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L’ouverture des lieux publics aux tournages

27/10/2014 | par Nicolas Braemer | Juridique

tournage_film © Artestudio8

La mise à disposition par les collectivités de lieux publics prestigieux ou marquants pour des tournages de films est une démarche gagnante pour tous. L’APIE, agence du patrimoine immatériel de l’État, explique comment le faire dans les meilleures conditions.

Les lieux publics sont souvent porteurs d’une image forte et unique : ils sont lieux d’histoire, de pouvoirs, de représentations particulières. À ce titre, ils possèdent un potentiel cinématographique unique.

L’ouverture des lieux publics aux tournages représente une opportunité formidable pour nombre de réalisateurs à la recherche de lieux nouveaux. Ce souhait des réalisateurs n’est pas récent, mais ils se sont longtemps heurtés à l’absence de réponse organisée de la part des administrations. Les pratiques étaient extrêmement disparates entre les différents ministères ou établissements publics, avec une réactivité souvent longue, des tarifs et des contrats hétérogènes, des facturations tardives, préemptant la visibilité économique de l’opération.

Dès sa création en 2007, l’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE) s’est attachée à proposer aux administrations une méthodologie structurée, en établissant des références partagées. L’idée est qu’à une même demande adressée à l’administration, corresponde une même réponse.

Il peut paraître étonnant que l’Agence, dont la mission est d’optimiser la gestion du patrimoine immatériel de l’État, cherche à inciter une démarche d’ouverture des sites publics. C’est pourtant bien l’aspect immatériel, l’image de l’institution qui est valorisée à travers leur mise à disposition. Bien évidemment, cette ouverture des lieux publics ne sera toujours qu’une activité subsidiaire, priorité étant donnée à l’accomplissement de la mission de service public.

 

L’accompagnement proposé par l’APIE

L’APIE propose aux administrations de les assister dans l’élaboration de leur stratégie d’ouverture de leurs sites. L’APIE a ainsi été à l’origine de la mise en place d’un « bureau d’accueil des tournages » dans les principaux ministères concernés. L’annuaire de ces bureaux d’accueil, publié sur le site de l’APIE, offre aux professionnels un point d’entrée facilement identifié. L’APIE organise également depuis quatre ans la présence interministérielle au marché du film à Cannes, où plusieurs administrations mettent en avant leur offre de décors. Cette offre est référencée dans le catalogue en ligne de la Commission nationale du Film France, avec laquelle l’APIE travaille étroitement pour répertorier les lieux d’intérêt potentiel.

Le barème proposé pour 12 heures de tournage long-métrage se situe entre 1000 et 5000 € HT, hors cas exceptionnel.

Par ailleurs, l’APIE a mis en place certains outils méthodologiques. Une convention juridique type a été diffusée largement afin que l’État et les professionnels disposent désormais d’un cadre juridique sécurisé ; l’agence propose également des grilles tarifaires pour chaque lieu, en prenant en compte certains critères comme le potentiel de représentation cinématographique, l’accessibilité… afin d’obtenir une grille cohérente avec les pratiques du marché (le barème proposé pour 12 heures de tournage long-métrage se situe entre 1000 et 5000 € HT, hors cas exceptionnel) ; enfin, l’APIE publie sur son site des fiches méthodologiques.

 

Les bénéfices de cette politique d’ouverture

Ces bénéfices sont multiples. Cette politique d’accueil offre tout d’abord de nouvelles opportunités pour les professionnels de l’audiovisuel, grâce à la mise à disposition de lieux spécifiques, parfois uniques, voire exceptionnels.

Pour l’État, l’enjeu est notamment en termes d’image : il s’agit de montrer une administration ouverte et de mieux mettre en exergue ce qu’elle est et ce qu’elle fait. Quelques ministères comme la Défense ou l’Intérieur proposent d’ailleurs une relecture des synopsis pour mieux rendre compte du fonctionnement réel d’un service.

Une convention juridique type permet désormais à l’État et aux professionnels de disposer d’un cadre juridique sécurisé.

Par ailleurs, les ressources liées à l’accueil des tournages peuvent contribuer à l’entretien, la rénovation ou au rayonnement des sites concernés : les 146 000 € de recettes tirées du tournage de « Habemus Papam » à l’Ambassade française de Rome ont ainsi permis d’organiser une exposition exceptionnelle sur la Renaissance.

Enfin, les retombées sont importantes en termes d’attractivité géographique puisqu’une part significative des choix de destinations touristiques est influencée par la vision de films. L’ouverture des lieux publics aux tournages d’œuvres audiovisuelles représente donc un bénéfice véritable pour les professionnels de l’audiovisuel, l’administration, les agents publics et les usagers.

 

Le succès de cette politique

À ce jour, beaucoup d’administrations ont mis en place une politique d’ouverture de leurs lieux de prestige ou de leurs sites spécifiques : le ministère des Affaires étrangères (consulats et ambassades ; la valorisation du patrimoine immatériel fait désormais partie des recommandations données aux diplomates qui rejoignent leur poste), le ministère de la Justice (tribunaux, prisons), le ministère de l’Intérieur (préfectures), le ministère chargé de la Culture, le Sénat… et de nombreux établissements publics.

Le nombre de productions accueillies dans des lieux publics est passé de 152 en 2010 à 774 en 2013.

Cette ouverture des lieux publics (tournages et événements compris) connaît un succès croissant : près de 10 M€ en 2012 et 12,20 M€ en 2013, pour les sites ayant bénéficié de l’accompagnement de l’APIE. Le nombre de productions accueillies est passé de 152 en 2010 à 774 en 2013.

La politique d’ouverture des lieux publics aux tournages a désormais pris son essor, grâce à l’impulsion donnée par l’APIE et le relais efficace des personnes publiques qui ont pris conscience des avantages que recelait la valorisation de ce patrimoine immatériel, au premier rang desquels la réappropriation par les citoyens des institutions de la République.

 

Note de la rédaction
Ce texte nous a été communiqué par l’APIE, agence du patrimoine immatériel de l’État. Au regarde de l’intérêt qu’il représente pour les collectivité territoriales, il nous a semblé utile de le publier, même s’il ne s’agit pas d’une « oeuvre » journalistique. 

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