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PAS À UNE INCOHÉRENCE PRÈS

 

Ça nous changerait

30/04/2019 | par Nicolas Braemer | Actualités

Farbiges Schaf 1: Pink ©Carola Vahldiek - adobestock

Voilà donc que nous avons les réponses présidentielles en conclusion du Grand débat. On ne fera pas ici la critique détaillée de chaque annonce, mais on se contentera de parler de la fonction publique.

Tout d’abord, disons que les conclusions de ce débat, qui avait été créé comme une réponse politique à la crise des Gilets jaunes, et les propositions sur lesquelles elles débouchent, se confrontent à la réalité de ce qui est déjà fait.

 

Le discours d’un côté, les actes de l’autre

On promet plus et mieux de service public ET EN MÊME TEMPS, on « réorganise » drastiquement les effectifs de la Direction générale des finances publiques, supprimant des dizaines de trésoreries locales. ET EN MÊME TEMPS, on propose que tout cela soit compensé par des maisons locales de services publics, dont on sait que celles qui existent déjà souffrent de problème vitaux de financement.

 

On numérise à marche forcée sans se soucier de ceux qui ne peuvent pas prendre le train en marche

 

On promet plus et mieux de service public ET EN MÊME TEMPS, on explique (enfin, la ministre de la Santé explique) que la crise majeure des urgences hospitalière et les mouvements de grèves, notamment à Paris, ne sont « pas liés aux conditions de travail ». On promet plus et mieux de service public ET EN MÊME TEMPS on a commencé par geler le point d’indice et instaurer des jours de carence pour les congés maladie. On promet plus et mieux de service public ET EN MÊME TEMPS on numérise à marche forcée sans se soucier de ceux qui ne peuvent pas prendre le train en marche.

Le président de la République a certes semblé lâcher du lest sur la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, prenant enfin conscience de la contradiction essentielle qu’il pouvait y avoir entre cette mesure et la reconstruction d’un service public de qualité.

 

Lire aussi : Faire mieux, différemment et avec moins d’agents

 

Et si on faisait de vrais projets ?

Car, disons les choses comme elles sont : promettre plus et mieux de service public, ça ne peut pas se faire avec moins de moyens, moins de fonctionnaires, moins d’égards à leur intention. Depuis des décennies, ils sont des boucs émissaires de tous les dysfonctionnements de l’État et des collectivités. Et plus ils sont bas dans l’échelle, plus ils sont pointés du doigt. Il faut que cela cesse.

 

Promettre plus et mieux de service public, ça ne peut pas se faire avec moins de moyens, moins de fonctionnaires, moins d’égards à leur intention

 

Et si, au lieu de vilipender les fonctionnaires, on lançait des projets ambitieux au service de l’hôpital, l’école, l’accès à la citoyenneté, du sport, de la transition énergétique, la protection de l’environnement, la nourriture de qualité pour tous… Des projets qui prennent en compte tous les acquis de ces dernières années en termes de management public, de design des politiques publiques, de réponse innovantes aux besoins des populations.

Si on associait étroitement les fonctionnaires (du haut en bas de la hiérarchie) à la réussite de ces projets, comme s’ils en étaient des acteurs indispensables et non pas les responsables des difficultés. Bref, si on lançait un projet d’inclusion républicaine, auquel tout le monde, les plus riches comme les plus pauvres, devrait apporter sa contribution, par sa participation financière et citoyenne. Ça nous changerait.

 

Lire aussi : On n’améliorera pas le service public en stigmatisant les fonctionnaires

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