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ALTERNATIVE

 

Denis Hameau : « L’ESS peut répondre à des besoins économiques non couverts »

14/11/2017 | par Stéphane Menu | Toute l'actualité

denis hameau © région Bourgogne-Franche-Comté – Michel JOLY

L’économie sociale et solidaire (ESS) n’est pas vraiment considérée comme un secteur économique à part entière… Un défaut de reconnaissance dommageable quand on sait qu’elle représente une part non négligeable du PIB français et offre une souplesse d’adaptation pour relever les défis sociétaux des prochaines années. Denis Hameau, président de la commission ESS à l’Association des régions de France, en est convaincu et joue à fond cette carte en Bourgogne Franche-Comté et au sein de l’ARF.

Article publié le 23 novembre 2016

On l’oublie souvent, l’ESS, c’est 10 % du PIB français. Or, quand on parle d’économie, l’ESS est rarement citée comme une source potentielle de croissance pour notre pays…

À l’origine de l’ESS, il y a une façon d’envisager l’entreprise autrement, pas seulement au sens capitalistique du terme, en se posant la question de l’intelligence collective. C’est un problème d’image. Il faut changer le regard que l’on porte sur l’ESS. La vision sociale de l’ESS a été renforcée par la loi Hamon de 2014. Or, on peut très bien gagner sa vie dans l’économie solidaire tout en étant un patron soucieux du bien-être de ses salariés. Non seulement elle représente 10 % du PIB français mais en plus, elle a mieux résisté à la crise de 2008 que les autres secteurs de l’économie. En ces temps d’incertitude, c’est une qualité à ne pas négliger.

 

Pour approfondir le sujet, voir le site : www.associationmodedemploi.fr

 

Vous êtes vice-président de la région Bourgogne Franche-Comté. Êtes-vous l’un des rares à votre poste à disposer de cette délégation en France ?

Marie-Guite Dufay, présidente de la région, occupait avant son élection le poste de vice-présidente de la commission ESS à l’ARF. J’ai hérité de la présidence en mai 2016 et j’ai adressé un courrier à l’ensemble des régions pour les alerter sur l’importance de cette forme d’économie en termes de création mais aussi de reprise d’entreprise. Ça a permis de créer un réseau au sein de l’ARF qui nous permet d’échanger les expériences. Je ne sais pas si je suis l’un des seuls mais je sais que les exécutifs régionaux évoluent sur cette question.

 

Lire aussi : Les pôles territoriaux de coopération économique : l’ultime chance pour l’emploi local

 

Vous insistez sur la nécessité d’une « économie collaborative socialement responsable ». Quels sont les axes de votre action en la matière ?

L’économie collaborative a un visage sympathique mais c’est un leurre et l’actualité nous en apporte la preuve quasi quotidienne. Derrière chaque plateforme, de type AirBnb, préexiste un modèle financier où les uns et les autres sont exploités ou se font concurrence de façon déloyale. Certes, Blabacar ou Uber répondent à des besoins mais ne ressemblent en rien aux valeurs défendues au sein de l’ESS. Le développement de ce type d’économie nous oblige à réaffirmer ce primat socialement responsable.

 

J’ai alerté les régions sur l’importance de cette forme d’économie en termes de création mais aussi de reprise d’entreprise.

 

À l’échelle de la région, je repose mon action sur une réflexion stratégique. J’ai d’abord écouté puis j’ai ensuite essayé de voir comment des acteurs présentant des complémentarités pouvaient être mis en rapport. L’ESS peut par exemple répondre à des besoins non couverts dans notre société. Certaines initiatives se croisaient sans se rencontrer, j’ai fait en sorte que des synergies émergent. Reste ensuite aux porteurs de projets à dégager une gouvernance. Ces derniers mois, nous avons essentiellement réfléchi à la stratégie. Nous serons plus dans la communication dès le 14 novembre prochain (Ndlr, l’entretien a été réalisé avant cette date). Il peut y avoir aussi des synergies entre les politiques menées à l’échelle régionale. Par exemple, sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, nous avons des services qui travaillent sur le sujet au sein de la région, mais aussi dans d’autres collectivités partenaires et l’ESS peut être le point de jonction concret des projets à mettre en œuvre.

 

L’ESS peut être le point de jonction concret des projets à mettre en œuvre dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, par exemple.

 

Comment structurer l’ESS ? L’État met-il les moyens qu’il faut ? Les instances représentatives du patronat (CCI, autres chambres consulaires, syndicats) jouent-elles le jeu ?

Nous avons récemment eu une réunion à l’ARF avec les financeurs, comme BPI France Active, la Cour des comptes ou l’ADI. Tous ces acteurs ont des moyens financiers pour soutenir l’ESS. L’une des questions est de savoir comment les porteurs de projets recherchent leur financement, comment les acteurs suscités les sollicitent. Nous devons être dans la pédagogie et dans la structuration d’une offre financière. L’échelle régionale est pertinente pour innover en la matière. À ma place, je me considère comme un ensemblier.

 

 

L’ESS, c’est plus de 2,3 millions de salariés !
Le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (Cncres) a récemment publié son édition 2015 du Panorama de l’économie sociale et solidaire. « Avec 2 370 000 salariés travaillant dans plus de 221 000 établissements, l’ESS affiche un dynamisme certain, et de nombreuses opportunités de développement », note ainsi le Cncres.
En 2015, l’ESS représentant 10,5 % de l’emploi global en France, 13,5 % de l’emploi privé. Le secteur embauche 2,37 millions de salariés et compte précisément 221 325 établissements.
Cinq secteurs d’activité principaux concentrent aujourd’hui la majorité des salariés de l’ESS : l’action sociale (39,4 % des effectifs), le sport et les loisirs (3,3 %), les activités financières et d’assurance (11 %), les arts et les spectacles (1,4 %) et l’enseignement (14,7 %).

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