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INFOGRAPHIE

 

Nouveaux présidents de région : ceux qui cumulent les mandats

02/02/2016 | par Nicolas Braemer | Toute l'actualité

Cumul une © DR

Normalement, la fin du cumul des mandats est pour dans un an. Mais plus de la moitié des nouveaux présidents de région continuent à cumuler deux mandats. Deux mandats ou plus d'ailleurs, car certains en ont profité pour devenir de super-cumulards... On vous a fait une belle infographie pour vous montrer ça.

Article publié le 02/02/2016- mis à jour le 31/03/2016

Depuis la création de cette infographie, Laurent Wauquiez n’est plus maire du Puy-en-Velay et a démissionné de la première vice-présidence de la communauté d’agglomération. Christian Estrosi a démissionné de son mandat de député.

Xavier Bertrand, Jean-Yves Le Drian, Hervé Morin, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Carole Delga, Christian Estrosi… qu’ont en commun ces présidents de région ? Pas l’étiquette politique : ils sont de droite et de gauche. Pas le fait que ce soit majoritairement des hommes (quoi que, ça doit compter…). Pas la date de naissance : certains sont jeunes, d’autres ont plus qu’atteint l’âge de la retraite. Non, vous avez trouvé ce qu’ils sont en commun : c’est que ce sont des super-cumulards. Mais ils ne sont pas les seuls à pratiquer l’antique tradition du cumul des mandats.

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Le choix du cumul

Ils ont été 17, élus récemment présidents des 12 régions métropolitaines, de la collectivité de Corse et des 4 collectivités uniques et régions d’outre-mer (hors Mayotte), mais parmi eux, on n’en trouve que 5 qui ont décidé de ne pas pratiquer le cumul des mandats. Alors que la loi a imposé pour 2017 (c’est demain) une stricte limitation du cumul en instaurant pratiquement le mandat unique, ils sont donc 13 à avoir fait le choix (car c’est un choix politique personnel, en aucun cas une situation fortuite) de continuer à cumuler les mandats, du moins autant que ce sera possible.

 

Sur  17 présidents de région, on n’en trouve que 5 qui ont décidé de ne pas  pratiquer le cumul des mandat.

 

La quasi-totalité de ces cumulards détenaient un mandat parlementaire, qu’ils ont choisi de garder. Ils maintiennent donc ferme la barre de la tradition, qui veut qu’on n’est pas vraiment un élu local puissant si on n’est pas parlementaire, et pas vraiment un parlementaire non plus si on ne dirige pas un exécutif local. Alain Rousset (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente), Ary Chalus (Guadeloupe), Alfred Marie-Jeanne (Martinique), Didier Robert (Réunion) pratiquent donc un « cumul simple » qui passe malheureusement presque pour une norme, à quelques mois seulement pourtant de l’entrée en vigueur du mandat unique.

 

Les « super-cumulards »

Mais ces cumulards classiques font presque effet de petits joueurs face aux « super-cumulards » issus des régionales. Ils sont en effet six à pratiquer un cumul des mandats avec une intensité qui n’a plus  guère cours de nos jours. Pour certains, qui détiennent à l’heure actuelle jusqu’à 4 mandats, le bonheur cumulard aura une fin : ils profitent en effet du recours déposé contre leur élection, qui suspend l’application de la loi en attendant que le Conseil d’État juge sur le fond. C’est le cas de Laurent Wauquiez, président de la région Rhône-Alpes, député de Haute-Loire (mandat qu’il n’entend pas lâcher, revendiquant un sacro-saint et fallacieux enracinement local), maire et président de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay. Ouf…

 

La quasi-totalité de ces cumulards détenaient un mandat parlementaire, qu’ils ont choisi de garder.

