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SOS

 

Devant l’urgence écologique, il faut frapper vite et fort

28/08/2018 | par Nicolas Braemer | Toute l'actualité

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Il est peut-être déjà trop tard, mais l’urgence écologique nous commande d’agir vite et fort. La France peut et doit prendre l’initiative d’une politique d’interdiction de tous les produits qui menacent gravement notre environnement. Il s’agit de prendre notre part d’un combat indispensable, mais aussi de donner l’exemple.

En matière écologique, cet été nous a montré de multiples exemples de l’absolue urgence qu’il y a à agir. Le réchauffement climatique frappe désormais les pays du Nord, les images des mers de matière plastique circulent à l’envi, la toxicité des herbicides est désormais reconnue, y compris par la justice américaine…

À force de déni et d’atermoiement, la réalité devait nous « cogner » de plein fouet. C’est en train d’arriver.

 

12 milliards de tonnes de déchets plastiques en 2050

Le temps est fini des demi-mesures, des moratoires, des plans à 20 ans, des substitutions progressives. Il faut agir vite, interdire définitivement, taper au portefeuille, faire plier les puissants. Bref, frapper fort. Et la France doit le faire immédiatement, seule s’il le faut.

 

La France y gagnerait à regarder lucidement l’échec de sa réponse historique par le recyclage

 

Parlons du plastique. Sur notre planète, les chiffres donnent le tournis : 5 000 milliards de sacs en plastique consommés par an dans le monde, 10 millions par minute, des mers de plastique dans le Pacifique qui font trois fois la taille de la France, une production mondiale qui a augmenté de 40 % en onze ans et aboutira à 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges et l’environnement à l’horizon 2050. Ça vous suffit ? Et la France y gagnerait à regarder lucidement l’échec de sa réponse historique par le recyclage. D’abord parce qu’elle n’y excelle pas : nous n’avons recyclé qu’un quart des déchets d’emballage plastique en 2016. Ensuite parce que, même avec de meilleurs résultats, le recyclage n’est qu’un cautère sur une jambe de bois, notamment devant l’inventivité sans limite du marketing alimentaire. Quelle autre solution que d’envisager une interdiction massive et rapide de tous les produits plastiques à usage unique : pailles, couverts, bouteilles, assiettes, sacs ?

 

Lire aussi : San Francisco : la ville presque zéro déchet

 

Un changement brutal de stratégie

Et il nous faudra aussi agir de la même manière dans d’autres domaines : pollution atmosphérique et industrielle, pesticides, perturbateurs endocriniens… À chaque fois, les impératifs de santé et de préservation de l’environnement ont été sacrifiés devant les intérêts des puissances industrielles et financières, et, aussi, les habitudes et les conservatismes. L’urgence écologique nous impose désormais un changement brutal de stratégie : on a interdit les sacs plastiques à usage unique, on peut interdire les bouteilles en plastique (comme San Francisco dès 2015), on peut aussi interdire le glyphosate (comme le Salvador et le Sri Lanka), les véhicules diesel (comme le Danemark).

 

Il s’agit à la fois, dans un sursaut humain et citoyen, de prendre notre part de décisions salvatrices et indispensables

Nous n’avons plus le temps. Il s’agit à la fois, dans un sursaut humain et citoyen, de prendre notre part de décisions salvatrices et indispensables qui devraient être prises par tous, d’engager dès maintenant des actions qui amélioreront notre environnement et sauveront des vies et des écosystèmes. Il s’agit aussi, un peu, de montrer l’exemple.

 

Voir notre dossier : Déchets, tri : la France à la ramasse

 

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