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Un récent article de la gazette des communes intitulés « comment gagner des millions grâce aux subventions » inspire cet éditorial. Dans mes précédents postes de chargée de mission, je n’ai eu de cesse de me spécialiser dans une sorte de chasse au trésor afin d’obtenir pour chacun de nos projets un minimum de 80% de subventions. Et oui à l’époque il n’était pas encore question de plafonner à 80% les subventions et les projets biens ficelés ou bien présentés étaient plutôt rares. Souvent avec les collègues nous nous disions que si nous étions payés au pourcentage des subventions obtenues, nous serions beaucoup plus riches (chasseurs de primes) ! Et puis est venu le temps de la désillusion. Tout d’abord, à force de financer des projets avec seulement 20% d’autofinancement, les maîtres d’ouvrages n’ont jamais de répits et finissent pas mettre en avant le taux de subvention et non plus l’intérêt du projet. Que celui qui n’a jamais entendu un élu vendre son opération en mettant en avant le fait qu’elle soit subventionnée à 80% nous jette la première pierre. Enfin les subventions sont devenus plus rares, plus contrôlées et de plus en plus concentrées sur de l’investissement au détriment du fonctionnement qui finissait toujours pas incomber aux collectivités.

Et encore, c’était avant de connaître les subventions européennes dont mes précédents territoires n’étaient pas éligibles. Lorsque vous les connaissez, que vous évaluez le travail nécessaire pour les obtenir, pour les justifier, pour accéder enfin à leur versement définitif et que vous subissez divers contrôles, vous vous demandez si le jeu en valait vraiment la chandelle ? D’autant plus qu’il faut obtenir des cofinancements locaux et que donc le financement croisé est une obligation pour accéder aux subventions européennes, avec des règles différentes pour ces cofinancements. Le pire c’est que les autres pays européens ne sont pas aussi contraignant sur les accès aux aides européennes et que l’on vous conseillera souvent d’aller directement à Bruxelles pour faire « vos courses ».
Mais le contexte budgétaire contraint et la difficulté devant les organismes bancaires pour financer les projets des collectivités vont sans doute raviver ce métier de « chargés de mission à la recherche de subventions » dont la première mission sera de justifier l’utilité de leur poste.

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