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POLYCHROME

 

Parlons de fiscalité écologique

22/11/2018 | par Nicolas Braemer | Toute l'actualité

523-gilet-jaune.AdobeStock_152512516 ©Barrington - adobestock

Comme tout phénomène qui déroute médias et politiques, les gilets jaunes sont l’objet de nombreuses spéculations. Sur leur nature d’abord, qu’on devrait se garder d’établir avec certitude. Sur les réponses qu’on leur apporte également, où l’hypocrisie coule à flots.

Parlons donc des gilets jaunes, puisque c’est le sujet du moment. Parlons donc des gilets jaunes, mais pour dire quoi ?

 

L’essence, mais pas seulement

On peut avancer que les commentateurs (et les politiques que ça arrange) qui y voient une manifestation de la France populaire ne savent rien de la composition sociologique de ce mouvement. On y a vu des retraités, des jeunes, des hommes… mais rien qui nous dise le niveau de revenu des manifestants, le montant des impôts qu’ils payent…

On peut juste constater que les blocages ont eu l’air d’avoir lieu davantage sur les ronds-points que dans les quartiers Nord de Marseille ou les banlieues de Seine-Saint-Denis. En tout état de cause, le caractère populaire, l’appartenance (ou pas) aux classes moyenne reste à établir.

 

Le sentiment tenace de n’y rien pouvoir, d’être démunis face aux lois du marché, compte sans doute beaucoup dans cette colère

 

La colère est là, mais contre quoi ? Le prix de l’essence, certainement, mais pas seulement. On connaît tous des familles qui ont dû s’éloigner du centre-ville pour se loger dans des conditions de confort et de coût vivables. Alors forcément pour elles, c’est la double peine : non seulement leurs trajets domicile-travail s’allongent, mais ils finissent par leur coûter plus cher. Et tout cela avec un sentiment tenace de n’y rien pouvoir, d’être démunis face aux lois du marché, qui compte sans doute beaucoup dans cette colère.

 

Ras le bol

Mais revenons aux causes et réponses : ce mouvement est aussi assis sur des bases très « anti-impôts », ce qui heurte les défenseurs que nous sommes de services publics financés par une contribution proportionnelle aux revenus de chacun.

Comme tous les gouvernements qui ont fait de même par le passé, le gouvernement a commis de ce point de vue un péché originel en supprimant l’impôt sur la fortune. En libérant les plus riches de milliards d’euros de contribution au bien public, il ne pouvait que rendre encore plus insupportable le ras-le-bol de ceux qui se préoccupent en début de mois de leur reste à vivre en baisse constante. Comme tous les gouvernements qui ont fait de même par le passé, il risque d’en payer le prix fort.

 

Il aurait mieux valu taxer les plus gros contributeurs à la pollution atmosphérique : industriels, pétroliers, transporteurs maritimes et aériens en tête

 

Enfin, et ce n’est pas rien, il faut aussi rétablir quelques vérités sur la fiscalité. Mettre en avant cette dernière pour justifier l’augmentation des taxes sur l’essence pour les particuliers est pour le moins spécieux, surtout de la part de ceux qui ont poussé dehors Nicolas Hulot il y a quelques mois. Il aurait mieux valu taxer ceux qui sont les plus gros contributeurs à la pollution atmosphérique : industriels pétroliers, transporteurs maritimes et aériens en tête. Alors il aurait été légitime de dire que la transition écologique passera, un jour et nécessairement, par un nouveau rapport à la voiture individuelle.

 

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