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BACS TECHNOLOGIQUES

 

Besançon et les déchets : modèle à suivre

01/08/2016 | par Marjolaine Koch | Toute l'actualité

carte_besançon © Manakin - istock

Tout est question de volonté. Une volonté politique d’abord, à transmettre aux habitants pour optimiser la gestion des déchets, diminuer leur volume, réduire la facture, recycler. Besançon a été l’une des premières villes de plus de 120.000 habitants à se lancer dans une politique volontaire de gestion des déchets.

Les premiers bacs jaunes sont arrivés à Besançon en 2000 : en seize ans, les habitudes se sont ancrées. Le Sybert, le syndicat mixte qui traite les déchets ménagers de sept communautés de communes et d’une communauté d’agglomération autour de Besançon, a rapidement mis en place la facturation incitative.

 

Une facturation au poids

En 1999 déjà, la facturation dépendait du volume du bac et, à partir de 2012, le système a été complété par une facturation au poids. Chaque bac, considéré comme un compteur, est équipé d’une puce de lecture. Lors du passage du camion, le bac est identifié, relié au contrat de son propriétaire, et son poids transmis en fin de tournée aux centres service clients. De leur côté, les usagers peuvent consulter les données sur le site www.besancon-emoi.fr. Un système transparent, qui permettait déjà, huit mois après l’instauration du principe, de réduire le tonnage des déchets acheminés à l’incinération de 20 % sur la collecte pavillonnaire.

 

Chaque bac de tri sélectif, considéré comme un compteur, est équipé d’une puce de lecture.

 

En moyenne, les habitants ne sortent leur bac qu’une fois sur deux, et le coût du traitement des déchets leur revient à environ 72 euros par habitant et par an.

« Avec ce système, nous avons récupéré un flux de 10 000 à 15 000 tonnes de déchets qui partaient en décharge » explique Christine Sautenet, directrice du Sybert. Un flux qui rejoint le centre de tri des collectes sélectives, dans lequel travaillent une quarantaine de personnes. « Après le tri, dix matières sont séparées, dont neuf vont vers des filières. La dixième, ce sont les rebuts qui retournent à l’usine d’incinération. »

Et avec les déchetteries, accessibles gratuitement pour les ménages à condition de s’équiper d’un badge, d’autres filières ont pu être mises en place : les pneus jantés, l’isolation du polystyrène compacté, les films plastiques… « Salaires et consommables compris, cet équipement en lien avec les déchetteries a un coût global équivalent à celui de la décharge auparavant ! » affirme la directrice du Sybert.

 

Trévise, l’objectif fou
En Italie, la province de Contarina, qui compte 55 communes et 550 000 habitants, affiche un score de 53 kg de déchets par habitant et par an. Mais ce n’est qu’un début : l’objectif est d’atteindre 10 kg/an/hab. en 2022. La quantité de déchets collectés séparément a atteint 85 %. Suivie par l’association Zero Waste, la province a identifié les déchets restants : 25 % de couches jetables, 25 % de cartons/papiers recyclables, 20 % de plastiques potentiellement recyclables, 2 % de fermentescibles et 25 % de déchets non identifiés.
Entre 2013 et 2014, le nombre d’employés du consortium est passé de 58 personnes à 85 et pourtant, la tarification locale est l’une des plus basses d’Italie. La réorganisation des tournées a notamment permis une économie substantielle : les déchets résiduels sont désormais collectés tous les 15 jours, ce qui a permis d’économiser 1 million d’euros/an. 4 à 5 points d’amélioration ont été obtenus juste en passant aux sacs transparents, qui permettent de visualiser les erreurs de tri. Les biodéchets, eux, sont collectés deux fois par semaine, trois fois en centre-ville. Le verre est collecté avec les plastiques et métaux, séparément des cartons et papiers.
La facturation est incitative et au poids, et une amende de 50 euros est facturée si les déchets sont mal triés. Le coût moyen de la gestion des déchets est, au final, de 104 euros/an/hab. contre 200 à 280 euros en moyenne dans le reste de l’Italie.

 

Un compostage massif

En plus de la poubelle jaune des emballages, l’accent a été mis sur les déchets organiques. « 80 % des maisons individuelles compostent, 250 composteurs de pied d’immeuble ont été installés et il existe aussi des chalets de compostage dans les zones d’habitat dense » détaille Catherine Thiebaut, présidente du Sybert et adjointe EELV au maire de Besançon. Grâce à cette politique incitative, la quantité de biodéchets produite par habitant est tombée à 36 kg, quand la moyenne nationale est d’environ 80 kg.

 

À force de messages, la quantité de déchets produits par an et par habitant a fondu de 217 kg en 2009 à 154 kg aujourd’hui.

 

En parallèle, de nombreuses opérations de communication sont menées : sensibilisation dans les écoles, conseils pour faire ses courses, mise en place de gobelets réutilisables, distribution de poules à une vingtaine de familles, ce qui a produit un effet boule de neige chez les habitants…

À force de messages, le Sybert a vu fondre la quantité de déchets produits par an et par habitant : de 217 kg en 2009, le chiffre est passé à 154 kg. Une bonne dynamique, qui incite le syndicat intercommunal à viser plus haut. « Nous avons identifié des flux comme les biodéchets des restaurants, des industries agroalimentaires et de la restauration collective, explique la directrice Christine Sautenet. Il serait bienvenu de les capter pour valoriser cette matière. »

 

Focus sur les déchets résiduels

Et pour aller encore plus loin, une étude de caractérisation des ordures résiduelles a été menée le printemps dernier : 20 échantillons de 500 kg de déchets ont été analysés sur un mois. « Le résultat, c’est que nous pouvons encore réduire nos déchets résiduels, estime la présidente Catherine Thiebaut. Sur les 154 kg, 100 kg sont des déchets recyclables, qui devraient soit finir en déchetterie, soit dans le bac jaune, soit dans le compost ! Il devient possible de se fixer l’objectif d’atteindre 100 kg par habitant et par an au lieu des actuels 154. » Et cet objectif est motivé par un but précis : parvenir à fermer le plus vieux four de l’incinérateur local, qui fête ses 40 ans. « À 120 kg par habitant, nous pouvons nous passer de ce four » estime l’élue. Et il reviendrait bien moins cher à la collectivité de le fermer plutôt que d’engager de lourds frais de rénovation.

 

 

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