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Dans le management, il faut savoir s’appuyer sur les atouts de la génération Y

19/02/2016 | par Julie Krassovsky | Management

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Qu’elle soit managée ou qu’elle manage, la génération Y a deux atouts : la maîtrise de l’incertitude et celle des outils numériques. Alors, autant s’appuyer sur elle pour faire passer de nouvelles pratiques pas toujours faciles à accepter pour le plus grand nombre.

Dans les services qu’elle dirige à la ville d’Antibes, Laurence Malherbe a progressivement imposé une nouvelle manière de manager basée sur la confiance, l’équité et l’éthique. Sa légitimité ne s’appuie pas seulement sur son grade et sa fonction mais davantage sur sa posture. « J’essaie d’être la plus transparente possible dans ma manière d’agir au quotidien. Je partage avec mes collaborateurs ma façon de faire, ce que j’attends, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. »

Les nouvelles générations habituées aux relations plus horizontales et à la transparence des réseaux sociaux sont forcément plus réceptives à cette attitude. « La génération Y est davantage dans la confiance a priori, elle affiche une posture de départ bienveillante. Ce qui rend ce mode de management plus facile à exercer auprès d’elle » explique Laurence Malherbe.

 

Une réalité économique intégrée

La maîtrise du travail en mode projet, une autre vision de la motivation et de l’implication, un management empathique et basé sur le dialogue, un rapport au temps différent…, tels sont les atouts de la génération Y parfois plus facile à manager que la génération précédente, comme l’avoue le directeur général des services de la ville de Moissy-Cramayel, Emmanuel Cattiau.

 

Emmanuel Cattiau, directeur général des services de la ville de Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne) : « La non-maîtrise des outils cause de vraies disparités »
« J’ai commencé ma carrière dans les années quatre-vingt en pleine période de décentralisation. Et aujourd’hui, je dois dire que j’ai parfois plus de difficulté à manager des agents de ma génération que de celle qui arrive. La plupart des cadres ou des agents, à dix ans de la retraite, n’ont souvent pas fait ce virage informatique. Ils s’appuient encore sur un ancien mode d’organisation qui faisait reposer la gestion du système numérique entièrement sur une assistante. Cela crée désormais un décalage de plus en plus grand avec la génération Y. Aujourd’hui, un souci de réseau, de maîtrise de logiciel ne dépend pas du service informatique, il doit pouvoir être géré en direct par les cadres et les directeurs de service. À partir du moment où vous ne maîtrisez pas cet écosystème numérique, vous perdez de l’information. Une messagerie non visitée fera que vous n’êtes pas au courant alors que tout le monde l’est. Si, en tant que cadre, vous n’avez pas l’œil sur les réseaux sociaux de la commune (Facebook, informations de l’intranet), si vous attendez encore la copie d’un document alors qu’il est déjà en ligne sur la base numérique de l’institution, vous prenez le risque de rester à la marge des actualités et des procédures internes de la collectivité. »

 

Plus adaptables, les jeunes cadres sont habitués à une réalité économique contrainte déjà dans leur vie quotidienne. Pour eux, un manager est bon lorsqu’il dispose de l’information, quand il est réactif. « Les cadres d’aujourd’hui ont également un autre rapport à leur métier. Ils sont plus attachés à leur mission, au sens de celle-ci, qu’à leur collectivité ou à leur élu. Nous ne sommes pas face à une génération très politisée » précise Emmanuel Cattiau.

 

Les générations Y et Z s’accordent en effet parfaitement avec ce qui est l’essence même des métiers de la fonction publique : la contribution au développement de l’intérêt général.

 

Cette fameuse quête de sens qui caractérise si fortement les générations Y et Z s’accorde en effet parfaitement avec ce qui est l’essence même des métiers de la fonction publique : la contribution au développement de l’intérêt général. Leur capacité à participer à des dynamiques de transformation, leurs pratiques et leurs attentes contraignent les managers de la Territoriale à développer de nouvelles formes de réponses.

 

Thomas Eisinger, directeur adjoint des finances et du contrôle de gestion, conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur : « La génération Y, c’est l’investissement et le détachement »
« C’est certainement la première cause de malentendu entre cette génération et celles qui la précèdent. Confrontée à l’incertitude croissante de l’environnement et des conditions de travail, la génération Y a intégré toute la fragilité des situations individuelles et des parcours. En conséquence, et cela peut sembler difficilement conciliable pour certains, elle présente un fort investissement professionnel doublé d’une réelle curiosité tout en prenant de la distance par rapport à l’organisation et la structure dans lesquelles elle s’insère. Ce n’est pas une génération plus adaptable, c’est une génération qui a appris à s’adapter, et c’est ce qui peut parfois être irritant : les contraintes sont bien intégrées, mais elles sont du coup partagées et ne peuvent plus être ignorées par la hiérarchie… On peut choisir de n’y voir qu’une logique mercenariale et un engagement moindre pour le service public. Mais, sans entrer dans le clash des générations, peut-on sérieusement reprocher à une cohorte à qui l’on inflige et ne promet que la précarité de montrer un peu plus d’appétence que ses prédécesseurs pour une logique libérale de travail ? »

 

La maîtrise des réseaux et des outils informatiques

Enfin, l‘usage des outils Word et Excel et de différents logiciels de gestion fait avancer les collectivités dans leur efficacité interne. Or, cette génération est au point sur ces outils. Son secret ? Gagner du temps grâce au numérique et à sa maîtrise des procédures purement informatiques, pour être plus efficiente et productive. Ainsi les jeunes chefs de service ont davantage de facilité à comprendre ce que font leurs agents, les outils avec lesquels ils travaillent pour une bonne partie de leur tâche.

 

 

CE QU’IL FAUT ÉVITER
Revue de détails des usages quotidiens qui creusent le fossé entre deux générations :
• Penser que l’implantation d’un nouveau progiciel métier est de la seule responsabilité du service informatique
• Utiliser une version papier d’un document qui est une version obsolète alors que la dernière version est disponible en version numérique
• Ne pas être capable de modifier un PowerPoint avant une réunion
• Ne pas comprendre que l’on peut paramétrer sa messagerie sur un smart-phone
• Attendre la revue de presse pour découvrir les infos alors qu’une simple alerte Google permet d’être prévenu
• Ne pas avoir expérimenté Facebook ou Twitter
• Faire imprimer ses mails par son assistante
• Téléphoner pour organiser un rendez-vous à plusieurs alors que Doodle existe…

 

 Pour aller plus loin : 

 

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