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La revanche de la logique comptable : le retour

28/08/2017 | par Nicolas Braemer | Toute l'actualité

ciseaux_argent_Fotolia_151743032_XS ©Serge Aubert - fotolia

Cet été, le bal des coupes budgétaires a battu son plein. Au programme, des coups de rabot à répétition, sans autre logique que de trouver l’argent, là où on peut. Une logique qui fait bien des impasses sur l’avenir, et qui n’a aucune ambition pour la fonction publique. Ça risque de ne pas tenir longtemps...

Voilà donc la logique comptable de nouveau à l’œuvre. Comme il faut trouver de l’argent pour boucler le budget, on coupe, et on coupe là où c’est le plus facile.

 

Bercy a gagné

Qu’on fasse le compte des annonces et confirmations faites par le président de la République, son Premier ministre et ses ministres sur ce qui va toucher les budgets des administrations publiques et les fonctionnaires pour l’année à venir : gel du point d’indice, rétablissement du jour de carence, suppression de la taxe d’habitation, coupe de 13 milliards dans les budgets des collectivités, contre promesse de « souplesse » dans la gestion des RH locales et, last but not least, suppression de crédits destinés aux collectivités. Qu’on me permette de faire quelques remarques sur cet état des lieux.

 

Les coupes dans les investissements locaux sont présentées (et vues comme telles à Bercy) comme de simples mesures techniques.

 

On remarquera tout d’abord que Bercy semble avoir gagné la partie. La multiplication des annonces de coupes budgétaires, qui sont d’ailleurs loin de ne toucher que les collectivités, avec une cohérence toute relative (sans parler de la pertinence politique), acte la mainmise d’une vision purement comptable des budgets publics, sans considération outre mesure de cohésion (voire d’urgence) sociale, de nécessité de présence de service public, d’investissement pour l’avenir. C’est ainsi qu’on a taillé dans les APL et c’est également ainsi que la politique de la ville n’échappera pas au tour de vis budgétaire demandé aux collectivités.

L’annonce en plein été de la suppression de 300 millions d’euros de crédits destinés aux collectivités territoriales relève de cette même logique : des coupes dans les investissements locaux, présentées (et vues comme telles à Bercy) comme de simples mesures techniques.

 

Lire aussi : Quel quinquennat pour la fonction publique ?

 

Aucune ambition pour la fonction publique

On remarquera ensuite que, définitivement, les fonctionnaires sont considérés comme un poids plus que comme une chance. Le rattachement de la fonction publique au ministère des Comptes publics comme les premières mesures citées plus haut actent cette vision étroite et comptable de la gestion des effectifs de la fonction publique, à mille lieues de l’ambition que pourrait avoir la France pour ses agents publics, faite de proximité, d’efficacité, d’innovation…

 

Cette manière de voir les choses et cette façon d’agir poseront demain des problèmes majeurs.

 

On accordera tout de même deux choses à Emmanuel Macron : que ces logiques ne sont pas nouvelles, même si elles apparaissent là en concentré et qu’il a lancé une démarche de négociation avec les collectivités que n’avait pas osée son prédécesseur. Encore faut-il qu’elle aboutisse à quelque chose.

Ne nous y trompons pas : pour l’avenir, cette manière de voir les choses et cette façon d’agir poseront des problèmes majeurs. On ne veut pas voir ce qu’elles portent de décomposition sociale et d’appauvrissement collectif (enfin, surtout pour ceux qui sont déjà les plus démunis), mais la violence avec laquelle surgira la réaction à l’orthodoxie nous prendra de court.

 

Lire aussi : Lettre ouverte au nouveau président de la République

 

 

 

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