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"Ici, les gens ont du mal à joindre les deux bouts", lance une restauratrice : à Mayet, paisible commune rurale de la Sarthe votant traditionnellement à droite, les 24,73% enregistrés par le FN à la présidentielle sont reliés par beaucoup à une paupérisation croissante des électeurs en milieu rural.
Même si certains regrettent - sous couvert de l'anonymat - "une trop grande quantité d'étrangers en France" et assurent en avoir "marre de payer pour les autres", d'autres habitants mettent surtout en avant la baisse du pouvoir d'achat pour expliquer la poussée du FN (14,06% en 2007).
A quelques encablures de la place de la ville de 3.239 habitants - dotée d'un collège, d'une gare, d'une piscine et d'une petite zone industrielle - des vaches paissent dans un champ jouxtant le cimetière.

Ni insécurité ni immigration
"On vit dans un lieu où il n'y a ni insécurité ni immigration !", affirme Céline Pilon, la gérante du Bar du Centre de Mayet.
"Les gens, même s'ils travaillent et ont un salaire, ont du mal à joindre les deux bouts", lance l'énergique jeune femme, qui voit passer de nombreux ouvriers du bâtiment à l'heure du déjeuner. "Les gens qui ont voté FN n'adhèrent pas forcément à ses idées : c'est un vote de ras-le-bol, pour faire peur, pour essayer de faire bouger les choses", explique Céline Pilon.
La crise encore et toujours
"La crise s'accentue, je le vois tous les jours : les gars, ils travaillent avec le patron la semaine et doivent aussi travailler le week-end s'ils veulent s'en sortir", raconte-t-elle.
Un diagnostic partagé par la première adjointe au maire de la commune, Ghislaine Polisset (SE) : parmi les électeurs du FN, "il y a beaucoup de personnes qui n'auraient jamais imaginé voter Le Pen. Ca révèle une angoisse du lendemain plus qu'une idéologie", dans une commune où la mixité entre artisans, ouvriers et agriculteurs est "gérable et enrichissante", assure l'élue.
Familles au bord de la pauvreté
Chargée du centre communal d'action sociale, elle a vu frapper à ses portes, depuis deux ans, une nouvelle catégorie de familles, "au bord de la pauvreté". "On a un bassin d'emplois, mais il est à la peine, comme au niveau national", explique-t-elle. Une fragilité économique - accentuée par la hausse du prix des carburant dans un environnement rural où la voiture s'avère souvent indispensable - qui peut sensibiliser une frange d'électeurs aux thèses protectionnistes du FN.
Un volontaire à la Croix-Rouge, qui ne souhaite pas être nommé, affirme aussi avoir constaté à Mayet "une demande supplémentaire en aide sociale et vestimentaire, qu'on n'avait pas avant".
Sentiment d'abandon
Mélenchoniste, abasourdi face aux résultats du scrutin, il tente une autre explication : "le manque de médecins" - trois partent bientôt à la retraite - pourrait aussi "angoisser une population vieillissante", en dépit de la construction d'une maison médicale.
Dans le nord du département, on pointe aussi ce "sentiment d'abandon" devant une certaine "désertification des zones rurales", se conjuguant à la colère contre les partis traditionnels, à la peur de la crise économique et à un sentiment d'injustice dans la façon dont sont réparties les aides sociales, estime Yves Gérard, vice-président de la communauté de communes des Alpes mancelles.
Mais dans sa commune d'Assé-le-Boisne, où Marine Le Pen est arrivé deuxième avec 24,61% des 577 suffrages, la paupérisation gagne également du terrain : "on sent que c'est tendu, que les fins de mois sont difficiles pour certains", raconte l'élu, qui explique que la commune a renoncé, pour cette raison, à l'instauration d'une taxe d'incitation sur les ordures ménagères.
CC/AFP
François Hollande a affirmé lundi à Quimper sa volonté d'aller chercher, dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, les électeurs emportés par "les vents mauvais du vote extrême".; "Il convient d'aller chercher d'autres électeurs qui ne savent plus très bien où ils en sont, tant le quinquennat qui vient de s'achever a chamboulé un certain nombre de certitudes, a créé tant de désillusions, de désespérance", a déclaré le candidat à l'Elysée lors de son premier meeting au lendemain du premier tour.
