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LA GRANDE ENQUÊTE

 

Les collectivités ou le changement permanent

01/12/2016 | par Sandra Chélélékian, Emilie Baudet, Nicolas Braemer | Management

bonhomme_2 ©Jesadaphorn Chaiinkaew

Les collectivités changent. Beaucoup. À l’encontre d’une image d’immobilité de la fonction publique, la plupart des collectivités ont connu des réorganisations récentes de services. Pour autant, on est loin d’être parvenu à des organisations qui satisfassent les cadres. Mais qu’en est-il ?

Qui parle d’un secteur public figé ? Près de 2/3 des collectivités déclarent s’être réorganisées dans les 2 dernières années.
Et si l’on étend la période aux 5 dernières années, elles sont plus de 85 %. Ajoutons que, dans la plupart des cas, la réorganisation concernait l’ensemble des services.
Il semblerait donc que l’on assiste à une vague de mutations d’une ampleur importante. La mise en question des modes de fonctionnement et d’organisation est généralisée dans les collectivités. Partout, on s’interroge, on cherche, on adapte, on modifie : mais pour quelles raisons, dans quel sens et avec quel résultat ?

 

 


La mise en question des modes de fonctionnement et d’organisation est généralisée dans les collectivités.

 

Pourquoi ce changement permanent ?

Bien sûr, les effets des lois Maptam et Notre ont entraîné des fusions dans les intercommunalités et les régions. C’est l’une des causes de ce grand chambardement. Les départements aussi se restructurent, ayant perdu leur capacité d’action sur des secteurs de politiques publiques. Mais selon les dirigeants territoriaux interrogés, il ne s’agit pas que de cela. Ces mouvements de réorganisation recherchent l’efficacité pour faire face à la diminution des ressources, ce que confirme un directeur d’une grande ville : « Les réorganisations permettent de travailler autrement  avec moins de ressources, notamment humaines. Il faut faire au moins autant avec moins ». Les restrictions budgétaires   impactent donc fortement le secteur public local jusqu’à entraîner parfois de profondes remises en cause de l’organisation du service public.

 

Ce qu’il faut, c’est ne pas rester figé, s’adapter aux besoins de la population, aux contraintes. 

 

Un directeur général adjoint met en avant la nécessaire modernisation du management de l’action publique. « Ce qu’il faut, c’est ne pas rester figé, s’adapter aux besoins de la population, aux contraintes».

 


 

 

La méthode pointée du doigt

Pour autant, 67 % des cadres dirigeants qui répondent considèrent que l’organisation de leur collectivité n’est pas pertinente au regard des enjeux et des besoins. Un premier paradoxe semble émerger ici : alors que ces réorganisations sont récentes, elles semblent ne pas correspondre aux attentes des cadres.

Quelles explications ? Une insatisfaction chronique ; une nécessaire adaptation en flux tendu qui fait que dès qu’une réorganisation se termine, elle est déjà dépassée ; des évolutions législatives trop peu concertées et insuffisamment adaptées à la réalité du terrain ; ou encore l’absence de co-élaboration du diagnostic initial qui entraîne inévitablement des « loupés » dans les solutions proposées ? Une absence de vision partagée, à tous les niveaux, qui semble avoir pour conséquence des décisions mal comprises, mal appropriées, peu satisfaisantes.

 

Des résultats décevants

Parmi les effets les plus critiqués de ces nouvelles organisations, arrivent en tête : le manque de transversalité, les procédures de prise de décision trop longues, le manque de responsabilisation et d’initiatives. Force est de constater, qu’avec ces travers, on est assez éloigné des concepts d’agilité et d’administration libérée que les cadres territoriaux appellent de leurs vœux.

 

Le mouvement de réorganisation est bien là, les résultats semblent l’être un peu moins. 

 

Le mouvement est bien là, les résultats semblent l’être un peu moins. Et peut-être peut-on imputer cet état de fait à l’absence de vision partagée, au manque de compréhension de la direction choisie, au manque de sens. Ces constats un peu amers, une directrice générale adjointe admet qu’ils finissent par entamer sa motivation et celle de ses collègues. « Il y a un véritable malaise dans la fonction publique territoriale. Nous sommes en dépression collective. »

  



 

 

Peut-être aussi sommes-nous à un tournant dans la vie des collectivités locales qui gêne la vision à long terme mais dont l’horizon pourrait à nouveau apparaître dans les prochains temps ?

 

 

Témoignage d’une directrice de communauté de communes
« On réorganise parce que c’est imposé »
 « On réorganise parce que c’est imposé. Mais ça ne correspond pas forcément aux besoins réels. Sur une petite structure, on manque de réactivité. On est toujours en décalage avec les lois, les obligations. On manque d’anticipation, on subit ces changements imposés. »

 

JE_Management

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