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Le rythme fou des réorganisations : des territoriaux à bout de souffle

11/12/2018 | par Emilie Baudet | E=MC²

523-dossierrythme_fou © pathdoc - adobestock

Les quatre cinquièmes des collectivités ont connu des réorganisations ces cinq dernières années. Une cadence infernale qui implique certains rythmes managériaux. Pas facile de manager dans l'instabilité...

Imputées au changement de pratiques ou aux recompositions, les réorganisations suivent un rythme fou dans les collectivités. Au grand dam des territoriaux.

« Nous sommes dans un environnement liquide jamais stabilisé » analyse Emmanuel Gros. En effet, la dernière réorganisation des services date de moins de 2 ans dans 63 % des collectivités – un chiffre stable par rapport à 2016 qui confirme la tendance du rythme extrêmement soutenu.

 

Les transformations sont permanentes, au point de devenir la norme

 

Et si l’on étend les délais aux 5 dernières années, 88 % des collectivités sont concernées par les réorganisations. Les transformations sont permanentes, au point de devenir la norme.

 

« Les agents ont besoin de se poser »

Or, de fortes présomptions existent entre l’incertitude vécue par les agents et leur niveau de mal-être ou de stress. Ainsi les agents des conseils départementaux (un échelon dont l’avenir semble particulièrement menacé) se déclarent-ils encore plus stressés que leurs pairs (1).

« À chaque cycle, la nouvelle équipe veut marquer le début de mandat et les équipes DG veulent marquer leur empreinte. Mais je pense que ces réorganisations incessantes représentent un risque. On en oublie leur raison d’être (pourquoi ?), quel est le sens ? Les agents ont besoin de se poser. Il faut que l’on fasse attention à ne pas perdre le sens » détaille Harmony Roche de l’AATF.

 

« Il faut arrêter les réformes territoriales, on n’a jamais le temps de consolider ce qui est fait. On n’attend même pas de savoir si ça fonctionne »

 

Une instabilité permanente

Le monde des collectivités est en permanence en mouvement depuis les premiers mouvements de décentralisation et a fortiori dans les dernières années. « Pas une année sans transfert de compétences depuis la loi Notre. Notre instabilité est liée à l’environnement national : il faut arrêter les réformes territoriales, on n’a jamais le temps de consolider ce qui est fait. On n’attend même pas de savoir si ça fonctionne », ajoute le SNDGCT.

Cette dimension est largement évoquée par les territoriaux dans leurs aspirations pour l’avenir puisque la stabilité est l’un des 6 axes les plus cités. Et elle se joue à un double niveau : davantage de stabilité législative et plus de cohérence dans les choix internes (politiques ou organisationnels). À bon entendeur…

 

 

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