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AU CŒUR DU PROBLÈME

 

On brade, on casse, on reconstruit… mais à quel prix !

07/03/2017 | par Rina Dupriet | Toute l'actualité

urbanisation

La manière dont les communes se lancent dans l’urgence dans la révision de leur PLU pose question. Cette marche forcée vers la densification des centres-villes nous entraîne vers un urbanisme déshumanisé. Il est temps de réfléchir et de réagir.

Actuellement, pour répondre aux exigences définies par l’État, les communes s’activent pour procéder au plus vite à la révision de leur plan local d’urbanisme (PLU).

Les objectifs de départ de ce PLU, qui a vocation à identifier un cadre urbain et naturel de la commune et à en fixer les règles au niveau de l’occupation et l’utilisation des sols, des terrains publics et privés, sont certes séduisants :
- définir des équilibres harmonieux entre le développement urbain et la protection des espaces naturels tout en sauvegardant les paysages ;
- organiser une diversité des fonctions urbaines et une mixité sociale dans l’habitat pour un meilleur « vivre ensemble » ;
- enfin soutenir un développement durable en vue de préserver l’environnement et la qualité de vie des citoyens.

 

Des dédales administratifs

Mais hélas, force est de constater que, sur le terrain, il n’en est rien puisque les communes se retrouvent aujourd’hui enfermées dans des dédales administratifs qui leur fixent un cadre d’intervention extrêmement contraignant ! En Région parisienne par exemple, le schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF) approuvé par l’État, impose aux communes une augmentation de l’urbanisation d’ici 2030 de 10 % de leur population, tout en leur demandant de préserver les espaces naturels.

Parallèlement, la loi Alur impose aux communes la réalisation de 25 % de logements sociaux sous peine d’amende, voire de carence. Cette dernière hypothèse entraînerait, de facto, la mise sous tutelle de la commune par le préfet en matière de construction de logements !
Enfin, la loi Grenelle 2 impose aux communes de repenser leur développement urbain tout en respectant les contraintes environnementales.

 

Lire aussi : Logements sociaux : les communes carencées sont-elles excusables ?

 

La Région parisienne souffre déjà assez

La Région parisienne dispose déjà d’une urbanisation extrêmement dense et souvent désorganisée, d’un réseau de transport automobile pratiquement saturé et sérieusement polluant (pollution de l’air et pollution sonore), d’une insuffisance de transport ferré sur certains secteurs géographiques du territoire qui oblige à prendre la voiture pour se déplacer. Elle souffre aussi et à longueur d’année de pics de pollution atmosphérique importants, pour lesquels des mesures restrictives de circulation sont plus que limitées, et de pics de pollution sonore ignorés la plupart du temps par les pouvoirs publics. Il est donc inadmissible d’engager une réorganisation urbaine des territoires dans ce contexte au détriment de la qualité de vie des citoyens.

 

Les communes se précipitent dans l’élaboration de leur PLU sans en mesurer réellement l’impact sur les populations et leur mobilité.

 

Ainsi et d’une manière autoritaire, et sans concertation préalable la plupart du temps, les cœurs de ville, qui conservaient la mémoire de leur passé, sont massacrés pour faire place à de grandes opérations immobilières qui font souvent émerger la violence urbaine dans certaines villes de banlieues !

Alors, et sous prétexte d’urbaniser et d’urbaniser encore pour augmenter le nombre de ses habitants, de densifier et de densifier encore puisqu’il faut produire près de 25 % de logements sociaux, les communes, coincées entre le marteau et l’enclume se précipitent dans l’élaboration de leur PLU sans en mesurer réellement l’impact sur les populations en place, leur mobilité et le transport. Ce dernier volet d’ailleurs est rarement abordé, ni même la qualité de vie liée à cette urbanisation effrénée, sans oublier la protection de la nature, qui reste un des attraits de nos villages franciliens aujourd’hui.

 

Lire aussi : Espace public : rendre la ville à ses habitants

   

 

Au service des populations et pas contre elles !

On brade, on casse, on construit ! Mais à quel prix, pour l’avenir d’une nouvelle population qui n’aura jamais connu la vie calme et paisible de nos territoires franciliens !

Revitaliser les cœurs de ville, se porter développeur économique tout en dynamisant l’activité et l’attractivité de son territoire restent souvent les objectifs majeurs des communes aujourd’hui. Certes, mais ne perdons pas de vue, qu’en créant des quartiers déshumanisés, qui deviendront de véritables cités-dortoirs sans enjeux de cohésion sociale, où le « vivre ensemble » a disparu du fait de l’urbanisation sans limites parfois, où les fractures familiales et sociales sont perçues comme un handicap, la remise en question de l’occupation et de l’utilisation des sols doit se faire au service des populations et pas contre elles !

 

À quel prix, pour l’avenir d’une nouvelle population qui n’aura jamais connu la vie calme et paisible de nos territoires franciliens !

 

Alors, si on continue de brader les terrains encore disponibles, à casser les cœurs de ville qui formaient l’âme des villes et des villages et à reconstruire à n’importe quel prix, où est la dimension humaine prônée par tant de philosophes aujourd’hui ? La réponse doit se trouver dans chacun d’entre nous en écartant tout intérêt de profit et en portant pour demain la responsabilité d’une société où il fait bon vivre ! Voilà un message que je pose en direction des responsables politiques qui souhaitent s’engager dans les semaines à venir dans un mandat électoral à dimension nationale.

 

 Lire aussi : Plus de quartiers sensibles pour le relogement des plus pauvres

 

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