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Kit(s) de survie du travailleur

18/03/2015 | par Bruno Cohen-Bacrie | Management

couteausuisse ©Christian Larue - Fotolia

Sophie Rowan vient de publier « Heureux dans son job » (Leduc.s éditions, 2013). De son côté, Martin Wehrle a écrit « Je travaille dans une maison de fous » (Eyrolles, 2012). L'une propose dix étapes pour faire évoluer les choses. L'autre suggère un « kit de survie complet » en entreprise. Décryptages croisés sous deux angles bien distincts.

Vous voulez vous réveiller chaque matin en étant heureux d’aller au travail ? Ne plus ressentir le stress du dimanche soir ? » interroge Sophie Rowan, une psychologue spécialisée.

« Les entreprises ressemblent de plus en plus à des asiles d’aliénés, assure Martin Wehrle : les réunions tournent au pugilat, les procédures enlèvent tout sens au travail, les décisions absurdes sont gravées dans le marbre… » A priori, voilà deux ouvrages autour des thématiques managériales que rien ne semble rapprocher, si ce n’est la quête d’un véritable mieux-être dans le travail quotidien.

 

Bienvenu chez les fous !

 

Le mieux-être au travail, c’est le credo de Sophie Rowan : « je rencontre de nombreuses personnes insatisfaites de leur vie professionnelle. Elles me confient s’être retrouvées un peu par hasard dans une situation qui ne leur convient pas et y rester bloquées depuis des années, incapables de sortir de cette impasse » analyse-t-elle, précisant que « l’un des messages phares [...] est le suivant : sachez que vous pouvez changer des situations inacceptables – ce n’est pas toujours facile, mais c’est toujours possible ».

 

Il n’est pas forcément nécessaire de changer de travail pour trouver ou retrouver le bonheur…

 

Martin Werhle propose, lui, de rentrer par le constat : « Une entreprise est comme un restaurant. Il y a la salle à manger, où l’on reçoit les clients et où le personnel est aimable et aux petits soins. Mais l’essentiel des activités se passe ailleurs, en coulisse ». Ces coulisses, l’auteur les décrit sans ménagement : « Hors des cuisines, personne n’est au courant du nombre d’assiettes qui tombent par terre et personne ne sait si le chef crache dans la soupe. Ce visage – le vrai visage d’une entreprise – ne figure nulle part sur la carte. Seul le personnel le voit ».

 

Des pistes d’action au « kit de survie »

Être heureux dans son job est le souhait de la plupart d’entre nous. Mais il dépend de tant de choses : objectifs, attentes, collègues, environnement… Contrairement à ce que l’on pense, il n’est pas forcément nécessaire de changer de travail pour trouver ou retrouver le bonheur… C’est en tout cas ce que suggère Sophie Rowan. Elle propose un plan en dix étapes : apprenez à vous connaître, choisissez d’être heureux, communiquez efficacement ou encore optimisez votre carrière.

 

50 % de votre relation professionnelle dépend de votre relation avec votre supérieur.

 

Chaque étape est illustrée de nombreux tests et conseils pratiques très concrets. Parmi les suggestions proposées, celle d’établir une relation positive avec « votre » manager. Et pour cause : 50 % de votre relation professionnelle dépend de votre relation avec votre supérieur. Elle suggère d’abord de « réfléchir à toutes les casquettes que votre manager doit porter : décideur, médiateur, conseiller, confident, leader, diplomate, coach, expert en relations publiques, booster, innovateur, gendarme, commandant… et puis à son propre boulot quotidien ! ». Conclusion sans appel : « Rien d’étonnant donc à ce qu’il ne soit pas toujours réceptif à ce que vous jugez important ».

