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Une interco des Yvelines teste « Autolib » pour transporter ses agents

04/02/2014 | par Séverine Cattiaux | Toute l'actualité

AUTOLIB ©DR

La communauté de communes Plaines et Forêts d’Yveline utilise une flotte de voitures électriques de Bolloré, en autopartage. Tout semble bien rouler, mais on est qu’au début du test.

Le test a démarré en novembre dernier. De six petits véhicules diesel, la communauté de communes Plaines et Forêts d’Yveline, dont la ville centre est Rambouillet, est passée à un pôle de cinq véhicules électriques loués par Bolloré. « Nous fonctionnons sur le modèle d’Autolib » lance Jean- Christophe Attard, DGS de l’intercommunalité.

Apparition d’un appariteur !

Le DGS, le Conservatoire n’ont plus « leur » voiture… Commentaire de Jean-Christophe Attard : « On supprime quelque part le côté affectif qu’on met parfois dans une voiture… On n’y laisse plus de choses personnelles. C’est comme un bus, un outil de déplacement… ». Les cinq voitures sont en total partage. Trente agents ont une carte « Bluecar », vingt l’ont utilisée (1). Pour obtenir cette carte, les agents ont fait eux-mêmes la démarche d’envoyer une photocopie de leur carte d’identité et du permis de conduire au service Bolloré. Le passage à l’autopartage a été l’occasion de rationaliser certains déplacements. Le territoire est assez étiré avec 450 km2 de superficie, les équipements sont un peu partout. Désormais « un appariteur » s’occupe de faire la tournée des équipements pour faire le lien avec le siège communautaire, et la trésorerie. Autre changement pour les agents : s’habituer au boîtier de vitesse automatique…

TÉMOIGNAGE
« On paye pour voir ce que ça donne… »
« C’est un peu comme au poker, on paye pour voir ce que ça donne, pour enrichir notre réflexion. Tout est possible. On pourrait aussi coupler un futur service d’autopartage avec des vélos électriques… Pendant ce test, qui dure un an, on propose à nos partenaires des déplacements gratuits dans le cadre de l’expérimentation. Demain, si on propose une offre payante, il faut que cela reste avantageux pour les utilisateurs, donc inférieur à ce que ça revient quand est propriétaire d’une voiture… »
Jean-Christophe Attard, directeur général des services de la communauté de communes Plaines et Forêts d’Yveline

Une Bluecar chargée à bloc permet de faire 200 km l’été, mais 150 km l’hiver. Encore un petit changement culturel à intégrer. Le DGS a constaté qu’en moyenne, un agent fait 41 km avec la voiture. Néanmoins, avec l’électrique, et aucune borne ailleurs (pour le moment) sur le territoire rural, mieux vaut savoir précisément où l’on se rend.

Réserver à l’avance… ou pas

Il est préférable de réserver son créneau à l’avance, si on veut être sûr d’avoir une voiture. Mais au moment de la prise en main, la batterie sera plus ou moins chargée… Ou alors, on prend l’option « partir tout de suite », qui permet de visualiser les voitures disponibles et leur niveau de charge… Mais la disponibilité de la voiture n’est alors pas garantie. Ceci dit, dans l’interco, les voitures de service sont encore assez peu utilisées… La réservation s’effectue en quelques secondes sur un iPhone. La voiture 2 est disponible de 12 à 14 heures ? À 12 h 01, l’agent présente sa carte en direction d’un capteur à côté du rétroviseur conducteur, qui reconnaît sa puce RFID… La voiture s’ouvre. Il débranche le véhicule relié à la borne de recharge et démarre. Quand il la ramène, il la rebranche.

Des économies ? Peut mieux faire…

La location mensuelle d’une Bluecar est sensiblement plus élevée : 500 euros contre 400 euros pour les petites voitures diesel auparavant (prêt longue durée). Bien entendu, dans ce prix, le service entretien et réparation est inclus. L’économie se fait vraiment sur le carburant. « Par mois, une voiture diesel consommait 150 euros d’essence, contre 15 euros aujourd’hui d’électricité » assure Jean-Christophe Attard. Pour creuser vraiment l’écart, il faudrait intensifier l’usage des voitures… Et on est loin du compte. En deux mois et demi, les cinq voitures électriques ont parcouru 7 786 km, et ont été réservées 187 fois.

TEMOIGNAGE
« Cette expérience est pédagogique »
« L’autopartage électrique en milieu rural/périurbain, est surtout très pédagogique. Même si au départ, c’est plus ou moins imposé, puisque cela émane de la collectivité… Cela amène des personnes à découvrir ce service, à y prendre goût, à essaimer. Par ailleurs, on voit par cette expérimentation de Rambouillet, le rôle essentiel que peuvent jouer des opérateurs… Il n’y en a pas en France, à l’exception de Bolloré. J’espère qu’il ne restera pas le seul. Car un opérateur apporte tout sur un plateau : les voitures, bornes, logiciel, etc. Cela permet à des intercommunalités de tester, de se lancer plus facilement… »
Isabelle Rivière, présidente de l’association pour l’Avenir du véhicule électrique méditerranéen (AVEM).

À la louche, chaque voiture a été utilisée en moyenne une fois par jour (les voitures du service Autolib classique sont utilisées cinq ou six fois en moyenne, mais sur des trajets plus courts). Mais c’était pire avant : les voitures diesel étaient six, et elles étaient parfois utilisées seulement une heure dans la journée. Petit aparté technique : les batteries de Bolloré sont des batteries lithium polymère. Elles présenteraient l’inconvénient de se décharger très vite… En revanche, avantage « Bolloré », du fait de la proximité de la collectivité avec Paris, le député-maire et le DGS (lorsqu’ils se rendent à l’Assemblée nationale), ou les agents en formation… peuvent recharger leur voiture électrique, sur des places parisiennes Autolib.

Prochaine étape : CCAS et associations

Dans quelques semaines, la communauté va proposer aux clubs de sports, aux associations, au centre intercommunal d’action sociale d’utiliser les voitures le week-end. « On va recueillir l’avis d’utilisateurs du territoire » lance le DGS. La communauté compte aussi sonder les besoins des entreprises… Qui dit nouveaux utilisateurs, dit nouvelles bornes pour recharger les véhicules à l’arrêt, « au moins une par commune ». L’intercommunalité ne possède que cinq bornes électriques (1 500 euros par borne), toutes basées au siège de la communauté. « Nous allons aussi installer quelques bornes à certains endroits du territoire pour que les voitures aient un rayon d’action plus important… ».

TEMOIGNAGE
« Une étude de l’utilisateur cible est une sage précaution »
« La voiture électrique ne doit pas être cantonnée à la ville. Je suis en périphérie de Strasbourg, et je fais tous les jours 60 km en voiture électrique. Quant à la formule autopartage, son succès dépend vraiment de la typologie des utilisateurs. Une étude à mener sur l’utilisateur cible est une sage précaution… Il y a en tous les cas des endroits à favoriser pour mettre en accès des voitures et des charges : une gare, une zone industrielle, un parc d’entreprises… »
Yoann Nussbaumer, fondateur du site Automobile-Propre.com : l’actualité de l’automobile écologique

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