 

C’est le cas aussi de Christian Estrosi, qui continue d’être président de région, député, maire de Nice et président de la métropole Nice – Côte d’Azur. Voilà un exemple emblématique : au lendemain de son élection à la présidence de la région PACA, il avait juré qu’il avait changé, qu’il fallait rénover la politique et qu’il ne cumulerait plus. Quelques jours après, on comprenait quand même qu’il n’envisageait de renoncer qu’aux mandats de député et de maire (ce que la loi l’obligeait à faire), mais qu’il resterait conseiller municipal et surtout président de la nouvelle métropole. Et puis, comme un recours avait été déposé, il a décidé de remettre à plus tard la décision : pourquoi démissionner tant qu’on n’y est pas obligé ?

C’est encore le cas d’Hervé Morin, qui cumule aussi les mandats de maire, président d’EPCI, député et président de région. À noter, en ce qui le concerne, qu’une polémique locale a commencé, les journalistes locaux ayant retrouvé des liens entre l’auteur d’un des deux recours contre son élection et des proches politiques du nouveau président de région.

C’est enfin le cas de Carole Delga qui, en attendant l’extinction des recours, reste première adjointe de sa commune de Martres-Tolosane, mais qui a annoncé qu’elle cumulerait de toutes façons jusqu’en 2017 la présidence de la région et son mandat parlementaire.

 

Les « super-cumulards » sont six à pratiquer un cumul des mandats avec une intensité qui n’a plus guère cours de nos jours.

 

Reste donc le cas un peu spéciaux des gens de l’ouest. Jean-Yves Le Drian est un original. Au nom de la lutte contre le terrorisme, dont on dit qu’il est un des piliers en tant que ministre de la Défense, et du réalisme électoral, il était réputé être le seul à avoir pu garder la région à gauche. « On » a accepté qu’il fasse ce qu’aucun ministre n’a plus fait depuis longtemps : le cumul président de région – ministre. Bruno Retailleau aura, lui aussi, des semaines bien remplies puisque le mandat parlementaire qu’il cumule avec la présidence de région lui permet aussi d’être président du groupe Les Républicains au Sénat. Une activité dont tout le monde sait qu’elle prend très peu de temps et laisse largement l’occasion de se consacrer à la présidence d’un exécutif local comme celui d’une toute petite région, les Pays de la Loire. Sans parler de l’activité parlementaire « classique »…

 

Des parlementaires en sommeil

Car tous ces braves gens sont des enragés du Parlement. C’est simple, si on ne les arrêtait pas, ils passeraient leurs vacances à légiférer. Mais non, on blague ! Un petit regard sur les statistiques de présences recensées par nosdéputés.fr et nossénateurs.fr donne une idée de la puissante corrélation qui lie l’absentéisme parlementaire et le cumul des mandats.  

Avant même d’avoir été élu président de région, l’activité parlementaire de Laurent Wauquiez au cours des 12 derniers mois se réduisait à presque rien : 19 semaines d’activité (c’est-à-dire le nombre de semaines où le député a été présent au moins une fois en commission ou a pris la parole dans l’hémicycle) – il fait partie des 90 derniers – et 15 présences en commissions (dans les 43 derniers). Pour Bruno Retailleau : 32 semaines d’activité, 44 présences en commission (71 derniers). Et pour Hervé Morin ? 11 semaines d’activité (23 derniers !), 13 présences en commission (33 derniers). Christian Estrosi  ? 11 semaines d’activité (27 derniers), 8 présences en commission (19 derniers). Alain Rousset ne vaut pas mieux : 14 semaines d’activité (41 derniers), 15 présences en commission (44 derniers). 

 

Finissons quand même cet article en rendant hommage à ceux qui ont fait le choix de ne pas cumuler. Marie-Guite Dufay (Bourgogne Franche-Comté), François Bonneau (Centre Val de Loire), Rodolphe Alexandre (Guyane) et Philippe Richert (Alsace-Lorraine – Champagne-Ardenne) étaient uniquement présidents de région, ils restent uniquement présidents de région. C’est un peu triste quand même, de voir comme une exception ce qui devrait être la norme, et qui l’est dans de nombreux pays !

Un petit mot sur Valérie Pécresse pour finir, laquelle, après une brève hésitation, a décidé de ne pas attendre l’extinction des recours pour abandonner son mandat de députée et se consacrer uniquement à la région. La encore, une exception qui devrait être la règle.

 

 

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