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ÉQUITÉ FISCALE

 

Ville riche ou ville de riches ?

21/11/2013 | par Marjolaine Koch | Dossiers

la péréquation_Pascal THAUVIN - Fotolia.com ©Pascal THAUVIN - Fotolia.com

À quels critères mesure-t-on qu’une ville est riche ? Il y a presque autant de réponses que de territoriaux interrogés…

Pour certaines, on n’hésite pas une seconde : évidemment, c’est une ville riche ! À l’opposé, pas de doute sur les plus pauvres non plus. Mais entre les deux, un grand flou subsiste. À quoi mesure-t-on qu’une commune est réellement riche ou non ? Élus et cadres territoriaux se sont prêtés au jeu et se penchent sur la question. Le résultat ? Il y a quasiment autant de réponses que de personnes interrogées…

« Une ville riche peut se passer de subventions »

« Ville riche ou ville de riches ? » s’interroge Ludovic Fonck, DGS de la ville de Roubaix. « Le débat est biaisé parce qu’on ne parvient pas à définir cette notion de richesse. Pourtant, c’est transversal à toutes les politiques publiques » estime Franck Claeys, directeur économie et finance territoriale de l’Association des maires des grandes villes de France.

Pour Christophe Grébert, auteur du blog monputeaux.com et observateur privilégié d’une commune qui dispose d’un des budgets de fonctionnement les plus confortables de France, « une ville riche peut se passer de subventions. Le maire peut prendre une décision sur un coup de tête. »

Olivier Landel, délégué général de l’Association des communautés urbaines de France, envisage la définition sous un autre angle : « une ville riche serait celle qui est parvenue à résoudre les problèmes de poches de pauvreté ». Avec cette définition, il n’y a presque pas une ville riche en France…

« À Bondy, on attire des gens de villes plus huppées parce qu’il est plus facile d’avoir une place en crèche » clame Ali Zahi, élu chargé des finances. Pour lui, « une ville riche est celle qui sait répondre aux besoins de sa population ».

Autant de définitions que de personnes interrogées, disait-on. Bien sûr, les valeurs généralement admises comme le potentiel fiscal reviennent souvent dans les réponses. Maire adjoint aux finances de Garches (92), Jean-Claude Reydel estime que « ce n’est pas la richesse de ses habitants, c’est la composition de la possibilité des ressources fiscales » qui compte. « Il y a des communes ayant des ressources importantes et une population riche comme Neuilly. Gennevilliers a une population moins riche mais des ressources industrielles et des bureaux. Châtenay-Malabry a une population pauvre et peu de ressources… tous les cas de figure existent. »

Ce qui fera demain la richesse d’une ville sera plutôt la matière grise des habitants et des fonctionnaires territoriaux

 

Marges de manœuvre

DGS de Vénissieux, Jean-Dominique Poncet place le curseur au niveau des marges de manœuvre : « la capacité d’autofinancement qu’on peut dégager annuellement est importante. La durée d’endettement est un autre indicateur, ainsi que la qualité de la dette ». Pour lui, une ville riche sera celle qui « dispose des marges de manœuvre nécessaires pour faire face aux nouveaux enjeux », comme la réduction des dotations de l’État et les rythmes scolaires.

TEMOIGNAGE
« CALCULER LE POUVOIR D’ACHAT TERRITORIALISÉ »
« Pour un économiste et pour la plupart des institutions, une ville riche est un territoire qui crée beaucoup de richesse, c’est-à-dire de la valeur ajoutée et du PIB. On peut aussi mesurer la richesse d’une ville au revenu de ses habitants. Mais la représentation qu’on a des villes riches et pauvres doit être très sérieusement modifiée car avec 100 e à Paris, j’achète beaucoup moins qu’à Clermont-Ferrand en service ou en bien. Enfin, troisième approche, une ville est riche ou pauvre du point de vue de ses budgets publics locaux. Une ville peut avoir un potentiel fiscal ou financier très important, mais être habitée par une population très pauvre. Ou l’inverse… »
Laurent Davezies, Professeur au CNAM, titulaire de la chaire Économie et développement du territoire

Si la question avait été posée trois ans plus tôt, parions que les réponses auraient été plus unanimes : la TP facilitait le classement des villes. Damien Guiget, DGS de Corenc et élu chargé des finances de Meylan, deux communes huppées de l’agglomération grenobloise, est frappé par la mutation en cours. « Au milieu des années 1980, jusque fin 1990, dès lors que l’on avait une activité économique sur un territoire, la ville et l’agglomération étaient riches et pouvaient mener un certain nombre de projets. Ce qui va faire la richesse d’une ville dans les années à venir sera plutôt la matière grise des habitants et des fonctionnaires territoriaux, pour imaginer de nouveaux modèles de service public et pour développer sa capacité à travailler avec ses voisins ». Tout reste à construire…

 

 

 

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