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QUADRATURE ?

 

Reclassement : la dure réalité

29/07/2019 | par Marjolaine Koch | Toute l'actualité

530-dossier1 © Andy Roberts - gettyimages

Le reclassement est une problématique urgente et prioritaire dans tant de collectivités : entre un personnel vieillissant et les contraintes sur la masse salariale, le combo devient explosif.

Depuis la parution du décret du 5 mars 2019, les fonctionnaires territoriaux inaptes à l’exercice de leurs fonctions bénéficient d’un droit à une période de préparation au reclassement d’une durée d’un an. Un changement significatif pour une problématique qui demande aux collectivités d’innover, en développant une gamme de solutions plus étendue afin que chacun y trouve son compte. L’objectif est clair : il faut parvenir à sortir de l’équation « mobilité égale problème ».

 

Des RH organisatrices

Et ce n’est pas encore gagné. Difficile en effet de devoir composer avec les baisses de postes et de dotation, d’être dans une logique de rationalisation, tout en soutenant les agents en transition professionnelle forcée.

Poussées notamment par ce type de décret, les RH se positionnent de plus en plus comme « organisatrices » des démarches et conseils individuels, tout en maintenant une vision collective. Dans le cadre de cette période d’un an proposée, des outils émergent dans les collectivités qui, selon leur taille, n’avaient pas toujours formalisé les parcours de reconversion.

 

Il faut parvenir à sortir de l’équation « mobilité égale problème »

 

Certaines d’entre elles ont choisi de développer un service spécifiquement dédié à la mobilité, contrainte ou choisie. Et il n’est pas toujours simple de faire cohabiter ces deux types de demandes, qui se font concurrence dès lors que certains postes sont préemptés pour les agents à reclasser, occasionnant parfois un sentiment d’injustice ou de frustration pour les candidats malheureux.

 

Lire aussi : Les fonctionnaires inaptes désormais préparés au reclassement

 

Réinsuffler de la confiance

En se tournant vers leur centre de gestion ou vers le CNFPT (1), les collectivités peuvent trouver des outils pour les guider dans les démarches d’accompagnement.

Certaines d’entre elles, comme Cannes, ont créé de véritables partenariats pour offrir un suivi très poussé de ces agents. Parfois « décrocheurs » malgré eux après des arrêts maladie en chaîne, en risque de précarité quand ils atteignent la fin de leurs droits, ils se trouvent fragilisés sur plusieurs tableaux.

 

L’agent n’est pas le seul à embarquer dans ce processus d’intégration

 

La prise en considération de la nécessité de réinsuffler de la confiance en soi, en travaillant en groupe, en accompagnant pas après pas, facilite grandement les chances de réussir une nouvelle intégration.

Mais l’agent en question n’est pas le seul à embarquer dans ce processus : les supérieurs hiérarchiques susceptibles de les accueillir le temps d’un stage d’immersion, par exemple, ou bien lorsqu’ils décrochent un nouveau poste, doivent eux aussi bénéficier de conseils et savoir faire remonter les informations pour contribuer à la bonne intégration d’une personne fragilisée dans son parcours.

 

Agir en amont

L’usure à des postes identifiés comme sensibles, notamment dans le secteur de la petite enfance ou de l’entretien, constitue la majeure partie des reconversions forcées. Si peu à peu l’accompagnement se met en place, les contraintes de plus en plus drastiques, dues aux baisses de dotations et au rognage des postes, induisent la nécessité de travailler la question des usures « prévisibles » beaucoup plus en amont.

Et c’est sur cet aspect qu’il faudrait maintenant déployer des efforts dans les collectivités : parvenir à éviter les dégradations physiques en étudiant précisément le quotidien de ces agents, en mettant en place des réponses pour éviter les troubles musculo-squelettiques, en les formant, en allégeant ou en répartissant certaines charges… Cette approche, qui demande une étude approfondie et de nombreuses discussions avec les agents concernés pour comprendre ce qui pourrait soulager leur quotidien, permettrait d’éviter un certain contingent de personnes reclassées.

 

Note

(01)À lire, le rapport du CNFPT de juin 2019, « Les dispositifs d’accompagnement des mobilités internes dans les collectivités territoriales. - Retourner au texte

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