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Présidentielles 2012 - les actus

La France « proie des marchés » ?

François Fillon a réaffirmé jeudi soir dans l'Eure que la France serait "la proie des marchés" financiers en cas de succès de François Hollande à la présidentielle, en raison du "laxisme budgétaire" du programme PS, soulignant: "Je persiste et je signe."

M. Hollande "s'indigne à l'idée que les investisseurs pourraient s'interroger sur la pertinence de son projet. Mais je suis désolé de dire qu'ils ont quelques raisons de s'interroger", a déclaré M. Fillon, lors d'une réunion publique à Saint-Marcel, en présence du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire mais également du président du Nouveau Centre Hervé Morin.

"Et je persiste et signe: si par malheur ce projet était mis en oeuvre, la France et l'Europe en subiraient les conséquences financières et économiques", a-t-il enchaîné, devant un millier de personnes, selon les organisateurs.

M. Fillon avait suscité une levée de boucliers à gauche en affirmant mardi, lors d'un meeting à Versailles, qu'une victoire de M. Hollande serait instantanément suivie par de nouvelles attaques spéculatives contre l'euro.

"La vérité, c'est que le laxisme budgétaire du programme socialiste condamne M. Hollande et surtout la France à être la proie des marchés", a répété jeudi le Premier ministre. Selon lui, les marchés se méfient "logiquement" "de ceux qui ne respectent pas leur parole et de ceux qui dépensent plus qu'ils ne gagnent".

"Ils se méfient aussi des candidats à la fonction suprême qui annoncent des mesures dont tout démontre qu'elles ne sont pas à la hauteur des efforts" à fournir, a-t-il encore avancé.

M. Fillon a aussi critiqué les dernières déclarations du candidat PS: "M. Hollande vient de déclarer avec emphase qu'il +ne laissera aucune place aux marchés+. Il a promis, je le cite, de +dominer les marchés+. Tout ça, ce ne sont que des mots!"

Pour le chef du gouvernement, "il ne faut pas que les socialistes s'énervent quand nous leur disons qu'il y a un danger pour la crédibilité de notre pays". Et il n'est pas utile que "M. Hollande profère des menaces à l'encontre de ce qu'il appelle les marchés financiers".

Prenant à partie le public, il a ironisé: si, en cas de difficultés, vous allez voir votre banquier "en lui disant +monsieur, je vais vous dominer+, il y a assez peu de chances pour que ça se termine bien..."

"Pour être moins dépendant des marchés, il n'y a pas besoin de jouer les gros bras (...). La solution est de dépenser moins", a jugé M. Fillon.

"Elles sont où vos économies M. Hollande? Votre programme n'en contient aucune!" a notamment clamé M. Fillon, selon qui, en outre, la lutte contre les déficits du candidat socialiste "sent les impôts à plein nez".

Avant lui, M. Le Maire, instigateur de la réunion, qualifié de "grand ministre de l'Agriculture" par M. Fillon, avait critiqué l'anti-sarkozysme.

"On ne devient pas président de la République française contre un homme" mais "pour un projet et pour la France (...). Le projet de François Hollande, il n'existe pas, sa vision de la France, elle n'existe pas", avait-il estimé.
CC/AFP - © paris pao

 

Déclarations de Sarkozy : levée de boucliers à gauche

La proposition mardi de Nicolas Sarkozy d'étendre aux "grosses collectivités territoriales" le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux a suscité aussitôt une levée de boucliers à gauche, François Hollande et son camp y voyant une manière d'attaquer les services publics(...)
"Nous étendrons" la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux "aux grosses collectivités territoriales, qui ont tout à fait la capacité de faire le même effort que l'État", a déclaré le président-candidat de l'UMP dans une interview au magazine "Acteurs publics".

Modulations des dotations possibles
Il a précisé qu'une modulation des dotations de l'Etat aux collectivités en fonction de leur attitude budgétaire était à l'heure actuelle une "possibilité".
Nicolas Sarkozy n'a toutefois pas précisé quelles collectivités seraient concernées. Les collectivités qui emploient le plus de personnel sont les grandes villes, les régions et les départements.

Perte de solidarité
Lors d'un meeting à Blois, le candidat socialiste à l'Elysée François Hollande a dénoncé le risque de "perte de solidarité" et d'"effacement des services publics".
"Voilà que le candidat sortant voudrait que la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui a déjà fait tant de mal dans l'Etat puisse s'appliquer pour les collectivités locales! Et les collectivités locales récalcitrantes viendraient perdre leur dotation, celles qui sont versées par l'Etat!", a-t-il lancé.

Les secteurs prioritaires
"Je ne dis pas qu'il y a pas des efforts à faire, ni des économies à engager, sûrement, mais il y aussi des secteurs prioritaires de l'action publique", a ajouté le président du conseil général de Corrèze, citant l'éducation, la justice, la sécurité, la santé.
"Cette nouvelle attaque contre les collectivités, c'est la mise à jour du programme caché de Nicolas Sarkozy pour la France: casse du service public, remise en cause du pacte républicain, réduction de l'investissement public", a jugé pour sa part le socialiste Claude Bartolone.

