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CAP AU CENTRE

 

Villes moyennes : l’opération de sauvetage est lancée

27/11/2017 | par Stéphane Menu | Toute l'actualité

Dossier2-Getty92099234_util ©Nicolae Popovici

À l’ombre des métropoles, les villes moyennes cherchent un modèle de développement. Le hic, c’est que chacune d’entre elles porte des spécificités de déploiement que l’on ne peut dupliquer. De la fine broderie contractuelle…

C’est une question de survie financière, ont toujours assuré les élus des grandes villes. De visibilité et donc, par ricochet, d’attractivité. Au cours de l’année 2017, sept nouvelles communautés urbaines ont accédé au statut de métropole, portant au final leur nombre à vingt-deux. Malgré les réserves du précédent gouvernement, le lobbysme affirmé des élus a permis d’obtenir l’assouplissement de la loi. Les agglomérations de Dijon, Orléans, Saint-Étienne, Toulon, Clermont-Ferrand, Metz et Tours ont enclenché le dispositif pour accéder à un statut désormais convoité par la plupart des maires de grandes villes.

 

Le Macronisme n’a donc fait que prolonger ce que le Hollandisme projetait : dans un pays territorialement morcelé, à l’heure de l’internationalisation des échanges économiques, il était urgent de multiplier les éclairages, en dehors de Paris, sur les grands centres urbains français pour les rendre capables de lutter contre Berlin, Londres et Milan. Or, par déduction, la priorisation d’une action publique entraîne naturellement le délaissement d’une autre.

 

EN CHIFFRES
Les villes de taille infra-métropolitaine (entre 15 000 et 100 000 habitants) représentent 860 villes et 400 intercommunalités.

 

Action Logement à la manœuvre

Jacques Mézard en est conscient. « Les villes moyennes ont été les grandes oubliées de l’aménagement du territoire ces dernières années ». Face aux maires de l’association Villes de France (ancienne Association des villes moyennes), qui regroupe les villes de 15 000 à 100 000 habitants, il leur a confirmé qu’il était temps de « changer cela ». Le cap est fixé, les échanges ont lieu en petit comité, un plan gouvernemental sera annoncé en début d’année prochaine.

 

« Les villes moyennes ont été les grandes oubliées de l’aménagement du territoire ces dernières années. »

 

Ce plan spécifique visera à « conforter l’attractivité des villes moyennes en donnant la priorité à la requalification des centres anciens dégradés », explique le ministre. Trois axes seront privilégiés : « agir sur l’offre de logements pour faire revenir des habitants en centre-ville. Action Logement prévoit d’investir 1,5 milliard d’euros sur le portage d’opérations de restructuration d’immeubles et d’îlots ».

 

« Sur la dynamisation commerciale des centres-villes, l’objectif est d’éviter que les périphéries cessent de vider les centres. »

 

Le deuxième axe portera sur le développement économique des centres-villes et notamment sur le commerce. La possibilité d’un moratoire sur l’installation en périphérie des grandes enseignes est envisagée, même si sa mise en œuvre se heurte à l’imprescriptibilité de la liberté d’installation des commerces. Des aides à la restructuration commerciale des pieds d’immeubles et au portage de grandes opérations sont envisagées.

Le dernier pilier concerne la couverture numérique, en deux étapes : bon haut débit pour tous en 2020, très haut débit en 2022.

 

 

TÉMOIGNAGE
« Les zones grises de la République »
« Nous voulons faire sortir Castillon des zones grises de la République. Certaines communes ne sont ni assez pauvres, ni trop riches et sont ainsi contournées par les dispositifs existants. La revitalisation du centre ancien que nous lançons sera difficile mais le diagnostic en amont permettra de dresser un état des lieux sur les commerces, l’emploi, le logement, etc., autant de domaines en interdépendance. L’objectif est de corriger les fortes disparités entre le centre et la périphérie et de trouver des complémentarités de développement, par exemple avec la ville proche de Libourne. L’objectif est d’identifier toutes les forces vives et d’imaginer l’effet levier qu’elles contiennent potentiellement. Cette démarche est à visée opérationnelle. On ne se contentera pas d’établir un diagnostic. Pour redonner de la vigueur à Castillon, nous devons favoriser l’émergence des aménités, en étant audacieux, en optimisant le marketing territorial : on pourrait par exemple imaginer des opérations de crowdfunding sur l’habitat ancien, assez riche, en proposant de nouveaux usages publics. Nous sommes devant une feuille blanche où tout est possible ».
Jacques Breillat, maire de Castillon (33)

 

Vers un dispositif Malraux revigoré ?

« Sur la dynamisation commerciale des centres-villes, l’objectif est d’éviter que les périphéries cessent de vider les centres », assurait récemment Laurent Girometti, directeur de l’Habitat, de l’urbanisme et des paysages au congrès des Établissement publics locaux de Bordeaux. Il a confirmé l’hypothèse d’un renforcement du dispositif de défiscalisation, dit Malraux, pour permettre aux investisseurs de bénéficier d’une petite carotte fiscale. « C’est à l’étude avec Action Logement ». « Travailler sur les villes moyennes, c’est de la haute couture de contractualisation. Il faut des espaces publics avenants, des îlots d’habitation accessibles, des commerces adaptés aux attentes de la population, bref une approche pluridisciplinaire très fine ». Le gouvernement en dira donc plus dans les tout prochains jours.

 

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