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PRÉ CARRÉ

 

Nouveaux rythmes scolaires : pourquoi ça coince avec les enseignants sur les projets éducatifs

01/07/2015 | par Laure Martin | Toute l'actualité

Pour nombre d'enseignants, les activités périscolaires ne sont pas de leur compétence.

Pour nombre d'enseignants, les activités périscolaires ne sont pas de leur compétence.

Pour mener à bien des projets éducatifs dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, les collectivités espèrent une plus grande collaboration du corps enseignant. Et pourtant, ce dernier ne semble pas être dans la même logique.

Pour mettre en place la réforme des rythmes scolaires « le gouvernement ne s’est pas donné les moyens de ses ambitions et n’a pas mobilisé les enseignants », regrette Emmanuel Cattiau, directeur général des services de Magny-les-Hameaux (Yvelines).
Et d’ajouter : « La plupart des enseignants sont contents de terminer leur journée à 16 h 30. Et quand deux fois par semaine, en raison de la mise en place des temps d’activité périscolaires, ils peuvent terminer à 15 h, ils n’ont pas nécessairement envie de s’y investir. Ou alors, ils positionnent les activités pédagogiques complémentaires (APC) sur les mêmes créneaux horaires, ce qui pose un problème de locaux ! »

« La plupart des enseignants sont contents de terminer à 16 h 30. Quand avec mes rythmes scolaires, ils peuvent finir à 15 heures, ils n’ont pas nécessairement envie de s’y investir ».

 

Plus généralement, « les collectivités sont dans une idée de complémentarité avec les enseignants, souligne Anne-Sophie Benoît, présidente de l’Andev et directrice de l’enfance et de la jeunesse à la ville de Dunkerque. Mais cette idée de complémentarité et de continuité est très complexe car, selon les écoles et les collectivités, ce lien se fait difficilement ».
Il arrive que des projets communs soient montés entre l’équipe enseignante et les professionnels des collectivités. « Mais dans d’autres cas, cela ne fonctionne pas car le travail d’équipe au sein même de l’Éducation nationale n’est pas la règle de base, soutient Alain Thirel-Dailly, ancien directeur du Projet éducatif global à la mairie de Lille. C’est d’abord un métier individuel où chacun est renfermé sur soi. » Pour l’anecdote, certains enseignants refusent même que les livres d’école soient utilisés pendant les temps périscolaires.

 

Partage de projets

Il est complexe pour les collectivités d’en vouloir plus car « les enseignants, du primaire notamment, craignent de se faire absorber par les collectivités et considèrent pour certains que nous faisons de la garderie et rarement de la pédagogie », poursuit Emmanuel Cattiau.

« Le travail d’équipe au sein même de l’Éducation nationale n’est pas la règle de base. »

 

La solution a donc été de chercher d’autres partenaires « car, pour le moment, dans notre collectivité, sur 50 enseignants, seuls 3 se sont impliqués dans les 156 ateliers d’activités périscolaires organisés dans le cadre des Nouvelles activités périscolaires (NAP), rapporte Armelle Billaudelle, directrice générale adjointe des services à Magny-les-Hameaux. Les autres considèrent que ce n’est pas de leur compétence et nous ne pouvons pas leur en vouloir car nous sommes sur des temps de loisirs et non d’enseignement. »
Et d’ajouter : « Nous sommes dans une question de logique de métier. Les enseignants eux-mêmes ne sont pas au clair avec ce qui se passe et sont vigilants à ce qu’on ne se substitue pas à eux. » Les collectivités au sein desquelles la collaboration avec les enseignants a bien fonctionné sont celles où les deux acteurs sont parvenus à dégager du temps partagé.

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