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Représentation des attachés territoriaux : qui parle pour eux ?

04/01/2017 | par Rémi Uzan | Toute l'actualité

Männchen mit Megaphon auf Podest inmitten von bunten Zuhörern

Les catégories B et C peuvent compter sur les grands syndicats pour relayer leurs préoccupations. Les administrateurs ont une association nationale qui intervient jusque dans l’écriture des lois les concernant. Mais les attachés ? L’absence de « grande gueule » nationale devient de plus en plus problématique pour les agents, mais aussi pour les collectivités.

Article publié le 16/07/2014

Un adjoint administratif de deuxième­ classe, soit « l’entrée de gamme » de la catégorie C, est embauché sans concours à l’indice 316. L’indice est 349 pour un attaché territorial de catégorie A, lequel a en outre passé un concours très sélectif, au niveau de la licence universitaire.

 

Écrasement des grilles indiciaires

L’explication : « Les grilles de départ des catégories C et B montent de manière automatique quand le Smic augmente. Mais on ne remonte jamais les premiers échelons des catégories, ce qui a pour effet de tirer la grille indiciaire des A vers le bas » souligne Muriel Gibert, représentante employeurs au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT).

Cet « écrasement des grilles » est un révélateur criant de l’absence d’institution nationale défendant les intérêts des attachés. Les raisons sont multiples.

 

Lire aussi sur ce sujet : « Attaché territorial ? Un cadre d’emplois attractif, mais pas par la rémunération… »

 

Cadre d’emplois kaléidoscope

D’abord, on peut pointer l’aspect kaléidoscope de ce cadre d’emplois qui compte près de 50 000 agents.
En effet, quoi de commun entre l’attaché faisant fonction de DGS dans une petite collectivité, le chargé de mission et le directeur de service ?

 

 La rémunération des attachés s’est tassée depuis une quinzaine d’années et le décrochage avec les salaires des cadres du privé est patent.

 

« On ne trouve aucun sentiment de corps, comme chez les ingénieurs » souligne Jean-François Crost, premier vice-président de l’Union nationale des cadres territoriaux. Son organisation a d’ailleurs bien du mal à présenter des candidats aux élections professionnelles.

 

Enjeux trop flous ?

« La question est de savoir si les attachés ont envie que quelqu’un parle pour eux » soulève de son côté Philippe Coanet, représentant de la CGT au CSFPT. Le syndicaliste pointe ainsi le faible niveau de perception des enjeux revendicatifs : « Dans beaucoup de collectivités, les attachés trouvent un intérêt au boulot avec une certaine autonomie et des dossiers intéressants. Financièrement, ils pensent s’en sortir pas trop mal et ils ont la sécurité de l’emploi.

Pourtant leur rémunération s’est tassée depuis une quinzaine d’années et le décrochage avec les salaires des cadres du privé est patent. Ils grognent en sourdine contre les méthodes de management qu’on leur demande de mettre en œuvre, sans trouver dans le syndicat l’espace de liberté qui leur permettrait de les contester ».

 

Le CSFPT se saisit de la question… de tous les A

La situation pourrait changer. D’abord parce que la faiblesse du traitement indiciaire à l’embauche est un handicap pour de nombreuses villes petites et moyennes à la recherche de cadres qualifiés.

 

La compression des effectifs et les exigences accrues de l’autorité territoriale rendent la position de cadre intermédiaire de plus en plus inconfortable.

Ensuite parce que la compression des effectifs et les exigences accrues de l’autorité territoriale rendent la position de cadre intermédiaire de plus en plus inconfortable : « Nous avons énormément de responsabilités et d’amplitude horaire, mais je voyais des collègues de catégorie C libérés de ces contraintes mieux payés que moi en mairie » souligne cet attaché 8e échelon d’une ville de 40 000 habitants, parti depuis en fonction publique d’État.

Signe des temps, le CSFPT s’est autosaisi de la question et a constitué au printemps un groupe de travail (voir l’interview de Philippe Laurent ci-dessous). Mais qui englobe toutes les catégories A…

 

TROIS QUESTIONS À…

« Les attachés sont la véritable armature de la fonction publique territoriale »

Les catégories C et B disposent de puissants relais syndicaux. Les administrateurs et directeurs peuvent compter sur des associations nationales dont la voix porte… Mais, au fait, pourquoi aucune « grande voix » pour les attachés ?
S’agissant d’un cadre d’emplois généraliste, aux missions multiples et variées, il n’est pas évident d’en avoir une approche uniforme, même si leur rôle est naturellement essentiel au sein des collectivités territoriales et de leurs établissements publics.
Il existe cependant des agents représentant le cadre d’emplois des attachés territoriaux. Il s’agit notamment du SCNT (Syndicat national des cadres territoriaux). Certes, son aura est peut-être moins connue que celles d’autres associations professionnelles territoriales, mais celle-ci travaille à la reconnaissance des spécificités et des métiers de ce cadre d’emplois et a d’ailleurs participé avec le CNFPT à l’élaboration de plusieurs documents et plaquettes d’informations.

Finalement, la fonction de « cadre intermédiaire » est-elle réellement reconnue dans la Territoriale ?
Les attachés sont de véritables cadres de l’action publique locale. Ceux qui sont généralement désignés sous la dénomination de « cadre intermédiaire » sont les agents de catégorie B, notamment les rédacteurs, qui ont vocation à encadrer un petit service ou des équipes opérationnelles.
Les attachés ont par ailleurs vocation à occuper des emplois fonctionnels dans des petites et moyennes collectivités, dans lesquelles il n’est pas possible, pour des raisons démographiques, de recourir aux services d’un administrateur.
Par conséquent, les attachés, par la diversité de leurs missions et leur rôle plein et entier de cadres, sont appelés à exercer des missions d’expertise et de conception, ou de direction générale de services, et assurent à ce titre des fonctions essentielles auprès des élus locaux.
On peut même considérer que les attachés territoriaux, dans leur grande diversité de métiers et de fonctions, ont constitué la véritable armature de la fonction publique territoriale des années 1990 et 2000 qui a assuré la réussite du mouvement de décentralisation au côté des élus locaux.

En tant que président du CSFPT, vous avez lancé un groupe de travail sur les catégories A. Que peuvent en attendre les attachés territoriaux ?
Le groupe de travail relatif aux catégories A a été mis en place par la volonté commune du CSFPT et de la DGCL.
Le fait de parler de « catégories A » au pluriel est révélateur de la diversité des situations, des cultures, des fonctions que l’on peut trouver au sein de celles-ci.
Il est évident que les problématiques soulevées dans le cadre d’emplois des attachés ne sont pas les mêmes que celles des ingénieurs, des bibliothécaires ou des médecins.
C’est pourquoi le groupe de travail a pour mission d’appréhender l’ensemble de ces catégories, d’en déterminer les missions et les spécificités, mais également les attentes dans un contexte territorial et institutionnel mouvant, sans perdre de vue la nécessaire approche inter-filières qui doit préexister dans le cadre de l’unicité du statut de la fonction publique territoriale. Quoi qu’il en soit, de par leur culture professionnelle, les compétences techniques et de management qu’ils ont acquises et leur fort attachement aux valeurs du service public local, les attachés territoriaux garderont sans aucun doute un rôle majeur dans la gestion publique locale de demain, si tant est que le pays souhaite qu’il subsiste encore une gestion publique locale qui dispose de quelques marges de manœuvre et ne veuille pas inonder les collectivités territoriales de fonctionnaires d’État devenus surnuméraires…

 

 

 

 

 

 

 

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