Le "président des riches"
"Le président des riches, des +sans-soucis+, parle à l'Elysée comme le maire de Neuilly qu'il fut", la ville la plus riche de France, a poursuivi le patron du département de Seine-Saint-Denis considéré comme l'un des plus pauvres de France.
L'Association des Régions de France (ARF), qui fédère des conseils régionaux majoritairement gérés par le PS, a reproché au chef de l'Etat de les prendre "pour cible".
Alors que Nicolas Sarkozy reproche aux collectivités d'avoir créé 100.000 emplois depuis 2007 pendant "que l'Etat en supprimait 160.000", "les quatre cinquièmes de la hausse de nos effectifs depuis 2002 correspondent à des transferts" de compétences, a-t-elle notamment fait valoir.
En revanche, l'UMP parisienne a applaudi des deux mains à la proposition de Nicolas Sarkozy. "Cette mesure serait particulièrement justifiée à Paris où la politique des ressources humaines menée par le maire PS de Paris Bertrand Delanoë depuis 2001 a conduit à embaucher 10.000 agents supplémentaires pour la modique somme de 800 millions d'euros à la charge du contribuable parisien!", ont jugé Jean-François Lamour et Philippe Goujon, ses deux chefs de file.
Cathiard/AFP - © wikicommon

 

Frais de campagne : comment ça marche ?

Comme pour chaque élection, les frais de campagne des candidats à la présidentielle sont partiellement pris en charge par l'Etat en fonction de leur résultat.


- Chaque candidat doit nommer un mandataire financier - qui peut être une personne physique ou une association de financement électoral - chargé de recueillir les fonds destinés à la campagne électorale pendant l'année précédant le premier jour du mois de l'élection et jusqu'à la date de dépôt des comptes de campagne, dans les 61 jours qui suivent le tour de scrutin où l'élection a été acquise.
- Le mandataire ouvre un compte bancaire ou postal unique, retraçant la totalité des opérations financières liées à la campagne.
- Les dons aux candidats sont strictement encadrés. Les dons consentis par une personne physique sont limités à 4.600 euros. A l'exception des partis et groupements politiques, une personne morale (par exemple une entreprise) ne peut apporter une aide financière ou matérielle à un candidat. Tout don de plus de 150 euros doit être réglé par chèque. Les dons en espèces ne peuvent excéder 20% du montant des dépenses autorisées.
- Les dons de personnes morales (entreprises, associations, syndicats, collectivités...) sont interdits.
- Le montant des dépenses autorisées est plafonné. Lors du scrutin de 2007, le plafond des dépenses de campagne autorisées avait été fixé à 16,851 millions d'euros pour chacun des candidats du premier tour et à 22,509 millions d'euros pour le second tour.
Le montant du remboursement devrait être réduit de 50 à 47,5% et de 5 à 4,75% pour ceux qui ont moins de 5% des voix, pour voir les partis politiques et les candidats aux élections "prendre leur part des efforts à réaliser" dans le cadre de la réduction des déficits. Un projet de loi en ce sens a été définitivement adopté par le Parlement le 7 février.
- Le candidat reçoit une avance forfaitaire de 153.000 euros s'il réunit les 500 parrainages.
- "L'apport du candidat peut provenir de ses fonds personnels, d'emprunts auprès d'organismes bancaires ou auprès de partis politiques."
- L'Etat prend en charge les frais de la campagne officielle à la télévision et à la radio, les frais d'impression et de distribution des professions de foi et les frais d'impression et d'apposition des affiches sur les panneaux officiels.
- Pour le reste (meetings, tracts, locaux de campagne, permanents...), le candidat avance des frais qui bénéficient après la campagne d'un remboursement forfaitaire par l'Etat, selon son score réalisé dans les urnes.
. Environ 808.300 euros pour les candidats en dessous du seuil de 5% des voix au premier tour (cette somme représente 5% du plafond des dépenses autorisées dans le cadre du premier tour). L'élection présidentielle est la seule où ces candidats bénéficient d'un remboursement par l'Etat.
. Environ 8,083 millions d'euros pour les candidats qui dépasseront le seuil des 5% (50% du plafond des dépenses autorisées dans le cadre du premier tour).
. La moitié du montant du plafond des dépenses électorales applicable aux candidats présents au second tour.
- Enfin, la loi sanctionne pénalement le candidat qui, en vue de son élection, accorde des dons ou libéralités soit à des électeurs, soit à une commune, soit à une collectivité quelconque de citoyens.

