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MI-GIGALE, MI-FOURMI

 

Chacun est acteur de son bonheur au travail

13/05/2015 | par Bruno Cohen-Bacrie | Management

cigale_fourmi © volkanakmese

Dans "Le bonheur au travail, partition pour une fourmi", Philippe Laurent, philosophe de formation et coach individuel en entreprise, s'adresse à tous ceux et celles qui, managers ou salariés, cherchent des repères pour réussir, à leur rythme, à s'épanouir davantage dans leur vie professionnelle et à en faire profiter leurs collaborateurs. Nous avons voulu en savoir plus.

Philippe Laurent
Philosophe de formation, Philippe Laurent publie Le bonheur au travail, partition pour une fourmi. Après une expérience de quinze ans dans l’industrie ferroviaire, dont cinq en Chine, il crée en 2008 le cabinet Project Coaching Associés autour de la thématique du bonheur au travail. Philippe Laurent intervient aujourd’hui comme coach individuel en entreprise, anime des séminaires internationaux pour les universités et les entreprises.
www.pcacoach.fr

 

Bonheur et travail : votre titre ressemble à une injonction paradoxale…

En rapprochant ces deux mots, je veux signifier le défi de réconcilier la personne avec l’entreprise. J’aurais pu choisir un titre comme l’épanouissement, la satisfaction ou le bien-être au travail… thèmes plus couramment utilisés. J’ai volontairement maintenu le bonheur au travail, car dans le travail, c’est le bonheur de la personne qui est en jeu. Un travail qui satisfait est celui qui nous procure ce que nous en attendons.

Réconcilier le bonheur et le travail revient donc aussi à réconcilier la cigale et la fourmi, en permettant à la personne de concilier l’impératif de l’efficacité avec celui du plaisir.

Le sous-titre « Partition pour une fourmi » a une signification symbolique. La personne qui travaille efficacement, avec sérieux ou avec peine, se reconnaît facilement dans la fourmi. Je souhaite avoir écrit une partition qui permette à toutes ces fourmis de chanter, de sortir d’un rôle exclusivement tourné vers l’efficacité pour goûter le plaisir du chant. Chanter est le propre de la cigale. Dans l’inconscient français, la fourmi travaille sans cesse, amasse sans se poser de question. La cigale, elle, chante, sans se soucier du lendemain, sans se donner la peine du labeur. Elle profite de la vie de manière égoïste et instantanée. Réconcilier le bonheur et le travail revient donc aussi à réconcilier la cigale et la fourmi, en permettant à la personne de concilier l’impératif de l’efficacité avec celui du plaisir.

Mais cette partition n’est pas écrite. Il appartient au lecteur de l’écrire et d’interpréter lui-même ce qu’il a composé. Il va avancer sur ce chemin du bonheur au travail à son propre rythme et d’une manière qui lui est personnelle.

Pour être plus heureux au travail, il est important et nécessaire que chacun prenne le temps de penser à soi et à ne pas subir son activité professionnelle de manière fataliste.

 

Qu’avez-vous souhaité apporter avec cette contribution ?

Mon livre vise avant tout à interpeller le lecteur, qu’il soit manager ou pas. Améliorer le sort de ceux qui souffrent au travail ne peut se faire que par une prise de conscience individuelle qui aboutit à un véritable changement d’attitude et de comportement. La crise dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui est au niveau de notre manière de travailler ensemble.

Une organisation qui a pour objectif premier d’optimiser la performance est vouée à l’échec si elle oublie que la personne est la valeur la plus précieuse de l’entreprise. À l’inverse, valoriser la personne qui travaille est le moyen le plus sûr de considérer son travail. Vouloir exploiter la personne comme une ressource sans la respecter dans son aspiration naturelle au bonheur, c’est l’épuiser et l’anéantir. Je n’ai pas de recette toute faite à proposer au lecteur. Je l’accompagne en douceur, pas à pas, en l’invitant à s’interroger lui-même sur ce qu’il peut faire pour travailler avec plus de bonheur et pour favoriser le bonheur au travail des autres.

 

Pouvez-vous nous détailler les grandes lignes de la « démarche » que vous préconisez ?

Je propose, avant tout et en priorité, d’aborder et d’entreprendre une démarche personnelle et individuelle, en rupture avec une méthode impersonnelle et universelle. Le but de mon livre est double : démontrer et faire réaliser au lecteur que chacun est acteur de son propre bonheur au travail ; mettre en évidence le rôle majeur et moteur du manager comme facilitateur du bonheur au travail. Pour ce faire, deux prérequis : créer une dynamique de projet, y faire entrer et adhérer son équipe ; veiller et contribuer à assurer la qualité humaine des interactions entre personnes. Mais le bon manager n’est pas un manager parfait. C’est une personne qui a conscience de ses propres travers, qui accepte l’échec pour lui et pour les autres, qui a conscience de la pression sur lui et sur les autres, et qui sait appréhender les conflits.

 

Comment jugez-vous le management des organisations aujourd’hui ?

Je ne pense pas que la souffrance au travail provienne du management des organisations. Une personne ne peut souffrir dans son travail que par le fait d’une autre personne ou à cause de l’absence d’une personne.

La première raison de la souffrance au travail est l’absence de respect pour la personne. Le respect est le minimum vital de la personne comme travailleur. Ce qui génère la souffrance c’est le décalage entre ce que la personne a envie de vivre et ce qu’elle vit en réalité.

La première chose à faire pour moins souffrir est donc de savoir ce que l’on a envie de vivre et jusqu’où on est prêt à aller.

Or, la personne a besoin en premier lieu de respect, mais aussi de reconnaissance, de se sentir utile, de trouver de l’intérêt à ce qu’elle fait, de comprendre le sens de son travail, de trouver un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, etc… La première chose à faire pour moins souffrir est donc de savoir ce que l’on a envie de vivre et jusqu’où on est prêt à aller. C’est là que la personne est actrice. L’autre paramètre appartient au bon manager qui se donne comme mission de reconnaître, de motiver, d’expliquer, d’écouter.

 

Comment définiriez-vous aujourd’hui un management efficace, pour le salarié comme le manager ? Sommes-nous sur la bonne voie ?

Mon sentiment est que l’efficacité ne qualifie pas le management mais le travail lui-même. Un travail s’avère efficace s’il permet de conjuguer trois facteurs : le coût, le temps et la qualité. L’enjeu du travail va ainsi au-delà de l’aspect quantitatif et de l’aspect qualitatif du « produit » (qu’il soit un bien ou un service). L’enjeu est personnel. Qu’est-ce que la personne en a retiré pour elle-même ? Si elle n’en retire que de l’argent, on est au plus bas niveau du management. Si elle fait l’expérience quasi magique de la coopération, on peut estimer que l’on est dans un contexte positif de management de qualité.

Une personne bien managée est celle qui découvre et exploite de nouveaux talents, peut laisser émerger sa créativité, peut prendre du plaisir avec les autres.

Dans le domaine du bonheur au travail, chacun a sa voie. Il existe autant de manières d’être heureux dans son travail que d’empreintes digitales… Chacun doit trouver sa voie, tout en gardant à l’esprit que les aspirations personnelles changent au fil des ans. Celui qui est sur la bonne voie est celui qui cherche à répondre à ses propres aspirations en écoutant et respectant celles des autres. Le bonheur au travail n’est pas au bout du chemin : il est là si je le veux vraiment et agis en conséquence. Aussi, pour résumer les effets attendus de mon livre, je dirais : prendre conscience, décider et finalement agir, ici et maintenant

Références

Le bonheur au travail, partition pour une fourmi, Les éditions du siècle

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