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Ayez confiance…

28/01/2019 | par Eric Landot | Toute l'actualité

business leadership, teamwork power and confidence concept ©ronstik - adobestock

Dans la crise institutionnelle qui touche tous les élus, peut-être serait-il intéressant de revenir aux sources philosophiques de notre démocratie. Notamment à Jean-Jacques Rousseau.

« Ayez confiance », disaient les Guignols de l’info au temps de leur apogée. Rétablir la confiance entre les habitants et l’administration était un des objectifs de la loi Essoc du 10 août 2018. Elle était au cœur du dernier rapport du Conseil d’État.

Elle sera la trame même du Grand débat organisé par l’État en s’appuyant sur les maires. Gilets jaunes obligent. Est-ce une mode qui sera vite remplacée par une autre mode ? Non. Car rétablir la confiance est une difficulté de fond devenue urgente.

 

Une lente dégradation

Un sondage réalisé par la société Opinion way pour Sciences Po Paris (Cevipof), en décembre 2017, montrait déjà combien la confiance dans les administrations était en chute libre. Les collectivités territoriales se réjouissent de se voir plus aimées que l’État, mais cela ne cache pas une lente dégradation de cette cote d’amour.

Un an et quelques gilets jaunes après… la situation s’est encore dégradée comme une réédition de ce même sondage l’a démontré.

 

Un peu de bienveillance, d’écoute, de pédagogie, s’impose

 

En sus, d’autres mouvements travaillent la société : 79 % des Français croient à au moins une théorie du complot répandue (Ifop pour la fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch) ; la moindre mixité des quartiers, conduisant à une moindre mixité sociale dans l’éducation et les sociabilités, même s’il importe sur ce point de ne pas mythifier le passé ni de méconnaître les intérêts des regroupements par affinités dans les quartiers ; la perte des autres lieux de brassage social qu’étaient les mass-media d’avant les réseaux sociaux ou encore le service national ; la culture du conflit, du « clash » (les tensions étant bien moins canalisées par les mouvements politiques, associatifs ou syndicaux) ; la crise multifactorielle de la citoyenneté en tant que telle, prise du point de vue du citoyen.

 

Chacun à son poste

Au stade de nos enquêtes publiques, de nos procédures internes, de nos politiques éducatives et/ou sociales, du suivi des dossiers, un peu de bienveillance, d’écoute, de pédagogie, s’impose. Inversement, un sens de la discipline et du devoir est à rétablir à l’heure où les pétitionnaires, les parents, les administrés se croient autorisés à tous les clashs. Le droit d’aujourd’hui nous pousse à une prudence paranoïaque alors que refaire société ensemble conduit à ce qu’une autre attitude, plus ouverte, plus calme et plus confiante, s’impose.

Comment dépasser, domaine par domaine, cette contradiction ? Cette tâche peut sembler impossible. Mais retisser les liens de notre société impose de dépasser, de maîtriser, les enjeux de cette contradiction. Tous. Tous ensemble. Chacun à son poste.

 

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