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Est-ce par amertume, esprit de vengeance ? Toujours est-il que l’ancien ministre de l’intérieur a fait publier dans l’urgence deux décrets majeurs sur le fichage des individus en France ; en effet, il a fait paraître au Journal officiel du 8 mai le décret d’application d’une des mesures phares de la Loppsi 2, le « fichier d’analyse sérielle ». Mais qu’est-ce que cette appellation barbare ? Il s’agit d’une véritable attaque contre la vie privée, puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’exploiter ensemble toutes les données dont disposent l’État et ses services sur un individu. Cela inclut les données qui peuvent être réclamées à des entreprises, par exemple l’ensemble de l’activité sur Facebook, les communications par email, les sites web consultés depuis un abonnement à Internet, etc.
Le fichier d’analyse sérielle peut exploiter des photos permettant l’identification des individus, via l’empreinte de leur visage (distance entre les yeux, courbes, positionnement du nez).

Couplé au réseau national de caméras de vidéosurveillance (ou de vidéoprotection, leur appellation officielle), l’État dispose d’une arme redoutable contre les criminels, mais aussi contre l’ensemble de la population. Et c’est bien ce que dénoncent aussi les défenseurs de la vie privée pour qui, une nouvelle fois, au nom de la lutte contre le terrorisme, l’exécutif réduit drastiquement l’application de certaines libertés fondamentales.
Mais il ne s’agit pas de son seul cadeau d’adieu ! La Loppsi 2 prévoyait déjà de fusionner les fichiers de police (Stic) et de gendarmerie (Judex), et de conserver des données jusqu’à quarante ans ; par le second décret il sera donc permis désormais aux policiers et aux gendarmes des recoupements beaucoup plus précis, y compris avec des informations biométriques.
L’arrivée d’un gouvernement de gauche ne changera guère la donne car les questions de sécurité ont toujours fait en France l’objet d’un consensus surprenant ; ainsi le plan Vigipirate, qui prévoit un État d’exception (étape intermédiaire avant l’État d’urgence et l’État de siège) et donc des dérogations à la Constitution, est en vigueur depuis le milieu des années 1990 et aucun gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé, ne l’ont remis en question contrairement à l’Allemagne : il est vrai que la Gestapo puis la Stasi ont laissé des traces !

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