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EN PLEINE LUMIÈRE

 

Les élus parisiens jouent carte sur table

01/06/2018 | par Stéphane Menu | Actualités

S ©alfexe - adobestock

Anne Hidalgo entend faire de la transparence de la vie publique une priorité de son mandat. Depuis le mois de janvier 2018, les élus peuvent publier leurs rencontres avec des lobbyistes sur un site dédié.

En novembre 2017, dans un souci de transparence et d’exemplarité, Anne Hidalgo a proposé aux élus du Conseil de Paris d’aller au-delà de la loi Sapin II en offrant la possibilité à l’exécutif municipal et aux maires d’arrondissement de déclarer en ligne leurs rendez-vous avec les représentants d’intérêts relevant du registre de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Concrètement, la loi, qui rentrera en vigueur à partir de juillet 2018, impose aux lobbies de déclarer leurs rendez-vous avec des élus. La Ville de Paris a souhaité faire un effort de réciprocité, en permettant aux élus eux-mêmes de déclarer leurs rendez-vous sur une plateforme dédiée et ce depuis le début de l’année 2018.

 

Sur le site dédié, les élus jouent le jeu, même si
un rendez-vous avec untel n’indique pas grand-chose
de ce qu’il a pu être dit

 

L’association Transparency international a accompagné la Ville de Paris dans la mise en œuvre de ce nouveau dispositif. Les Parisiens peuvent savoir qui rencontre qui à n’importe quel moment en se rendant sur la plateforme dédiée (1). « Nous sommes convaincus que la transparence est indispensable à l’exercice de la démocratie par les citoyens et permettra de renforcer la crédibilité de l’action publique », salue Mao Peninou, adjoint à la maire de Paris en charge du fonctionnement du Conseil de Paris, qui a coordonné la mise en place de ce dispositif.

 

Lire aussi : Plus de transparence pour, enfin, plus de démocratie réelle ?

 

Pendant ce temps, Transparency juge Macron…

Sur le site dédié, les élus jouent en effet le jeu, même si le fait qu’untel ait un rendez-vous avec untel n’indique pas grand-chose de ce qu’ils ont pu se dire. Mais c’est déjà un premier pas. « Nous sommes les premiers en France à rendre public les rendez-vous des élus locaux avec les représentants d’intérêts », poursuit l’élu. C’est en effet déjà un premier pas, qui en appelle d’autres. Récemment, l’ONG Transparency international a jugé sévèrement la première année de présidence d’Emmanuel Macron en matière de lutte contre la corruption.

 

L’association Transparency international a accompagné la Ville de Paris dans la mise en œuvre de ce nouveau dispositif

 

Dans son rapport, Transparency juge « le bilan du président de la République (…) mitigé et contrasté. Si les premières pierres ont bien été posées grâce à la loi de confiance dans la vie politique, il ne faudrait pas que le chantier s’arrête brusquement ». Si elle salue des avancées positives (interdiction des emplois familiaux, fin de la réserve parlementaire, réforme encadrant les frais de mandat actuellement en cours, etc.), l’ONG reste sur sa faim concernant l’indemnité de frais de représentation de mandat (Irfm), dont elle conteste le fait qu’elle soit contrôlée par des déontologues intégrés au Parlement. Transparency préférerait que « l’Irfm soit dépensée en toute transparence ».

Emmanuel Macron rouvrira-t-il le chantier avant la fin de son mandat ? Aux élus territoriaux, peut-être, de prendre la relève…

 

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