Mais l’auteure n’en reste pas à ce constat un tantinet « défaitiste » : elle propose quelques techniques pour améliorer sa relation au chef. Ce peut être de « demander un feed-back » : ce qui a plus ou moins bien marché, comment améliorer ses « performances » ; que pourrait-on faire différemment une prochaine fois ? L’auteure estime, en effet, qu’une des erreurs les plus fréquemment commises par les managers est d’omettre de donner un feed-back aux membres de l’équipe sur leurs résultats. « Travailler dur sans reconnaissance ni remerciements en retour porte un coup sévère au moral des troupes ! » regrette l’auteur, qui propose de prendre l’initiative de ce feed-back. Parmi les autres conseils que prodigue Sophie Rowan, ceux d’arriver avec des solutions, pas avec des problèmes, ne pas faire de promesses qu’on ne saurait tenir, apprendre à connaître son manager en se demandant ce qui motive le « boss ».

Un chapitre est même joliment intitulé : « Détoxifiez votre vie professionnelle », proposant de réduire le stress, de relativiser et même de se protéger des collègues toxiques, ceux qui disent toujours non notamment (lire en encadré).

 

Lire aussi notre article : Gérons nos collègues toxiques

 

Se protéger des influences toxiques
Ce « tableau » est un résumé de quelques conseils proposés par Sophie Rowan, qui souligne toutefois que le filtre des influences toxiques ne doit être utilisé qu’en dernier ressort.
- Restez toujours professionnel, poli et respectueux
- Limitez au maximum vos contacts (mission, projet commun) avec ces « éléments toxiques »
- Gardez un profil bas, ne répondez pas aux messages négatifs
- N’encouragez pas la camaraderie avec des collègues toxiques
- Ne gaspillez pas votre énergie à essayer de les convaincre de vos nouvelles idées
- Adoptez une communication assertive et efficace dans vos rapports professionnels
- Anticipez les réserves et les objections de votre interlocuteur pour avoir une réponse sous la main.

 

Antidotes anti-camisole

 

Soigneusement cachée derrière les beaux discours managériaux, l’hystérie quotidienne s’épanouirait sous les néons des bureaux. Question « toxicité », Martin Wehrle se pose là… De la petite manie à la catastrophe sanitaire, il propose un panorama décapant du quotidien au bureau – et fournit les antidotes pour éviter de finir en camisole.

L’hystérie quotidienne s’épanouirait sous les néons des bureaux.

 

Le réquisitoire est sans pitié : il passe en revue « la mascarade de l’objectivité », « le grand numéro de l’entretien d’embauche », la réunionite et ses ravages, la vision d’avenir ou l’art de combler le vide ou encore « le mensonge de la formation continue ». Fermez le ban… Au rang des constats, on découvre que « les voies décisionnelles sont au sein de certaines entreprises tellement tortueuses qu’en comparaison la forêt vierge amazonienne est aussi transparente qu’un joli jardin public bien peigné » avec une voie hiérarchique réduite à sa plus simple expression, un organigramme qui fait « miroiter un ordre qui n’existe pas ». Certes, le monde décrit est bien celui des entreprises mais, c’est bien connu, toute ressemblance…

L’auteur, loin de s’en tenir aux constats, suggère des pistes de réflexion : un test de « dépistage de la folie » permet de mesurer la gravité de la situation propre à son employeur, avec des commentaires chiffrés qui valent le détour. « À l’heure de la société du savoir, la partie la plus importante d’un travail se fait dans un lieu auquel les patrons n’ont pas accès : dans votre tête », analyse l’auteur, qui pense que seul le collaborateur ayant pris conscience de son pouvoir – l’entreprise est dépendante d’eux, il ou elle est détenteur d’un savoir précieux – qui ne se soumet pas aveuglément aux exigences de l’entreprise, mais formule lui-même des exigences et s’y conforme lorsqu’il choisit une entreprise, peut échapper à la folie.

C’est sans aucun doute, écrit différemment, un des constats communs de ces deux ouvrages.

 

 

LES AUTEURS
Martin Wehrle
Coach en carrière, il accompagne des personnes en reconversion professionnelle. Les nombreux témoignages qu’il a reçus lui ont donné l’envie d’écrire ce livre, avec un but : aider les salariés à comprendre ce qui se passe dans leur entreprise-maison de fous.
Sophie Rowan
Psychologue depuis une quinzaine d’années, elle est spécialisée dans le coaching et le développement de carrière. En tant que consultante auprès d’entreprises, elle aide les cadres à développer leur potentiel.

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