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INTERVIEW

 

Stéphane Troussel : « Il nous faut absolu ment construire une transition écologique des quartiers populaires »

27/10/2017 | par Julien Roux | Toute l'actualité

512_oeil_expert_stephaneTrousselle © Hervé THOUROUDE

Pour le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, la transition écologique est aussi et surtout un enjeu social. Les habitants des quartiers populaires doivent en être les bénéficiaires, mais aussi les acteurs. des des événements comme les Jeux Olympiques peuvent être des accélérateurs de première importance.

Peut-on assurer une transition écologique pour tous, y compris les populations fragiles ?

Les habitants des quartiers populaires sont plus exposés à la pollution et ont globalement moins accès que partout ailleurs aux solutions de mobilités, de consommation, de production, d’innovations durables. La Seine-Saint-Denis, avec ses 58 kilomètres d’autoroutes, ses 350 000 habitants souffrant directement de la pollution des axes routiers, ou encore ses trois quarts de logements construits avant l’édiction de toute norme en matière d’isolation thermique, en est le parfait exemple.

 

La transition écologique des quartiers populaires est un outil puissant d’amélioration du cadre de vie de nos habitants

 

J’ai donc la conviction qu’il nous faut absolument construire une transition écologique des quartiers populaires, car c’est un outil puissant d’amélioration du cadre de vie de nos habitants, et l’opportunité d’apporter un nouveau progrès social, en termes d’aménagements, de transports et d’habitat durable exemplaires. Il s’agit également de donner à nos habitants accès à toutes les solutions en matière de circuits courts, d’agriculture urbaine, ou encore aux formations et aux emplois des filières responsables. Les habitants des quartiers populaires manifestent un engouement citoyen, associatif, dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. ils cherchent également des solutions pour une meilleure transition écologique. J’y vois une opportunité formidable de les rendre acteurs à part entière de ce grand projet.

 

 

La Seine-Saint-Denis abritera bon nombre d’installations des Jeux olympiques. Tout cela est-il compatible avec ce mouvement de fonctionnement « bas carbone » ?

Les Jeux olympiques vont permettre d’accélérer la transition écologique et énergétique de la Seine-Saint-Denis. Le cœur du projet de Paris Seine-Saint-Denis 2024, c’est porter des Jeux pour innover et construire des projets exemplaires, c’est pourquoi nous avons souhaité engager un partenariat avec l’ONG WWF.

 

Les JO, c’est aussi l’assurance de voir les projets de transports collectifs se réaliser

 

Les sites olympiques seront par exemple entière- ment accessibles aux mobilités douces, sobres énergétiquement, et les logements du village des athlètes et du village des médias seront d’une durabilité exemplaire. J’ai souhaité également que le parc Georges Valbon et ses 410 hectares – bijou écologique de la métropole parisienne, classé Natura 2000 – fasse pleinement partie du projet comme parc écologique et olympique. Enfin, les JO, c’est aussi l’assurance de voir les projets de transports collectifs se réaliser.

 

 

Les annonces récentes sur le logement (baisse des APL, assouplissement des normes environnementale pour la construction…) permettront-elles aux organismes Hlm d’assumer cette transition écologique ?

En tant que président de Seine-Saint-Denis Habitat, avec un patrimoine de plus de 28 000 logements, je m’inquiète fortement de ces annonces récentes. D’abord parce qu’en faisant peser sur les bailleurs sociaux la baisse de 1,5 milliard d’euros des APL, on les place dans une position qui risque de les priver de toute capacité d’investir pour rénover ou construire de nouveaux logements, notamment dans les quartiers « Politique de la ville ».

 

 On  décapite le modèle du logement social en France en affaiblissant les offices HLM et on se dirige  vers une baisse de qualité des constructions et des réhabilitations

 

Ensuite parce que cela fait des années que je me bats pour démontrer que l’on peut produire de beaux logements sociaux, notamment en innovant en matière de durabilité, mais si on me retire les moyens d’investir, ce n’est plus possible ! Non seulement on veut décapiter le modèle du logement social en France en affaiblissant les offices HLM, mais on se dirige également vers une baisse en termes de qualité des constructions et des réhabilitations. Les habitants des quartiers populaires vont en être les premières victimes. Le gouvernement affaiblit une fois encore ceux qui sont déjà les plus fragiles.

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