des lâchetés, des compromissions et des concessions.

 La démocratie et la République, voilà notre défi. C’est en se battant pour elles, collectivement et chacun à sa place, que nous l’emporterons.

Pas de commentaire

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Tous les champs sont obligatoires (votre adresse e-mail ne sera pas publiée)

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>