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Coronavirus : paroles de DGS à l’heure du confinement – jour 2

18/03/2020 | par Stéphane Menu | Toute l'actualité

empty asphalt road of a modern city with skyscrapers ©Adobestock

À l'heure du confinement, les DGS sont aux premières loges du service public local. Comment gèrent-ils leur administration ? Comment parlent-ils avec les services de l'État ? Comment font-ils face ? La Lettre du cadre est allée à leur rencontre.

À l’heure du confinement généralisé, décrété par l’État pour contenir la propagation du coronavirus, comment les collectivités territoriales s’organisent-elles en interne ? Comment répondent-elles aux exigences de continuité du service public ? Tout au long de cette période, nous vous proposerons les témoignages de fonctionnaires territoriaux sur la manière dont ils gèrent cette transition inédite.

 

« Maintenir quand même le lien avec la population »

Meira

Nathalie Meira, DGS de Lieusaint (13 291 habitants, Seine-et-Marne)

« C’est une crise inédite, que nous gérons au jour le jour, avec un flot continu d’informations qui impactent celles qui ont été actées la veille. Nous avons mis en place une cellule de crise. L’objectif est à la fois de faire en sorte que le service public soit rendu dans la mesure du possible tout en protégeant les agents. Avec du service minimum concernant la police municipale et l’accueil des enfants des personnels soignants qui ne peuvent les garder au regard des obligations professionnelles qui sont les leurs. Le nombre d’enfants inscrits fluctue. Nous les accueillons mais sans leur donner de repas, que les parents préparent au jour le jour. Nous avons par ailleurs mis en place un service d’astreinte pour les cadres, afin qu’ils puissent répondre aux demandes de la population.

La fermeture des lieux publics impactera tôt ou tard sur la vie sociale

Pour l’heure, la population semble accepter ce confinement. Mais la fermeture des lieux publics impactera tôt ou tard sur la vie sociale, qui est certes secondaire au regard de l’urgence sanitaire mais que les personnes âgées, les plus jeunes, apprécient. Je me mets aussi à la place des parents, qui auront bien du mal à assurer sur la durée la continuité éducative. Depuis ce midi (Ndlr, 17 mars, début du confinement généralisé), j’ai quelques agents avec moi. Nous avons un décès à gérer sur la commune (Ndlr, sans aucun lien avec le coronavirus). Nous devons aussi réfléchir au conseil d’installation du maire, élu au premier tour (Ndlr, Michel Bisson), qui aura lieu dimanche.

95 % du personnel administratif est en télétravail

95 % du personnel administratif est en télétravail sur les 300 agents que nous recensons. Pour ceux dont le métier n’est pas télétravaillable, nous avons organisé des roulements de service. L’activité est ralentie, certes, mais certains agents travaillent via des applications numériques sur l’avancement de certains projets. Je tiens toujours le même discours depuis le début : nous devons maintenir des liens entre nous, partager des choses, garder dans la mesure du possible le contact avec les habitants. C’est absolument capital ».

 

Vous êtes DGS, DGA, cadre, agent… vous voulez témoigner de ce que vous vivez au quotidien dans cette situation inédite de crise sanitaire ? Écrivez nous !

 

« Entre les services de l’État et nous, on s’adapte »

 

Mathias Trogrlic, DGS de Chambly (Oise)

« Nous avons été l’un des premiers territoires frappés par le Covid-19. Nous avons donc un peu d’avance sur d’autres communes en termes d’adaptation. Nos écoles sont déjà fermées. Les services municipaux sont déjà rodés à cette gestion de crise. Nous avons quelques soucis avec les personnels vacataires, qui interviennent dans les écoles et les centres aérés et que l’on ne paie plus.

Nous sommes entrés dans une phase de service public dégradé

Depuis ce midi (Ndlr, 17 mars), nous sommes entrés dans une phase de service public dégradé. Sur nos 160 agents, nous avons systématiquement une personne en astreinte et en télétravail par service. Ce qui signifie que ladite personne dispose du matériel informatique adapté chez lui. Nous voulions acheter quelques ordis portables mais les magasins sont désormais fermés. La plupart des agents sont confinés. D’autres assurent les tâches essentielles, comme le ramassage des déchets, l’entretien, même a minima, des espaces verts, etc. Nous organisons des services en binôme sur certains secteurs à entretenir, sur des périodes courtes dans le temps, alors qu’habituellement, par exemple, les 6 agents affectés aux espaces verts travaillent de façon autonome. Je signe aussi pas mal d’autorisations employeurs pour devancer la demande.

Les services de l’État dans notre territoire découvrent en même temps que nous les décisions prises par le gouvernement

Globalement, et sans vouloir être polémique, les services de l’État dans notre territoire découvrent en même temps que nous les décisions prises par le gouvernement. On s’adapte. Sur l’accueil des enfants des personnels soignants, en lien avec l’Éducation nationale, nous « leur » avons passé quelques-uns de nos animateurs. Pareil avec le Secours populaire, dont les bénévoles sont âgés et peuvent présenter des profils à risque. Certains agents municipaux se sont proposés de leur venir en aide. L’ambiance est plutôt bonne. Les gens ont envie de bien faire, de s’aider. C’est réconfortant sur l’état d’esprit de notre pays ».

 

 

 

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