CC/AFP
© Kati Molin

 

Carton rouge

Pour Marine Le pen : la candidate FN a clairement fait l'amalgame entre le terrorisme et l'immigration lors d'un congrès à Nantes. Alors qu'elle connaît un tassement dans les sondages (13 à 17% des intentions de vote). Elle a déclaré : « Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ? »

 

Les coulisses

Robert Navarro, sénateur apparenté PS de l'Hérault dont l'immunité parlementaire a été partiellement levée pour une affaire judiciaire, voulait être "au premier rang" jeudi lors de la visite de François Hollande au congrès de la FNSEA à Montpellier, a indiqué son entourage. L'ex-patron de la Fédération socialiste du département est visé par un dossier d'abus de confiance déclenché par une plainte de son ancien parti, qui l'avait exclu en 2010 pour son soutien à Georges Frêche.

 

Le buzz

Vendredi, "M", le magazine du Monde, rapportait des confidences récentes de Nicolas Sarkozy à un journaliste du quotidien, disant que son adversaire socialiste était "nul" et que cela "commence à se voir". Réplique de François Hollande, en déplacement samedi à Ajaccio: cet adjectif, "ça se rapporte toujours à celui qui l'emploie". De quoi alimenter bien des commentaires sur le web.

 

Les harkis n'ont pas choisi

A un mois de l'élection présidentielle, les quelque 500.000 descendants de harkis ne savent quel candidat soutenir, aucun ne proposant, selon eux, de reconnaître officiellement l'abandon et les massacres que leurs pères ont eu à subir. C'est "une question d'honneur" car cette reconnaissance par les autorités est "plus importante que toutes les indemnités", confie Lahcène Boualam, un des fils du Bachaga Boualam, dans une allusion à la revalorisation des pensions des anciens combattants, décidée par Jacques Chirac en 2006.

 

Un mois après, les législatives

Plus d'un mois après le second tour de la présidentielle, l'élection des députés les 10 et 17 juin aura pour objectif de donner une majorité au nouveau président, mais ce scrutin législatif, après le découpage adopté en janvier 2010, se déroulera dans un cadre inédit. Pour tenir compte de l'évolution démographique observée depuis le précédent redécoupage de 1986, le gouvernement a en effet redessiné les contours des circonscriptions législatives, tout en créant 11 sièges de députés des Français de l'étranger. Comme le nombre global des députés est maintenu à 577, et que la population française, depuis le découpage très critiqué opéré il y a 26 ans par Charles Pasqua, est passée de 55 à 64 millions d'habitants, il n'y a plus qu'un député pour 125.000 habitants, contre un pour 108.000 auparavant.

 

Le Pen, Hollande et les primo-votants

Les "primo-votants" de 18-22 ans placent François Hollande en tête de leurs intentions de vote (31%), devant Marine Le Pen (23%) et Nicolas Sarkozy (21%) d'après un sondage de l'Ifop pour l'Anacej (Association nationale des conseils d'enfants et de jeunes paru dans le figaro.fr. François Bayrou (9,5%) et Jean-Luc Mélenchon (8%) suivent loin derrière, d'après cette étude portant sur un échantillon de 805 jeunes qui n'avaient pas l'âge de voter lors du précédent scrutin présidentiel en 2007. "Au second tour, les intentions de vote sont très proches de celles de l'ensemble de la population, avec 56% d'intentions de vote pour François Hollande contre 44% pour Nicolas Sarkozy", selon l'Anacej. Selon cette étude réalisée fin février, 41% se déclarent sûrs de leur choix, 59% peuvent encore changer d'avis.
CC/AFP

 

Mélenchon la catapulte

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle, a estimé que la volonté populaire pouvait le "catapulter bien au-delà" de son score actuel dans les sondages. Le candidat de la gauche radicale pense que les Français peuvent le "catapulter bien au-delà de là où nous sommes aujourd'hui", avec environ 10% des intentions de vote au premier tour, une part qu'il a triplée voire quadruplée depuis le début de sa campagne, d'après ses calculs. "C'est une campagne qui s'appuie sur des milliers, des milliers, des milliers de personnes", selon lui. "J'attribue notre résultat à une manière de mener le combat et son contenu", a ajouté M. Mélenchon. "Les idées du Front de gauche avancent", a-t-il aussi estimé plus tard. "L'ambition du Front de gauche n'est pas de faire du témoignage, mais de passer en tête de la gauche", a-t-il soutenu, reconnaissant toutefois que "la marche est haute".
CC/AFP

 

Dédé l'Abeillaud abandonne !

C'est via un communiqué sur son site officiel, que l'abeille héroïque a annoncé son retrait: "Après maintenant 6 mois d'engagement, j'annonce le retrait de Dédé l'Abeillaud aux élections présidentielles. Le soutien des 360 élus locaux n'a pas suffi dans la course à l'investiture suprême, mais nous sommes riches de toutes les rencontres faites et des liens tissés pour l'avenir". Avec son accoutrement d'abeille, il voulait attirer l'attention sur la biodiversité et la cause apicole. David Derrien continuera donc ses actions de prévention en parallèle de son métier d'agent de service dans un établissement d'accueil d'enfants en difficulté à Plougastel-Daoulas dans le Finistère.
CC