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Savigny-le-Temple espère pouvoir dire adieu au glyphosate

09/09/2019 | par Nicolas Braemer | Toute l'actualité

glyphosate ©Ricochet64 - adobestock

La maire de cette ville de Seine-et-Marne va signer un arrêté d’interdiction de l’herbicide. Elle met en avant des arguments qui, elle l’espère, parviendront à convaincre le préfet de l’intérêt de la démarche.

La ville de Savigny-le-Temple, en Seine-et-Marne, vient à son tour de prendre un arrêté anti-glyphosate. La Seine-et-Marne, c’est ce département qui abrite à la foi le nouveau président des Jeunes agriculteurs, Samuel Vandaele, un céréalier peu connu pour son opposition aux pesticides, et le siège du Groupement des agriculteurs bio (GAB) d’Ile-de-France (qui nous avait largement aidés à réaliser notre dossier sur l’agriculture urbaine en mars 2018).

 

C’est aussi le département d’Ile-de-France le plus consommateur de produits phytopharmaceutiques et phytosanitaires, grandes exploitations céréalières obligent : 80,3 tonnes de glyphosate y ont été vendues en 2017 (loin devant les autres départements où on pratique l’agriculture à grande échelle : respectivement 40, 35 et 20 tonnes pour les Yvelines, le Val-d’Oise et l’Essonne.

 

« 4 motivations » pour convaincre

La maire de Savigny, Marie-Line Pichery, va donc signer un arrêté anti-pesticides au nom du « sauvetage de la planète et de la protection de la santé de ses habitants ».
 À l’heure où les arrêtés de la sorte se multiplient, rien de très exceptionnels, si ce n’est les « 4 motivations » sur lesquelles s’appuie la ville pour motiver cet arrêté (et dont elle espère qu’ils convaincront le préfet ou, sinon, les juges que cette décision est justifiée).

La ville affirme ainsi vouloir d’abord protéger les habitations et les riverains en lisière des champs, notamment un hameau « noyé » au milieu des cultures intensives agrochimiques de plein champ.

 

À quoi bon, dit-elle, quand la voie de chemin de fer du RER D est encore arrosée de pesticides

 

Elle veut ensuite contraindre la SNCF à abandonner les désherbants chimiques pour traiter les voies et les abords de la gare. La ville met en avant qu’elle est passée au zérophyto en cherchant des solutions alternatives : gestion différenciée des espaces verts (fauches tardives et prairies) ou mise en place de 3 sites d’écopâturage, deux solutions alternatives à l’usage des produits phyto. Mais à quoi bon, dit-elle quand la voie de chemin de fer du RER D et les terrains d’assiette de la gare de Savigny-Nandy sont encore arrosés de pesticides. De fait, la SNCF répand plus de 38 tonnes de glyphosate par an sur ses voies en France et peine à trouver des alternatives moins toxiques.

 

Cohérence

Savigny veut, également, protéger la nappe phréatique de secours parisienne, située sous les pieds des habitants et gérée par le Sedif.

 

Comment accepter le glyphosate, quand on développe le bio et les circuits courts ?

 

Enfin, elle affiche le besoin de cohérence : comment accepter le glyphosate, quand elle développe un objectif de « ville nourricière » bio en circuit court pour ses crèches et restaurants scolaires (la ville exploite trois sites de production maraîchère et arboricole bio en régie municipale).

 

 
Cattiau_Emmanuel
TÉMOIGNAGE
« Ce que nous avons voulu faire »
« Si l’on pense une ville comme un écosystème, la santé de cet écosystème est la première des motivations. Cela passe par la protection des ressources (l’air, l’eau et la terre), une alimentation de qualité pour tous dans nos crèches et nos cantines (le bio, c’est pas que pour les bobos !), des circuits courts (bilan carbone, traçabilité, rémunération juste des producteurs), une cohérence entre les discours et les actes et surtout l’assurance que nous pouvons changer les choses à notre échelle en faisant notre part.
Des communes pionnières nous ont montré la voie (comme Mouans-Sartoux et Lons-le-Saunier, pardon de ne pas toutes les citer), les expériences se sont diffusées chez les élus et les agents territoriaux grâce notamment aux groupements régionaux de la FNAB (Fédération nationale d’agriculture biologique), mais il faut passer aujourd’hui à la vitesse supérieure en prenant des mesures radicales pour basculer dans la systématisation de ces pratiques vertueuses tout en ne diabolisant pas les agriculteurs conventionnels qu’il faut accompagner vers la conversion et par le développement des filières pour ceux qui produisent déjà bio, ceux qui tentent de s’installer et les nouveaux convertis.

En cohérence toujours, le conseil municipal de ce mois de septembre examinera l’adhésion de la ville à la Coopbio Ile-de-France* pour aider au développement de l’approvisionnement en bio et local pour la restauration collective. »

Emmanuel Cattiau, DGS

*http://www.lacooperativebiodiledefrance.fr/

 

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