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DANS L'INDIFFÉRENCE GÉNÉRALE

 

Où est l’égalité des territoires ?

04/10/2017 | par Nicolas Braemer | Toute l'actualité

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Voilà un gouvernement qui place la modernité comme valeur cardinale de son action. Mais, derrière les apparences et les discours, apparaît le manque d'ambition pour les territoires les plus défavorisés et ceux qui y vivent.

Nous voilà entrés dans le dur d’un nouveau quinquennat qui voit, classiquement, se multiplier les annonces de réformes dont chacun jugera de la modernité.

 

Pas beaucoup d’ambition

En ce qui concerne les collectivités territoriales, malheureusement, on ne peut que modérément considérer que la nouveauté est à l’ordre du jour. Comme souvent, les choses ne sont envisagées que sous deux angles, ce qui est révélateur à la fois de paresse intellectuelle et de conservatisme : les institutions et les finances. On ne reviendra pas sur les détails des décisions prises ou annoncées, mais pour l’instant, tout ce qu’on a vu, c’est l’idée d’un pacte « liberté de gestion contre réduction des dépenses » et la relance d’un (modeste, il est vrai) mécano institutionnel concentré sur le Grand Paris et la réduction du nombre d’élus.

 

Paresse intellectuelle et conservatisme, la réforme des collectivités locales n’est encore envisagée que sous l’angle des institutions et des finances.

 

On pourra se réjouir de la sagesse d’un gouvernement qui semble savoir que les collectivités auraient du mal à digérer (après cinq ans de réformes de fonds) un nouveau changement important. On pourra surtout se désoler, malgré la création d’un ministère de la Cohésion des territoires, de l’absence totale d’ambition en matière d’égalité desdits territoires.

On vient d’apprendre par l’Insee qu’en France, 80 % des naissances ont aujourd’hui lieu dans seulement 200 communes parce qu’entre 1975 et 2015, près des deux tiers des maternités ont fermé. On sait que la désertification médicale engendre des problèmes de santé physique et mentale majeurs dans certains territoires.

Où est la réflexion sur une offre médicale adaptée et « moderne » (puisque tout doit l’être) à même d’apporter aux Français un meilleur accès aux soins ?

 

Et si on s’occupait des pauvres ?

Tous les clignotants sont au rouge dans les « quartiers ». Dans les quartiers prioritaires, le taux de chômage des hommes de 24 à 65 ans est trois fois supérieur à celui des unités urbaines dont ils font partie. La part de la population avec un diplôme niveau Bac+2 y est deux fois inférieure, les familles parentales y sont deux fois plus nombreuses, le pourcentage de ménages en situation de surpeuplement y est 2,5 fois plus important (1). Où sont les projets « modernes » de refondation de la politique de la ville ?

 

La pauvreté a des conséquences majeures sur la santé, l’accès à une nourriture équilibré, l’accès à l’éducation… et on en passe.

 

La France compte 5 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,9 millions si l’on utilise le seuil à 60 %. Entre 2005 et 2015, le nombre de personnes concernées a augmenté de 600 000 personnes au seuil à 50 % et de près d’un million au seuil à 60 %. Principalement sous l’effet de la progression du chômage (2). La pauvreté a des conséquences majeures sur la santé, l’accès à une nourriture équilibré, l’accès à l’éducation… et on en passe. Où sont donc les plans pluriannuels de lutte contre la pauvreté, les engagements pour améliorer les soins, l’alimentation, l’accès à la culture chez les plus pauvres ?

 

 

Note

(01)Rapport annuel 2015 de l’Observatoire national de la politique de la ville. - Retourner au texte

(02)Chiffres cités par l’Observatoire des inégalités. - Retourner au texte

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