CONSTAT D'ÉCHEC

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« Donnez à un homme un pourquoi et il supportera n’importe quel comment » (Goethe)

30/09/2014 | par François-Xavier Nerden | Opinion/Débat

Steve Debenport - Istock © Steve Debenport - Istock

TRIBUNE. L’usage de la peur ou l’appel à la vénalité ne pourront qu’avoir un effet négatif sur le salarié consciencieux et professionnel. Le manager d'aujourd'hui doit pouvoir donner du sens et de la valeur au travail.

Le sportif soumet son corps à rude épreuve pour rechercher la performance. Il travaille dur.

L’humanitaire se porte volontaire pour des missions difficiles, pour un petit pécule. Il s’engage.

Le patriote va risquer sa vie pour une cause. Il se sacrifie.

Retraités, voisins, amis… nous faisons tous des actions qui sollicitent des ressources physiques et mentales et qui fatiguent.

L’être humain peut supporter beaucoup, pourvu qu’on lui en donne de solides raisons.

L’être humain peut supporter beaucoup, pourvu qu’on lui en donne de solides raisons.

L’admiration d’un chef, un idéal, l’aventure, la vie en groupe solidaire, une soif de reconnaissance ou tout simplement une vie excitante.

Cependant, le travail ne semble pas être une source suffisante d’acceptation de souffrances, c’est pour cela qu’il doit être rémunéré. Il faut y être contraint pour accepter les sales boulots, fatigants, dégradants et ingrats.

Le travail en soi ne motiverait-il plus que quelques Compagnons du devoir, qui reçoivent et transmettent l’intelligence et la beauté du geste ?

Le monde économique exige toujours plus de performance des salariés et si possible à moindre coût. Par principe, ils ne sont pas toujours à leur maximum.

C’est sans doute un constat d’échec pour certains employeurs, que d’avoir trouvé comme seule solution pour attiser l’ardeur au travail que d’agiter la perspective du chômage ou le versement d’une prime à la performance. L’usage de la peur ou l’appel à la vénalité ne pourront qu’avoir un effet négatif sur le salarié consciencieux et professionnel.

 

Quelle valeur donner au travail ?

Car c’est oublier la valeur qu’il accorde au travail. C’est douter que ces qualités existent encore dans le monde actuel et c’est contribuer à les affaiblir. C’est conforter les plus démotivés dans leur perception de la pauvreté et de la violence des modes relationnels au travail. C’est admettre, enfin, que certains boulots n’ont rien d’intéressant ou, pire, que l’on ne sait pas valoriser ceux qui les acceptent.

Le dirigeant d’aujourd’hui doit être un inlassable pédagogue, donneur de sens.

L’actualité fait éclater, aux yeux de tous, les aberrations du monde économique pour l’environnement, pour l’avenir des ressources, pour l’équité. Pourtant, à part les plus bornés ou les plus cyniques, de plus en plus de gens s’interrogent sur la justesse de ce qu’ils font, de ce qu’ils produisent ou de leur comportement de consommateurs. Chacun ressent confusément que la performance financière n’est pas la seule échelle de valeur.

Le dirigeant d’aujourd’hui doit alors être un inlassable pédagogue, donneur de sens. Cela prend du temps. Cela n’est pas enseigné. Cela peut-il s’enseigner ? S’assurer du bien-être des salariés au travail n’est pas une fin en soi, dont le dirigeant s’acquitterait en confiant l’affaire au médecin du travail. Il est le résultat d’un tout indissociable qui allie l’organisation et les salariés dans un projet partagé.

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