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Innovation territoriale : la France, terre de fab labs ?

22/03/2017 | par Marjolaine Koch | Toute l'actualité

LCT507-Ouv-82770184_dossierfablabpartie1 © Michael Blann - guetty

Moyen de permettre à tous les employés d’expérimenter pour faire émerger des innovations, améliorer leur quotidien, les fab labs ont le vent en poupe en France. Et c’est aussi vrai dans le secteur public. Hackatons, workshops, incubateurs... les outils sont nombreux pour imaginer les équipements de services publics du futur. Au menu : expérimentation et mise en commun.

La France, terreau des fab labs ? Avec ses 138 entités dans le privé, la France(1) se classe deuxième derrière les États-Unis (145), juste avant l’Italie (131), l’Allemagne (45) et le Royaume-Uni (38). Le phénomène, qui a éclos au début de la décennie 2010, s’est mis à infuser dans la fonction publique. On dénombre une bonne vingtaine de labs version publique, régis par d’autres codes que ceux du privé.

 

Les fab labs sont un moyen de permettre à tous les employés d’expérimenter leurs idées, dans l’optique de faire émerger des innovations

 

Les fab labs sont un moyen de permettre à tous les employés d’expérimenter leurs idées, dans l’optique de faire émerger des innovations, mais aussi d’améliorer leur quotidien. Tester vite, écarter les échecs rapidement et se remettre en selle pour d’autres tentatives. Dans le privé, le fab lab prend souvent la forme d’un atelier de bricolage un peu fourre-tout. Dans le public, ne cherchez ni les imprimantes 3D, ni les machines à découpe laser. Tout se passe généralement devant l’écran d’un PC, ou dans le garage d’un agent, sur son temps libre (lire l’article « Gendarmerie : un modèle réplicable ? »). Il n’y a d’ailleurs pas toujours de lieu dédié : une simple salle de réunion, le temps de mener un projet, peut amplement suffire.

 

Hackatons, workshops, incubateurs… demandez le programme

Si la règle est de tester tous azimuts dans le privé, il existe un protocole plus marqué dans le public. Souvent, les initiatives prennent la forme de hackatons sur quelques heures ou quelques jours, de partenariats avec des universités ou des entreprises pour développer des projets communs. En Seine-Saint-Denis, où le conseil départemental inaugurera son laboratoire d’innovation au printemps, un premier workshop a été organisé en novembre dernier avec les étudiants de l’ENSCI, l’École nationale supérieure de création industrielle. L’objectif était d’imaginer une maison des solidarités du futur dont l’usager serait au centre, au lieu d’être structurée en services.

 

Si la règle est de tester tous azimuts dans le privé, il existe un protocole plus marqué dans le public

 

Ces sessions, si elles n’aboutissent pas directement à des actions concrètes, permettent toutefois de remettre en cause l’ordre existant, de bousculer les habitudes et par là même, d’insuffler des idées novatrices et de faire bouger les lignes du management. À l’heure où la plupart des collectivités ont connu un tassement des arrivées de jeunes recrues, suite au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, c’est un bon moyen de compenser le ralentissement de l’émergence d’idées neuves…

 

S’approprier gratuitement les innovations pour enrichir son service

Un incubateur est également né au niveau national en 2013, au sein du secrétariat général à la modernisation de l’action publique (SGMAP) (lire l’interview de Pierre Pezziardi en fin de dossier). Quinze start-up d’État ont ainsi vu le jour, quinze logiciels libres, que chaque collectivité, institution ou entreprise peut s’approprier gratuitement pour enrichir son service. Parmi les plus marquantes : le marché public simplifié, qui permet aux entreprises de répondre à un appel d’offres en indiquant uniquement son numéro Siret.

 

Quinze start-up d’État ont ainsi vu le jour, quinze logiciels libres, que chaque collectivité, institution ou entreprise peut s’approprier gratuitement pour enrichir son service

 

Comme les autres innovations issues du SGMAP, celle-ci est née de la possibilité donnée aux agents d’exposer leurs idées lors d’une réunion dédiée à l’innovation. Les porteurs de projets retenus sont ensuite « exfiltrés » de leurs services pour six à dix-huit mois, le temps de développer leur concept à l’aide d’un coach et d’un développeur. Selon l’envergure du projet, l’équipe sera étoffée d’une ou deux personnes, pas plus. L’objectif est de faire vite et bien : en moyenne, les projets sont mis en service au bout de six mois. Leur ambition : supprimer les irritants, améliorer l’existant, générer des économies et enrichir l’offre de service public.

 

Place au partage d’expérience

Les fab labs du privé sont déjà en train d’enta- mer un second cycle, où le partage d’expériences est placé au centre. Les entreprises souhaitent casser les logiques de silo pour qu’ingénieurs et vendeurs échangent sur leurs expériences, par exemple. Pour compléter ces labs, ils mettent en place des réseaux sociaux internes. Les employés apprennent une autre gymnastique : l’entraide, le partage de connaissances dans le but de concrétiser un projet innovant. Sur ce point, le fonctionnement des labs du public semble avoir pris de l’avance sur ceux du privé grâce à la mise en place d’un protocole plus identifiable, qui donne la parole à tous les échelons.

Note

(01)Selon le site fablabs.io, programme Europe Créative du Parlement européen - Retourner au texte

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