Vers qui se tourner ?
"Je pense notamment, ici même en Bretagne, à ces hommes et ces femmes qui ne savent plus vers qui se tourner et sont allés vers les vents mauvais du vote extrême", a-t-il dit devant plus de 2.000 personnes massées sous la pluie sur la place de la mairie de Quimper.
"Oui nous pouvons les blâmer au sens où ils n'ont pas fait le choix qui correspond à ce qu'est l'histoire de notre pays", a-t-il dit, alors que des sifflets retentissaient.
Mais "en même temps nous devons les entendre, ce sont souvent des ouvriers qui ne savent plus de quoi demain va être fait, ce sont des retraités qui n'en peuvent plus, des agriculteurs qui craignent pour la survie même de leur exploitation, ce sont même aussi des jeunes (...). Alors moi je dois parler à tous (...), je dois leur dire nous sommes dans un grand pays et nous devons nous relever tous ensemble", a lancé le député de Corrèze.
CC/AFP
A la veille du premier tour de la présidentielle, deux "cellules de chiffrage" ont passé au crible le programme de Nicolas Sarkozy. Verdict: une bonne dizaine de milliards d'euros manquerait à l'appel pour boucler l'exercice.
Parti tard, avec un programme détaillé le 5 avril seulement quand son rival socialiste François Hollande avait dégainé le sien dès la fin janvier, le candidat de l'UMP s'exposait à ces critiques de dernière minute.
Cellules de chiffrage
Travaillant nuit et jour, les "cellules de chiffrage" de l'Institut de l'entreprise, proche du patronat, et de l'Institut Montaigne, d'obédience libérale, ont décortiqué son projet à la recherche de recettes surestimées et de dépenses sous-estimées.
Nicolas Sarkozy prévoit un effort global de 124,5 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat, à raison, grosso modo, de deux tiers d'économies pour un tiers de recettes supplémentaires. L'objectif est de revenir à l'équilibre des comptes publics dès 2016.
Selon l'Institut de l'entreprise, dont les chiffres sont généralement peu contestés, 11,4 milliards d'euros feraient cependant défaut.
Un sur deux
Le projet fait "un pari fort sur le gel de la contribution française à l'Union européenne comme sur l'extension de la règle du un sur deux aux collectivités territoriales", relève Eudoxe Denis, à la tête de la cellule d'experts de ce "think tank".
Selon lui, les dépenses supplémentaires annoncées par Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne droite de sa campagne coûteraient 2,4 milliards de plus que ne le dit l'UMP. Montrées du doigt: les 24.000 places de prison et 200.000 places de la petite enfance.
Pas les effets escomptés
Les économies seraient également inférieures de 2,9 milliards aux attentes. L'institut doute que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite -la règle du un sur deux- produise tous les effets escomptés, en particulier dans les collectivités territoriales qui jouissent d'une autonomie de gestion.
Quelque 5,3 milliards résulteraient aussi de mesures oubliées par le chiffrage de l'UMP, droits de mutation et revalorisation du salaire des enseignants du collège pour l'essentiel. Le solde (800 millions) proviendrait d'estimations légèrement divergentes des pertes fiscales et des nouveaux prélèvements.
L'Institut Montaigne a chiffré pour sa part à 32 milliards le rendement des économies qui seraient réalisées sur les dépenses de santé ou les emplois publics, soit 8 de moins que ne l'estime l'UMP.
Recettes fiscales
S'ajouteraient à cela, 3,4 milliards d'euros de manque à gagner sur les recettes fiscales ou supplémentaires attendues, 800 millions de dépenses sous-évaluées ainsi que les mêmes mesures "oubliées" par l'UMP et déjà relevées par son confrère, pour 5 milliards.
"Le chiffrage de l'UMP est extrêmement précis, d'autant plus qu'il intègre les engagements de la France sur le retour à l'équilibre des finances publiques du programme de stabilité transmis à Bruxelles", tempère cependant Eudoxe Denis dont les critiques n'épargnent pas davantage le candidat socialiste.
"A ce jour, François Hollande n'a détaillé que 5 milliards d'euros d'économies budgétaires dans son programme", souligne-t-il.
