publicité

l’oeil de l’expert

 

« Dans les collectivités, on peut agir »

28/10/2013 | par Séverine Cattiaux | Toute l'actualité

Philippe Bombardier est chargé de mission pour l’Amélioration de la qualité de vie au travail au conseil général de l’Isère. Il accompagne depuis 13 ans des stratégies de « modernisation » dans les services RH (fonction publique d’État et territoriale).

Qu’est-ce que la qualité de vie au travail ?
Existe-t-il aujourd’hui des critères pour la mesurer ? Non, il n’y a pas de critères officiels. Mais un accord professionnel a été signé, il y a peu, et il est intéressant… Il est cependant surtout axé sur la prévention des risques psychosociaux. Toutefois la qualité de vie au travail va bien au-delà de la « simple prévention » des RPS. La qualité de vie au travail concerne aussi tout le champ de la motivation. On peut, dans une collectivité, travailler la prévention des risques, c’est-à-dire faire en sorte qu’il n’y ait pas de souci, mais aussi aller plus loin en essayant de renforcer les motivations des collaborateurs… Aujourd’hui le constat est unanime, dans l’ensemble de la fonction publique, il y a une vraie problématique de « sens »…

Au conseil général de l’Isère, vous avez décidé d’agir…
Oui, début 2012, le président du conseil général, André Vallini, faisant suite aux différentes alertes syndicales, a souhaité engager une démarche d’amélioration des conditions de travail. Nous avions déjà en 2010 élaboré un diagnostic culturel de la collectivité, qui a mis en valeur un problème de cohésion. Nous avions aussi précédemment engagé l’élaboration du document unique d’évaluation des risques professionnels. Enfin, nous avions mené une démarche d’amélioration des conditions de travail des agents des collèges. Nous avions relevé en CHSCT un taux d’absentéisme deux fois supérieur à la moyenne départementale…

Quelle est votre méthode d’approche ?
L’idée d’avoir un état des lieux partagé entre élus, direction et organisations syndicales… de façon à faire rentrer tout le monde dans la même réalité, parce que la difficulté, quand on discute de ces choses-là, est qu’il y a ceux qui voient le verre à moitié vide, et ceux qui le voient à moitié plein. Sont aussi présents dans le comité de pilotage les préventeurs, ainsi que des personnalités extérieures qui nous font part de leur expertise. Pour la méthode de l’enquête, nous nous sommes rapprochés de Science Po Grenoble, en relation avec les chercheurs québécois du Clipp. Le Clipp a construit l’ossature de l’enquête (réalisée au printemps 2013, les agents ont été tirés au sort), en utilisant le modèle dit ISQVT (Inventaire systémique de qualité de vie au travail). Les résultats ont été rendus en juillet, partagés par le comité de pilotage, et portés à la connaissance des agents en septembre.

Et concrètement, que veulent les agents territoriaux du conseil général pour améliorer leur qualité de vie au travail ?
Depuis début octobre jusqu’à mi-novembre, chaque famille de métiers (sept au total, soit 180 agents) va se réunir fois fois pour répondre à : Comment améliorer les relations de travail ? Comment adapter l’organisation du travail pour prendre en compte la relation du terrain ? Comment maintenir la motivation ? Ce qui se dessine… ce ne sont pas les questions matérielles qui sont pointées, même si elles sont évoquées, ce sont les pratiques et postures managériales qui sont mises en cause. Les agents disent que les managers ne régulent pas assez les relations entre les personnes, que leurs compétences ne sont pas assez valorisées, qu’ils ont des idées, mais qu’ils ne sont pas entendus. Ils veulent qu’on leur fasse confiance, et qu’on leur donne de l’autonomie…

Pas de commentaire

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Tous les champs sont obligatoires (votre adresse e-mail ne sera pas publiée)

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité