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À Marseille, on pointe…

23/02/2018 | par Denis Courtois | Toute l'actualité

ACTU_Marseille-Jeanne Menjoulet

L’introduction d’une pointeuse à la mairie de Marseille ces dernières semaines avait suscité quelques réactions à la fois amusées et indignées des représentants du personnel. La ville, elle, tient désormais un langage de fermeté sur le respect de la durée légale de travail. Sans qu’on sache si l’on s’en tiendra au discours.

À la rentrée, le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, déclarait : « Dans la plupart des cas, les dysfonctionnements constatés par les juridictions financières sont rapidement corrigés…, avec un taux de 80 % sur l’ensemble du territoire » (cité par « Le Canard enchaîné » du 31 janvier). Des propos auxquels répondait le président de la chambre régional de Paca, déclarant que, dans sa région, « ce taux n’atteignait que 67 % ». Un échange qui n’a pas créé un climat explosif, même quand le président de la chambre régional soulignait que sa région était première pour les « signalements » à la justice.

 

Quand le parquet financier débarque

Mais, quand le parquet financier a débarqué fin janvier à la direction des ressources humaines de la ville de Marseille avec une vingtaine de représentants de la police pour une perquisition qui a duré une douzaine d’heures, les réactions ne se sont pas fait attendre ! Le Samu social, où les agents ne travailleraient qu’un jour sur deux, a été rapidement lâché par le maire de la ville qui a désigné le directeur « comme seul responsable de cette organisation illégale » et, dans la foulée, en portant plainte… contre X.

 

Le Samu social, où les agents ne travailleraient qu’un jour sur deux, a été rapidement lâché par le maire de la ville

 

Le directeur général des services est rapidement monté au front en répondant à une interview du quotidien local qui titrait : « Les agents devront faire 40 heures de plus » ! Interrogé donc sur le fait de savoir si les agents municipaux allaient devoir « faire » leurs 1 607 heures annuelles, Jean-Claude Gondard répondait : « Nous allons rétablir l’heure légale. Les 1 567 heures ont été revotées en décembre mais, cette fois, le contrôle de légalité conteste cette dérogation. Donc, d’ici deux mois, les agents devront travailler 40 heures de plus par an. Nous ne voulons pas de grève, mais il nous faut respecter la loi. Pour les agents, c’est bien simple : ou bien ils discutent avec nous, ou bien ils le feront devant la police judiciaire ».

 

Lire aussi : Habillage, pause, trajets : comment bien calculer son temps de travail

 

On ne peut que noter le changement de ton, devenu assez virulent, ce qui en soit est une nouveauté dans une ville longtemps connue pour être assez conciliante avec certaines places fortes syndicales (suivez mon regard…). À moins qu’il ne s’agisse que d’un élément visible d’un iceberg de négociations qui engloberaient bien d’autres choses. Mais on est mauvaise langue…

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