De nombreuses promesses de campagne de dernière minute du PS restent aussi non financées: 40.000 logements étudiants, la revalorisation des carrières des jeunes chercheurs, l'allongement du congé paternité d'une semaine, le service public à la petite enfance...
CC/AFP
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A court de bulletins de vote pour certains candidats lors du premier tour de l'élection présidentielle, le maire d'Etréchy (Essonne, 6000 habitants) a fabriqué des bulletins manuscrits. La mairie fait état de "beaucoup" de bulletins manquants, sans en préciser le nombre, et indique que tous les bureaux de vote de la commune ont été concernés. Le maire (DVD) d'Etréchy, Julien Bourgeois a évoqué dans les colonnes du Parisien la fabrication d'"une cinquantaine de (bulletins au nom de) Sarkozy (...) et d'une poignée de (bulletins au nom de) Mélenchon". La préfecture de l'Essonne a indiqué n'avoir pas été saisie de ce problème, et affirmé avoir "fourni suffisamment de bulletins pour pouvoir alimenter les bureaux de vote. En cas de problème, (la mairie) aurait pu contacter la préfecture, qui avait des bulletins en stock".
Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial du candidat PS, a assuré sur I-télé que le droit de vote aux municipales proposé pour les étrangers non communautaires par François Hollande était "une étape vers l'intégration". "La France est un pays d'intégration républicaine, c'est le pays qui en Europe intègre le plus. Il n'y aura pas de vote communautaire" car "la France n'est pas un pays de communautés, n'est pas un pays du multiculturalisme", a affirmé le député-maire de Nantes. Il a admis qu'il y avait "des quartiers où l'intégration marche moins" mais "parce qu'il y a du chômage massif, une montée de l'islam radical, de la misère, des ghettos", soulignant qu'"il faut lutter contre".
Les quartiers populaires ont exprimé par une forte abstention leur désenchantement vis-à-vis de la politique et par un vote massif en faveur de la gauche leur rejet du président sortant, au premier tour de la présidentielle. Dans de nombreuses villes populaires d'Ile-de-France, François Hollande (PS) a approché voire dépassé les 45% des voix, comme à Grigny (44,60%) et Courcouronnes (43,80%) dans l'Essonne ou dans les villes communistes de Saint-Denis (45,79%), La Courneuve (46,95%) et Bobigny (47,86%), en Seine-Saint-Denis.
Agir pour l'environnement, qui veut "replacer l'écologie au centre des débats", lance une "campagne d'interpellation" des deux finalistes du premier tour de la présidentielle avec des cartes-pétition intitulées "Alerte-présidentielle : je vote pour la planète". "Jamais les crises écologiques n'ont été aussi prononcées, jamais les principaux candidats à l'élection présidentielle n'ont fait montre de si peu d'intérêt pour ces enjeux", souligne Agir pour l'environnement, dont le document -téléchargeable sur le site www.agirpourlenvironnement.org- peut être envoyé aux candidats.
Nicolas Sarkozy a balayé les "ragots" d'Eva Joly sur le financement sa campagne en 2007, jeudi soir sur France 2, où François Bayrou a défendu ses propos lors des drames de Toulouse/Montauban et Jean-Luc Mélenchon s'est défini comme "le recours à gauche". "Sur les ragots, sur la médisance, sur la méchanceté, sur la volonté de détruire et de démolir, permettez-moi de vous opposer le mépris le plus cinglant", a lancé le président au cours de l'émission "Des paroles et des actes", en réponse aux accusations formulées par la candidate EELV Eva Joly. La veille dans la même émission, l'ex-juge d'instruction avait déclaré qu'il existait "des présomptions concordantes et précises" contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, dont un volet porte sur des soupçons de financement illégal par la milliardaire.
Au total, 35 mesures très concrètes et précises, déjà annoncées, allant du blocage du prix des carburants à la réforme des retraites, en passant par la rentrée scolaire, la réforme fiscale avec tranche d'imposition à 75% pour les revenus dépassant 1 million d'euros. Très symbolique, la première concerne "une autre façon de présider et de gouverner" et stipule la "réduction de la rémunération du chef de l'Etat et des membres du gouvernement de 30%". Le "maître-mot du Bourget demeure : la justice", selon l'entourage du candidat socialiste.
(Source : Nouvel Obs)
