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PIONNIER

 

« Malgré le RSA, nous n’arrivons pas à éradiquer la grande pauvreté »

28/12/2017 | par Marjolaine Koch | Toute l'actualité

Jean-Luc-Gleyze-Département-de-la-Gironde ©Département de la Gironde

Président socialiste du conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze a lancé une réflexion sur le revenu de base dès le printemps 2016. Entretien.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au revenu de base ?

Nous ne sommes plus une société de plein-emploi, ce temps-là est révolu. Les parcours professionnels sont plus fragmentés pour plusieurs raisons : les postes de travail, mais je pense aussi à des personnes qui peuvent se trouver en situation de s’occuper d’un enfant handicapé, des aidants de personnes âgées, à ceux qui souhaitent opérer une reconversion professionnelle, aux nouveaux entrepreneurs qui ont besoin de soutien pour se lancer, aux agriculteurs, aux étudiants sans aide… Malgré le RSA, nous n’arrivons pas à éradiquer la grande pauvreté en France et nous laissons au bord du chemin quantité de travailleurs pauvres.

 

Quelles ont été vos premières démarches ?

Je tiens à préciser que je travaille sur le sujet sans aucun dogme. La campagne présidentielle a parasité notre sujet et l’a étiqueté à tort. Pour ma part, je cherche à savoir ce qu’il peut apporter de positif ou de négatif, et je pars du principe qu’il faut le tester pour savoir. Je me suis tourné vers la Fondation Jean Jaurès et l’Institut des politiques publiques. Je souhaite que des universitaires m’accompagnent pour en mesurer l’expérimentation et voir comment la rendre faisable et opérationnelle. Nous avons organisé un débat au conseil départemental, qui a débouché sur un vote à la majorité du département sur la volonté d’expérimentation. Une concertation citoyenne a également été organisée pour cerner ce que les citoyens attendaient du revenu de base. Les travailleurs sociaux ont eux aussi été sollicités. Ensuite, nous avons établi un préprojet de loi avec la fondation Jean Jaurès, pour établir un cadre nous permettant d’expérimenter le revenu de base.

 

Pour ma part, je cherche à savoir ce qu’il peut apporter de positif ou de négatif, et je pars du principe qu’il faut le tester pour savoir.

 

Et cet automne, d’autres départements vous ont rejoint…

J’ai été amené, au congrès des départements de France en octobre dernier à Marseille, à présenter ma démarche devant les autres départements de gauche. À ma grande surprise, sept départements se sont déclarés volontaires ce jour-là pour contribuer à cette expérimentation [NDLR : ils sont désormais 12]. Ensemble, nous allons cofinancer une étude menée par l’Institut des politiques publiques, pour un coût de 100 000 euros, pour définir le cadre d’expérimentation. Quel échantillonnage de personnes ? Est-ce qu’on s’adresse à tout le monde, à une partie de la population ? Quels critères d’évaluation retenir ?

 

Avez-vous le sentiment que ce gouvernement va vous entendre ?

Emmanuel Macron a déclaré qu’il était prêt à modifier la Constitution pour expérimenter dans les collectivités. C’est pourquoi nous avons publié une tribune ouverte dans le Journal du Dimanche, pour attirer le regard du gouvernement sur notre expérimentation. Nous avons présenté notre démarche, un travail sérieux mené dans un cadre défini, avec une ambition et un périmètre. Les technologies mécaniques et informatiques amènent les emplois à évoluer. C’est un véritable sujet de société, on ne l’évitera pas. Mais surtout, je n’oppose pas le revenu de base à la valeur travail : le travail est utile, mais soyons réalistes, il évolue. Matignon dispose déjà du préprojet de loi, je pense qu’il faut s’y mettre dès maintenant.

 

 

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