5 COMMANDEMENTS POUR BIEN CONTINUER

 

Mutualisation : les ajustements d’aujourd’hui… et de demain

25/02/2015 | par Eric Landot | Toute l'actualité

perspective_jumelles ©hjalmeida - istock

Une fois les principales décisions prises concernant la mutualisation, il faudra faire de la dentelle, du cas, pas cas, de la négociation délicate… sans oublier de se projeter dans le futur avec quelques décisions capitales.

Piège n° 6 : ne pas partir à la recherche du temps additionnel

C’est un leitmotiv : « Nos agents sont tous au taquet ». Bien sûr, personne n’a jamais vu de services mal gérés ou mal contrôlés, de glandeurs ou de traînards. Et pourtant, les mêmes territoires, quelques années après une mutualisation bien digérée, se trouvent, même sans économies d’échelle, avec des personnels plus spécialisés et plus efficaces, des montants de commandes et d’externalisation augmentés ou diminués, mais au juste prix.

Parce que mettre des juristes ou des techniciens en réseau, c’est par exemple l’occasion qu’ils se spécialisent et soient plus efficaces. Mais au prix d’une recherche initiale du temps additionnel que l’on peut prévoir, en échange de cette spécialisation. Ce travail d’orfèvre nécessite une démarche progressive et de concertation pour les avocats et consultants.

Il nécessite d’accepter de changer quelques habitudes… autant dire, parfois, déplacer des montagnes.

 Ce travail nécessite d’accepter de changer quelques habitudes… autant dire, parfois, déplacer des montagnes.

 

Piège n° 7 : ne pas tirer parti de la légitimité et des faiblesses de la communauté

Une communauté n’a pas de légitimité technique ? Ce peut, selon les compétences de tel ou tel EPCI, être légitime. En ce cas, partons des expertises reconnues dans telle ou telle commune, quitte à ériger chaque commune en pilote dans tel ou tel domaine, pour dynamiser les territoires et éviter que des susceptibilités ne se froissent…

Une communauté a des points forts ? Parfait. Développons-les.

 

Piège n° 8 : foncer tête baisser dans les groupements de commande

Une panacée, le groupement de commande ?

À condition d’être très prudent à chaque fois. Fournitures, fioul, contrôles techniques, ramettes ? Oui, à condition de se coordonner sur les points et frais de livraison.

En matière d’assurances ? Oui, en veillant (par des clauses bien rédigées) à ce que les assureurs ne partent pas de la sinistralité la plus redoutable du territoire, etc.

 

Piège n° 9 : ne pas associer le personnel

Trop tôt associés, les agents s’inquiètent longtemps, voire parfois dictent leur loi aux élus (si, si, ça existe !).

Trop tard (peu de temps avant le comité technique par exemple), ils se vexent, à juste titre, de ne pas être associés à l’édification d’un avenir qui est aussi le leur.

Il faudra donc associer le personnel et les syndicats délicatement, au fil de l’avancée du projet, à un moment où des choses peuvent encore changer, mais où les élus et les cadres se seront approprié les options possibles domaine par domaine.

 

Piège n° 10 : oublier la commune nouvelle et les fusions

Naturellement, la mutualisation doit avoir conforté la communauté avant une éventuelle fusion avec des voisines, plutôt que l’inverse… Là aussi c’est un art au cas par cas…

La mutualisation est un outil contractuel, souple et volontaire, réversible. Toute autre est la commune nouvelle, qui est une fusion new-look.

Mais ces deux démarches ont des traits communs : souvent en cas de très grande communauté, les communes tendent à coopérer à une échelle supracommunale mais infracommunautaire. Elles ont alors le choix entre bâtir une mutualisation via la communauté mais avec une échelle géographique limitée (ex : pool technique pour trois communes en service commun…) ou passer du flirt au mariage, pour fonder une commune nouvelle.

C’est toute l’ambiguïté de la mutualisation. Au minimum, c’est du bon sens au concret. Au plus, c’est une étape vers la commune nouvelle, qu’on souhaite ou craint. Du coup, une démarche de bon sens se fait accuser parfois d’instrumentalisation, à la fois à tort et à raison. Paradoxes d’un monde local qui subit un changement accéléré, avec étrange un mélange d’espoir et de résignation…

 

A FAIRE
• Échanger du temps additionnel de travail contre de la spécialisation des agents.
• Passer du flirt au mariage, en fondant une commune nouvelle.

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