Un « choc de service public » pour les territoires de relégation de la République

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MAIS QUE FAIT LA POLICE ?

 

Un « choc de service public » pour les territoires de relégation de la République

14/05/2018 | par Nicolas Braemer | Actualités

518_edito ©TristanBM - adobestock

Les propositions du rapport Borloo sont les bienvenues. Nous avons besoin, comme le propose l’ancien ministre, d’un « choc de service public ». Mais nous avons aussi besoin de trouver les moyens de ce « plan de réconciliation nationale » qui nous permette de faire à nouveau République.

Voilà donc que Jean-Louis Borloo réapparaît et, disons-le, il y a eu pire retour. Sa parole a la triple qualité d’une connaissance aboutie de son sujet, d’une indéniable liberté de propos et d’un parler « cash » qui rompt agréablement avec la novlangue exaspérante et déconnectée des réalités à l’œuvre depuis un an.

 

Une nécessaire « action radicale »

L’ancien ministre a infiniment raison d’aborder de manière prioritaire la question de la sécurité publique, en demandant un « renforcement radical » de l’action policière, moyens humains et investissements à l’appui. Réjouissons-nous aussi qu’il mette sur la table la nécessité d’avoir des forces de police à l’image des populations qu’elles protègent : cela sonne d’autant plus comme une évidence qu’on en est aujourd’hui très éloigné. Je souligne cependant sur ces questions à quel point on continue de payer lourdement la suppression de la police de proximité, mesure idéologique dont on n’a pas fini de mesurer les dégâts.

 

L’ordre républicain est nécessaire, mais n’est rien
si la République n’est pas l’unique objectif de cet ordre

 

Mais s’il y a lieu de renouveler et de renforcer radicalement la sécurité publique dans les « quartiers », méfions-nous d’une approche qui se limiterait à cet exercice. L’ordre républicain est nécessaire, mais n’est rien si la République n’est pas l’unique objectif de cet ordre. C’est-à-dire si le « retour » des forces de police n’est pas envisagé comme le retour d’une composante essentielle des services publics.

 

En finir avec la ségrégation

Or, il n’y a pas que la police qui souffre dans les quartiers : santé publique, administration de l’État, services postaux, culture… la présence et l’accès à l’ensemble des services publics sont en souffrance, voire ont simplement disparu. Et l’on sait que quand on les réduit, ceux qui en souffrent le plus sont ceux qui en ont le plus besoin : habitants des zones de relégation rurales et urbaines, personnes âgées, femmes seules…

 

Lire aussi : Police municipale : état d’urgence !

 

Les services publics ne résoudront rien à eux seuls face à la puissante logique de ségrégation que la République a laissé s’installer depuis des décennies sur ses territoires. Si l’on peut reprocher à Jean-Louis Borloo de découvrir que « des forces de relégation territoriale et de désagrégation sociale sont à l’œuvre », on peut aussi lui savoir gré du choix de ses mots : c’est bien d’un « plan de réconciliation nationale » dont nous avons besoin aujourd’hui.

Pour en prendre conscience et terminer ce propos, revenons sur le chiffre effarant relevé par Jean-Louis Borloo, qui en dit long sur le caractère virtuel de la « priorité » dont bénéficient nos quartiers prioritaires : « la moitié des quartiers prioritaires de la ville n’ont pas d’éducateurs de prévention spécialisée ». Sans commentaires…

 

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