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DÉFIANCE

 

Transition énergétique : une loi votée, mais chahutée

12/04/2016 | par Stéphane Menu | Toute l'actualité

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Les sceptiques n’ont pas dit leurs derniers mots. Et font assaut de petites manœuvres pour réduire la portée de la loi sur la transition énergétique. Régulièrement, les associations veillent à la ramener dans le bon sillon de la durabilité. Car la moindre sortie de route législative peut lui être fatale.

Ils sont en permanence sur leurs gardes. La loi sur la transition énergétique est posée sur de bons rails, même si le débat sur son financement reste récurrent ; ils apprécient la détermination communicative de Ségolène Royal, leur ministre. Mais il arrive parfois, entre chien et loup d’une commission parlementaire, qu’un amendement rudoie les coronaires des veilleurs associatifs. Sans céder à la paranoïa, ces derniers savent que les attaques peuvent venir de n’importe où, même de l’angle mort d’un débat sur le projet de loi « Liberté de création, architecture et patrimoine » !

 

Les réseaux associatifs sont obsédés par la continuité du processus, même s’il reste lent.

 

À cette occasion, un amendement a été adopté au Sénat prévoyant un droit de veto des Architectes des bâtiments de France sur tout projet éolien, « mesure qui aurait sonné le glas du développement éolien en France », assure le réseau France énergie éolienne. Quand on connaît en effet l’extraordinaire largesse d’esprit desdits architectes, il y aurait eu, si l’amendement avait été maintenu, de quoi en effet entamer la rédaction de son oraison funèbre. Finalement, sur initiative du gouvernement et de députés PS, Verts et UDI, la petite éraflure a rapidement cicatrisé. En attendant la prochaine ?

 

Lire aussi sur ce sujet notre interview de Bruno Rebelle : « La France doit radicalement changer de modèle énergétique »

 

Antoine Chorro, directeur des Portes du Tarn : « Maximiser l’économie circulaire »
Il s’agit d’une première française. La SPLA 81 Les Portes du Tarn, concessionnaire d’une ZAC pour le compte du syndicat mixte des Portes du Tarn dans le cadre du futur parc d’activités à vocation régionale, entend révolutionner l’approche de l’écologie industrielle : les aménagements seront réalisés en amont de l’ouverture du parc. « Notre objectif est de créer des synergies entre les futurs acteurs, à travers une gestion intégrée de l’environnement. La volonté est de maximiser l’économie circulaire. Tout est analysé à travers le prisme de la durabilité, notamment concernant la gestion des déchets, de l’eau, de l’énergie, à travers des dessertes intelligentes en transports en commun, en matière de déplacements doux, pour favoriser la marche, le vélo, etc. On s’exonère des contraintes physiques liées à l’existant », explique Antoine Chorro.

 

TEPCV, hommage indirect à l’école des fans

La loi sur la transition énergétique est un immense paquebot dont la navigation ne supporte pas la moindre embardée. L’objectif sociétal est himalayen : changer nos comportements ! Les réseaux associatifs, à la proue desquels on trouve Amorce ou encore le Cler (réseau pour la transition énergétique) et le Syndicat des énergies renouvelables, sont obsédés par la continuité du processus, même s’il reste lent, et alertent sur le moindre risque de reculade.

Ainsi, le Cler a été sollicité par ses membres pour étalonner la pertinence des 200 projets de « territoires à énergie positive pour la croissance verte », les fameux TEPCV, lancés par Ségolène Royal. À la clé, de 500 000 euros à 2 millions d’euros par territoire lauréat pour financer rapidement des projets contribuant efficacement à la baisse de la consommation d’énergie sur le territoire, à la production d’énergie renouvelable ainsi qu’à la mobilisation citoyenne.

 

200 projets de « territoires à énergie positive pour la croissance verte » ce sont 500 000 euros à 2 millions d’euros par territoire lauréat.

 

Un joli cadeau qui suscite cependant les doutes du Syndicat des énergies renouvelables : « Le risque était grand que les TEPCV ne soient qu’une oasis financière dans le grand désert de la rigueur budgétaire, voire qu’ils ne soient bientôt plus qu’un lointain mirage », écrivait le syndicat dans une tribune publiée par Le Monde. Et d’ajouter : « Ce dont les territoires ont besoin, c’est plutôt d’une irrigation au goutte-à-goutte, mieux maîtrisée et surtout pérennisée ». De son côté, Cler s’étonne que la quasi-totalité des candidats aux TEPCV aient gagné, comme à l’école des fans de Jacques Martin. Un côté « fourre-tout » cachant mal une « volonté de faire du chiffre ».

 

« Intelligence territoriale »

Autre inquiétude : la possibilité pour les grands groupes de se frayer un chemin dans les territoires du fait de cette aubaine financière. Il ne s’agit pas d’une phobie anti-groupe industriel de la part des maires mais de l’identification d’une antinomie : le Syndicat des énergies renouvelables redoute ainsi que lesdits industriels « n’imposent leurs solutions » à des territoires dont les plus avancés n’ont pas eu à attendre leurs lumières pour agir. Le syndicat réclame une approche inversée : partir d’une « intelligence territoriale » affirmée pour modéliser les processus industriels de la transition énergétique.

 

Charles Lhermitte, directeur régional de Quadran (Châlons-en-Champagne) : « La voie du financement participatif »
« Le parc éolien de Champigneul-Pocancy (Champagne-Ardenne) va voir le jour grâce à la détermination des élus. Le commissaire enquêteur vient de rendre un avis favorable sur ce projet initié… il y a dix ans. Les 13 éoliennes d’une puissance unitaire de 3,3 MW totaliseront 42,9 MW de puissance et produiront 100 000 MWh, soit la consommation (hors chauffage) de plus de 53 825 personnes ! La singularité du projet s’incarne dans son mode de financement participatif mené en partenariat avec la société Lumo, spécialisée en épargne participative. Cette dernière permettra, après mise en service des éoliennes, aux habitants de Champigneul, de Pocancy et des Istres-et-Bury, de souscrire des obligations simples à taux fixe pour un montant d’environ 130 000 euros. Les habitants pourront bénéficier ainsi de la vente de l’électricité renouvelable provenant de leur territoire ».
La société Quadran a été mandatée par la Sem Champenoise Énergie pour mener à bien ce projet.

 

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