PÉRIL EN LA DEMEURE

 

Cumul un jour, cumul toujours

27/04/2016 | par Nicolas Braemer | Actualités

cumul_unjour_toujours ©JNT Visual - fotolia

La dernière "affaire Bertrand" a prouvé qu'en matière de cumul, le pire était toujours certain si l'on s'en remet aux politiques pour se gendarmer eux-mêmes. Plus que jamais, il faudra légiférer pour les contraindre à partager le pouvoir.

Tout ça pour ça… Après avoir clamé urbi et orbi que le cumul des mandats était une abomination (même s’il sortait de quelques années de pratique « député-maire »), Xavier Bertrand avait juré que ce n’était plus pour lui.

 

Accrochés à leurs avantages

La présidence de la région donc, et rien qu’elle. Déjà, quelques jours après ces belles promesses, on apprenait que finalement, il resterait conseiller municipal de Saint-Quentin et surtout président de la communauté d’agglomération. Exit donc les belles promesses : en définitive, Xavier Bertrand se contentera du minimum syndical en matière de non-cumul en lâchant son mandat de député.

 

Le bilan de ces régionales en matière de cumul aura été bien décevant.

 

Il en a récemment remis une couche dans la déception en s’octroyant, il y a quelque temps, un salaire brut de 4 000 euros au seul titre de la présidence de la CA. Abandonner son mandat de député soit, mais abandonner les avantages qui vont avec, pas question !

Au final, le bilan de ces régionales en matière de cumul aura été bien décevant : pour une Valérie Pécresse, qui n’est donc « que » présidente de région, combien de Wauquiez, Retailleau, Estrosi, Delga qui, soit ont fait semblant d’arrêter de cumuler, soit n’ont même pas fait semblant ?

 

Voir à ce sujet, notre infographie : Nouveaux présidents de région : ceux qui cumulent les mandats

 

La politique française a besoin de pratiques nouvelles

Décidément, la politique française a besoin de pratiques nouvelles. Le pire dans cette affaire est que ceux-là même qui, appartenant à des générations plus nouvelles (Laurent Wauquiez a 41 ans, Carole Delga, 44…), pourraient porter des manières de faire de la politique plus conformes à l’aspiration actuelle de nombreux citoyens, ceux-là même donc, assument les pratiques les plus rétrogrades. On voit donc bien que le renouvellement générationnel ne règle aucun problème. Sans doute parce que, les élites étant toutes faites du même moule (grand lycée, grande école, ENA, cabinet ministériel, circonscription…), elles reproduisent mécaniquement les mêmes errances et les mêmes erreurs.

 

Le renouvellement générationnel ne règle aucun problème. Sans doute parce que les élites sont toutes faites du même moule…

 

Il est donc plus que jamais nécessaire de donner un coup de pied dans la fourmilière. De ceux qui rebattent les cartes. De ceux qui font entrer dans la partie des joueurs qui en sont systématiquement exclus depuis des décennies.

Peut-être la solution est-elle dans des modes de désignation des candidats aux élections qui les contraignent à d’autres pratiques. Les primaires s’installent peu à peu dans le paysage politique, mais on est loin de leur généralisation à tous les niveaux d’élections. Il faudrait cependant déjà passer à la vitesse supérieure : tirage au sort, référendums locaux, droit de tirage, jury citoyens… tout est bon pour rénover notre vie politique. Et c’est urgent, car notre démocratie n’est pas immortelle.

 

Lire aussi : Mais où est passée la confiance publique ?

2 commentaires

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Tous les champs sont obligatoires (votre adresse e-mail ne sera pas publiée)

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>