publicité

Des formules d’abonnement
sur mesure 

Le burn out, ou syndrome d’épuisement professionnel touche de plus en plus d’agents et de cadres, dans le privé comme dans le public. La faute à qui ?

Mireille, 41 ans, attachée, témoigne : « Un matin, je n’ai pas pu me lever. C’est comme si mon corps m’avait lâché, je ne pouvais plus rien faire, je n’ai même pas pu appeler un médecin, c’est mon mari qui a dut le faire à ma place ». Sous le coup de stress répétés depuis plusieurs années, elle pensait pouvoir « tenir le coup », comme nombre de cadres de collectivités ou du secteur privé. Et patatra…Un jour c’est la catastrophe. Et l’arrêt maladie assuré pour plusieurs mois.

L’effet du stress à répétition
Le burn out est un véritable syndrome « d’épuisement » : les victimes de cette maladie professionnelle vont s’épuiser mentalement et physiquement en essayant d’atteindre des objectifs irréalisables ou d’accomplir des tâches qui leur semblent de plus en plus insurmontables. Pour les victimes, il semble arriver d’un coup, un matin au réveil, mais c’est le résultat d’un stress répété, d’une tension continue sur de longs mois ou plusieurs années.
Quant aux « victimes », elles n’ont pas de profil particulier, même si les professions liées au secteur social sont très touchées, et si certaines personnalités très anxieuses ou perfectionnistes peuvent être plus facilement touchées. Celles qui n’ont plus d’appui extérieur, de lieu où « déposer » leur parole seront aussi plus sensibles au stress : personnes seules, divorcées, touchées par la maladie. Certains cadres sous pression ont trouvé des alternatives grâce à un coach ou un psy chez qui ils trouvent recul et réconfort mental.

Quels symptômes ?
Les symptômes du burn-out sont nombreux. Une grande fatigue tout d’abord, qui ne passe ni avec le sommeil, ni avec les vacances, et puis un sentiment diffus de déprime, d’épuisement mental, de démotivation, un sentiment d’être nul, incompétent, une certaine irritabilité. Des troubles psychosomatiques peuvent accompagner ces symptômes et ils sont nombreux : migraines, maux de ventre, douleurs de dos, perte ou prise de poids, addictions…attention, la dépression vous guette. Certains s’épuisent même au point d’y laisser leur peau. Karoshi en japonais désigne « la mort subite par épuisement nerveux au travail », causée par une crise cardiaque. Le phénomène a été observé pour la première fois au Japon à la fin des années 1960.
Le stress entraîne d’ailleurs des modifications physiologiques importantes : Une quinzaine de marqueurs sont sous la loupe des chercheurs, incluant les taux sanguins de cortisol, d’insuline, de protéine C-réactive, de cholestérol et de triglycérides, de même que la tension artérielle et le rapport tour de taille/tour de hanche. Il semble que sous l’effet du stress chronique, un fin dérèglement de plusieurs systèmes hormonaux se produirait en même temps, causant obésité, maladies cardio-vasculaires et diabète.

A quel moment je m’inquiète ?
Si vous répondez oui à 80% de ces questions, il est temps de consulter :
- Vous vous fatiguez vite et avez du mal à vous lever le matin.
- Vous travaillez beaucoup mais votre rendement est mauvais
- Vous avez l’impression que personne ne remarque vos efforts ;
- Vous devenez désabusé ;
- Vous oubliez parfois vos rendez-vous ;
- Vous êtes de plus en plus irritable ;
- Vous vous coupez de votre famille et de vos amis intimes.
Le burn-out peut avoir des répercussions fortes sur la vie privée. Comment un conjoint peut-il supporter sur le long terme une personne en souffrance ? Quelqu’un d’irritable, de fatigué, de démotivé, de négatif ? Rares sont les couples qui y survivent. Le conjoint n’est pas un thérapeute.

Première cause de longue maladie
En Europe, un cas d’absentéisme sur deux est causé par le stress chronique, d’après un rapport de l’Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail paru en 2009. Cela est sans compter les effets du présentéisme : être présent au travail, mais absent d’esprit, car on souffre physiquement ou psychologiquement ; le rendement est alors mauvais.
Depuis le début des années 1990, les problèmes de santé psychologique au travail augmentent de façon drastique : épuisement professionnel, dépression, stress post-traumatique, troubles anxieux, etc. Aujourd’hui, le stress est la première cause d’absence prolongée du travail, couramment appelée « invalidité de longue durée ».

Du point de vue biologique, on ne sait pas exactement ce qui mène à l’épuisement professionnel. Mais des pistes se dessinent : tous les travailleurs qui traversent une période d’épuisement sont en situation de stress chronique. Il s’agit donc d’un important facteur de vulnérabilité. La grande majorité a une charge de travail élevée, à laquelle s’ajoutent l’une ou l’autre des sources de tension suivantes :
- Manque d’autonomie : ne participer à aucune ou à peu de décisions liées à sa tâche.
- Déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance obtenue de la part de l’employeur ou du supérieur immédiat (salaire, estime, respect, etc.).
- Faible soutien social : avec le supérieur ou entre les collègues.
- Communication insuffisante : de la direction aux employés, concernant la vision et l’organisation de l’entreprise.
- Peu importe les sources de stress au travail, il se produit un déséquilibre entre la pression subie et les ressources (intérieures et extérieures, perçues ou réelles) dont on dispose pour l’affronter.
Peu importe les sources de stress au travail, il se produit un déséquilibre entre la pression subie et les ressources (intérieures et extérieures, perçues ou réelles) dont on dispose pour l’affronter.

Se faire aider
Pour s’en sortir, il faut se faire aider. Un thérapeute est souvent la solution, pour effectuer un travail sur soi, comprendre comment et pourquoi on en est arrivé là, quelles sont ses limites, comment les respecter et les imposer aux autres. Ce travail est souvent l’occasion de replonger dans ses aspirations professionnelles profondes, et savoir si l’on est bien dans son poste actuel, si on sait déléguer, si on sait dire non, et le cas échéant, pourquoi…
Il faut distinguer burn-out et dépression. Dans le burn out, c’est le stress chronique qui est à l’origine du mal-être, ce qui n’est pas forcément le cas pour la dépression. Mais les deux ont souvent des répercussions semblables et se soignent avec thérapies et/ou médicaments…
Mais avant d’en arriver là, veillez à tous les signes annonciateurs.

A lire sur ce thème notre article « « Burn-out » : sonnez l’alarme ! »

Pas de commentaire

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Tous les champs sont obligatoires (votre adresse e-mail ne sera pas publiée)

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité