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Protégez vos équipes

 

Assumez vos responsabilités !

28/10/2013 | par Nicolas Braemer, Maria-Gabriella Cairo | Toute l'actualité

Quand les élus s’en prennent à vos collaborateurs, vous avez le devoir d’agir. Ça peut être difficile d’affronter vos élus, mais l’heure n’est pas à la timidité. Il en va de votre responsabilité, et celle-ci n’est pas seulement juridique.

Le harcèlement moral est un enjeu de société parce que le travail est vécu comme l’unique accès à la reconnaissance sociale. Dans un tel contexte, la prévention des cas de harcèlement est une nécessité qui commence à prendre corps dans certaines collectivités territoriales.

Prévention et parole
Des décideurs instaurent le dialogue autour du thème du harcèlement moral ou plus largement autour du bien-être professionnel ou de la prévention des risques psychosociaux. Des tables rondes sont animées auprès des agents. Des cellules d’écoute internes ou externes sont créées. Des formations auprès des cadres sont organisées.
Ces formations apportent un éclairage sur la notion souvent mal comprise de harcèlement moral. Il est vrai que le harcèlement est devenu fait de société, pour le meilleur et parfois le pire, donnant naissance à des amalgames. Le harcèlement moral diffère de ce qu’on appelle communément harcèlement professionnel qui se caractérise par une insistance maladroite à caractère professionnel. Un maire qui appelle dix fois dans la journée pour savoir si le dossier a été clôturé, transmet un stress important, mais cette pression n’a rien à voir avec du harcèlement moral. Le Code du travail et le Code pénal livrent aujourd’hui une définition claire : le harcèlement moral relève d’agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail, susceptibles de porter atteinte au droit et à la dignité d’une personne, d’altérer sa santé physique et mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

A FAIRE
• Écouter avec empathie, démontrer de la bienveillance
• Favoriser la séparation physique de la victime et son bourreau
• En parler aux élus afin qu’ils actent des décisions

A ÉVITER
• Ne pas se positionner en médiateur
• Ne pas oublier que sortir d’une emprise psychologique passe avant tout par une démarche personnelle de la victime

La spirale de l’isolement

Les formations permettent également de déjouer ce qui ne relève pas de harcèlement car les fausses accusations sont légions. Cela est sans doute dû au fait que les médias se sont approprié le thème car il recèle des malheurs qui font bon ménage avec l’audimat. Par voie de conséquence, le fonctionnaire de mairie qui, la veille en regardant la télévision, s’est épanché sur la douleur de personnes harcelées, aura tendance à accuser son chef de service de harcèlement si ce dernier se permet une blague scabreuse.
Pour appréhender la notion de harcèlement moral, il faut comprendre les agissements complexes, subtils et opaques, des harceleurs qui construisent une emprise sur la victime par le biais d’une invasion du territoire psychique, alternant séduction et agression. Leur arme favorite est le dénigrement. Ils usent de remarques culpabilisantes qui déstabilisent et entament sa confiance. Ils menacent pour installer la peur au coeur de la relation. Dans ce contexte de tension, la moindre remarque a priori inoffensive, impacte profondément la victime. C’est la force du manipulateur qui peut ainsi agir à découvert sans que personne ne s’en rende compte. La victime est isolée, mise au placard, car elle ne peut obtenir de soutien.

TÉMOIGNAGE ANONYME
« Il faut multiplier les formations »
« Pour pouvoir tirer la sonnette d’alarme, il faut avoir conscience du harcèlement. Lorsqu’il n’y a pas de formation des agents ni des cadres, il est difficile de se rendre compte de la situation, surtout si la personne victime de harcèlement intériorise. Il faut vraiment multiplier les formations pour que les cadres identifient les signaux. Côté victime, il faut interpeller l’entourage avant de se retrouver en situation de burn-out. Certains signes ne trompent pas : perte de sommeil, perte de poids, perte de joie de vivre. Dans le cas que j’ai vécu, l’élu encensait la victime, mais pouvait l’insulter dans les minutes suivantes. Elle ne savait plus où étaient les repères. En tant que cadre, il serait bizarre de ne pas intervenir. Trouver des stratégies de contournements, c’est une forme de médiation. Le pire serait de ne rien faire. Avec d’autres cadres, nous sommes allés voir le maire pour lui proposer de se séparer de l’agent, il a refusé. Il faut proposer de la mobilité dans ces cas-là. Nous avons fait en sorte que la personne soit la moins seule possible avec lui, avons institué des garde-fous. Il ne faut pas rester à tout prix dans son poste car le harceleur recommence toujours. »

TÉMOIGNAGE ANONYME
« Ce qui m’a manqué quand j’étais harcelé »
• Un maire et un DGS qui prennent leurs responsabilités et fassent preuve d’humanité et d’écoute.
• Un maire et un DGS qui sachent taper du poing sur la table et dire STOP à l’élu harceleur, en lui démontrant qu’il risque gros à continuer ses manoeuvres.
• Plus que l’écoute ou la compassion, l’aide et le soutien de vos collègues et l’appui de votre hiérarchie. Lutter contre un harceleur, c’est presque toujours lutter seul.
• L’intervention d’une autorité extérieure qui me protège du harceleur et qui fasse entendre au maire qu’il doit protéger ses agents et sanctionner les fautifs.

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