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Saga : l’avenir de la FPT, saison 2018-2019

23/07/2018 | par Annie Letty Keribin | RH

saga_question ©alphaspirit - adobestock

Recrutements, contractuels, concours, avancement, formation, reconversion... Le statut des agents territoriaux est au centre des attentions. Mais se pose-t-on les bonnes questions ? Voici quelques suggestions pragmatiques d'une responsable de centre de gestion qui mériteraient qu'on s'y attarde ...

À l’hôtel, seule au petit-déjeuner, je consulte sur mon portable les matinales RH du jour avec gourmandise… Des titres m’interpellent : tableau au vitriol de ma compatriote bretonne Marylise Lebranchu, ex-ministre, envers la « noblesse » d’État devant la commission d’enquête sénatoriale sur la Haute fonction publique d’État ; action publique 2022 : le rapport des experts mis au placard ; action publique : décideurs et agents publics, pas assez d’audace et d’innovation !

Serait-ce une invitation à exprimer mon avis de territoriale de base (n’engageant que moi) sur le recrutement et la reconversion (même si je fourmille d’idées sur les autres thèmes de réforme que sont le dialogue social et la rémunération) ? De ma lunette d’observation et d’actions d’un CDG provincial, que vois-je ?

 

Des difficultés à recruter

Même en territoire « attractif », on a pléthore de concours et examens onéreux à organiser, des lauréats sans poste (reçus collés) en concurrence avec des contractuels que leurs élus employeurs veulent titulariser (et oui !), des fonctionnaires nommés sur le premier grade de cat. C accessible sans concours (80 % des effectifs de la FPT) sur des emplois aux responsabilités bien au-delà de leur grade (pour éviter un CDD), masquant leur qualification réelle et le niveau des fonctions exercées. Les collectivités recrutent au regard de compétences métiers, pas souvent détectées par les concours traditionnels : contrairement à la FPE, la période de stage et ses deux semaines d’intégration ne forment pas à l’emploi… Il arrive donc, pour disposer du bon profil, qu’elles se contorsionnent pour entrer dans l’un des cas dérogatoires de recrutement de contractuel.

 

Combien de « vrais externes » lauréats des concours ? Est-ce encore un moyen de sélection à l’emploi public ou plutôt une régularisation d’accès au « fonctionnariat » ?

 

Levons nombre d’hypocrisies et prenons en compte cette spécificité de la FPT. Combien de « vrais externes » lauréats des concours ? Est-ce encore un moyen de sélection à l’emploi public ou plutôt une régularisation d’accès au « fonctionnariat » ?

Ne vaudrait-il pas mieux, pour les finances publiques, la frustration des reçus-collés, voire la survie du statut, imaginer d’autres solutions moins onéreuses, garantes de transparence et d’objectivité :

- permettre des recrutements de fonctionnaires sur titres (et non des concours sur titres nécessitant d’auditionner tous les candidats pour quelques postes) pour au moins les professions réglementées et celles à technicité particulière et faibles effectifs ;
- instaurer des examens d’accès pour les contractuels en poste, sous condition d’ancienneté ;
- assouplir les modalités d’avancement en remplaçant les concours internes par des examens professionnels à validité nationale. Ces dispositifs seraient pilotés par les CDG, tiers de confiance neutres reconnus, afin de déporter les sélections et éviter toute suspicion.

 

Lire aussi : Les 40es Rugissants du PPCR et du Rifseep impactent l’équipage à la manoeuvre

 

Un caillou dans le moteur de la reconversion

La FPT va disposer de tout l’arsenal réglementaire du compte personnel de formation (CPF) et de la période de préparation au reclassement suite à inaptitude : les droits et la procédure sont au top (facile, « adaptation sommaire » des dispositifs étatiques…) ; en revanche le financement repose toujours sur les seuls moyens et volonté de l’employeur d’origine, quelle que soit sa taille.

 

Que dire du coût, au-delà du gâchis humain, d’agents investis sur un projet dont l’élan est stoppé net, faute de pouvoir le financer ?

 

Ces dispositifs ne seront efficaces et ouverts à tous, sans discrimination, qu’en mutualisant le financement des frais associés (bilans, frais d’inscription, déplacement, salaire…) à un niveau adapté (CDG, CNFPT ?), contre une cotisation raisonnable, à l’instar de l’ANFH pour la FPH et du Fongecif (ou son successeur) pour le privé, et des fonds de la CDC (un agent reconverti dans le public ou le privé ne finira pas sa carrière en invalidité). Ceci générera in fine, des économies : en effet, que dire du coût, au-delà du gâchis humain, d’agents investis sur un projet dont l’élan est stoppé net, faute de pouvoir le financer ? Le découragement et la dépression les guettent, conduisant à des arrêts longs…

 

Dénouement en 2019 ?

Chaque jour, la saga continue, passionnante : foisonnement de contributions plus ou moins partisanes ou autocentrées, tests et provocations bonnes et moins bonnes idées… Chacun y va de sa vision, de sa fake news ! Dernière saison et dénouement législatif en 2019 : avec peut-être une de mes propositions ?

 

Lire aussi : Monsieur le président

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