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C'EST TOUT VERT !

 

Grenoble fonce vers les 100% d’énergies renouvelables

27/05/2019 | par Stéphane Menu | Actualités

529-metrochaleur ©lassedesignen - adobestock

À l’occasion du renouvellement de sa DSP, la Compagnie de chauffage a défendu le projet d’un chauffage urbain alimenté en 2033 à 100 % d’énergies renouvelables. Un argument qui lui a permis d’obtenir un feu très vert des élus de Grenoble-Alpes Métropole.

Le 1er juillet 2018, Grenoble-Alpes Métropole a validé le nouveau contrat de DSP pour la gestion du chauffage urbain, le confiant au même prestataire, à savoir la Compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise (CCIAG). Mais ce n’est pas forcément l’esprit de continuité et la qualité du travail effectué qui ont valu à la SEM ce renouvellement.

 

100 000 équivalents logements sont alimentés par ce réseau de chaleur, déjà composé à 66,5 % d’énergies renouvelables

 

Certes, ladite SAEM présente le profil du bon compagnon de route, forte d’un partenariat qui dure depuis le début des années 1960 ! Mais, dans un contexte de transition écologique auquel les élus grenoblois sont sensibles, la copie du délégataire historique de la métropole a fait l’objet d’un examen attentif. Et un argument a fini par emporter l’adhésion des élus et les convaincre qu’il fallait poursuivre l’aventure : 87 % d’énergies renouvelables et de récupération composeront le mix énergétique de la CCIAG dès 2022 et 100 %, à l’horizon 2033.

 

MétroChaleur, la nouvelle marque

La Compagnie de chauffage a immédiatement réfléchi à la communication idoine pour valoriser sa nouvelle marque : MétroChaleur. Cette campagne de communication a été lancée au début du mois d’octobre 2018 pour informer le grand public que la métropole voulait réellement changer d’ère. Aujourd’hui, près de 100 000 équivalents logements (dont 47 000 logements et plus de 100 entreprises et administrations) sont alimentés par ce réseau de chaleur, composé d’ores et déjà à 66,5 % d’énergies renouvelables et de récupération. Sept communes sont concernées (Grenoble, Échirolles, Saint-Martin-d’Hères, Eybens, La Tronche, Gières et Pont-de-Claix).

 

Il faudra que la population fasse preuve de volontarisme pour dépasser la contrainte technique du raccordement

 

Directeur de la CCIAG, Thierry Duflot explique que « la chaleur de la Compagnie se diffuse auprès des habitants de logements sociaux, via les bailleurs, des locataires ou propriétaires dans le privé, à travers leur syndic et de nombreux bâtiments publics, centres commerciaux ou entreprises ». Tous les logements ne sont cependant pas alimentés par le chauffage urbain, certains recourant, plus ou moins contraints, au gaz individuel, d’autres à l’électricité ou au fuel. Des énergies individuelles dont les prix sont montés en flèche ces dernières semaines. Hausses qui ne devraient pas fléchir dans les prochains mois…

 

Lire aussi : Transition écologique : tous les outils sont là

 

Les défis à relever de l’extension du réseau

« En étant à la fois compétitifs sur les prix et écologiques, nous voulons accélérer la prise de conscience de nos concitoyens. De plus, le chauffage urbain bénéficie d’une fiscalité réduite depuis que son mix énergétique est composé à plus de 50 % d’énergies renouvelables et de récupération », affirme Thierry Duflot. Il faudra pourtant que la population sensible à ce discours écologique fasse preuve de volontarisme pour dépasser la contrainte technique du raccordement au réseau du chauffage urbain. Car, les services techniques de la CCIAG ne cessent de creuser pour raccorder ce qui peut l’être, la ville de Grenoble imposant un raccordement si un propriétaire, un bailleur ou une copropriété qui se trouvent à 150 mètres du réseau et si aucune difficulté insurmontable n’existe. L’extension du réseau doit prendre en compte la nécessité de ces raccordements, mais, dit Thierry Duflot, « le chantier peut s’avérer délicat si nous devons traverser la voie d’un tram, par exemple ».

 

Ce prêt permettra de financer une chaudière bois-énergie format XXL pour le réseau de chaleur principal

 

La Compagnie de chauffage a quelques années devant elle pour récupérer un complément de chaleur « propre ». « Aujourd’hui, l’eau chaude que nous fournissons dans le réseau est produite à partir d’énergies renouvelables à hauteur de 66 %, les 34 % restants sont formés par du charbon, du fuel ou du gaz. C’est ce ratio que nous nous engageons à diminuer, en maximisant les ressources futures proposées par les biocombustibles et la géothermie profonde », assure le directeur.

Deuxième réseau de chauffage urbain en France après Paris (composé à 50 % d’énergies renouvelables dans la capitale), la métropole grenobloise veut montrer la voie à tout le pays. Dans une ville densément constituée sur un plan urbanistique, le défi est ambitieux mais pas inatteignable.

 

Écologique et économique !
Une bonne raison de se raccorder à MétroChaleur ? La SAEM a sorti la calculette : le coût du chauffage dans un appartement de 70 m2 reviendrait en moyenne à 1 164 € par an pour un usager raccordé à un réseau de chaleur, contre 1 336 € pour du fioul collectif et 1 853 € pour un système électrique individuel.

 

Le coup de pouce de la Banque européenne d’investissement

Cette dynamique écologique propre à l’agglomération grenobloise est soutenue par la Banque européenne d’investissement (BEI) dont le vice-président, Ambroise Fayolle, était à Grenoble il y a quelques semaines. Il a confirmé l’octroi d’un prêt de 100 M€ dont les premiers versements sont déjà arrivés sur le compte de la métropole… En dehors du financement lié au chauffage urbain, ce prêt aidera Grenoble-Alpes Métropole à financer les nombreux chantiers de transition énergétique et écologique lancés à ce jour, édictée par un Plan Air énergie climat métropolitain qui concerne l’ensemble des politiques publiques, et notamment les services publics locaux de l’eau, de l’énergie, de la collecte, du traitement et de la valorisation des déchets. Près de 70 % des investissements de la métropole sont fléchés vers des travaux dont la finalité est l’amélioration de l’environnement.

Sont notamment concernés par ce prêt l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable, le traitement des eaux usées et la gestion des eaux pluviales d’une population de 450 000 habitants et 49 communes. Ce prêt offrira par ailleurs la possibilité de financer le remplacement d’une chaudière fioul par une chaudière bois-énergie format XXL pour le réseau de chaleur principal, l’enfouissement de lignes électriques mais également le renouvellement des bennes à ordures ménagères par des véhicules roulant au gaz naturel. Le coût total des projets est estimé à 237 millions d’euros pour lesquels la BEI contribue de façon notable.

« Nous sommes très engagés sur la diminution de la facture énergétique, à travers des dispositifs d’aides et de subventionnement comme MurMur sur l’agglomération grenobloise », confie Christine Garnier, vice-présidente déléguée à l’habitat, au logement et à la politique foncière. « Ce dispositif fonctionne plutôt sur les copropriétés mais moins sur les maisons individuelles, où l’aide à l’investissement est moins intéressante pour les propriétaires. Avec l’Alec (Agence locale de l’énergie et du climat), nous finançons pour les copropriétés le diagnostic énergétique complet, nous faisons des propositions de travaux, en suggérant de recourir à des entreprises labellisées », conclut-elle.

 

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