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Interview
À l'occasion des entretiens territoriaux de Strasbourg, André Rossinot, président du CNFPT, fait un bilan de cette manifestation, qui fête cette année ses 11 ans. L'occasion également d'afficher les nouvelles ambitions du CNFPT après la réforme de la formation et de réaffirmer son rôle «mutualisateur». |
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André Rossinot est président du CNFPT depuis 2002. Il est maire de Nancy depuis 1983 et président de la communauté urbaine du Grand Nancy. Il a été ministre de la Fonction publique entre 1995 et 1997 et copréside, avec Jean-Louis Borloo, le Parti radical, formation associée à l'UMP.
...Quel bilan faites-vous de la décennie écoulée ?
Oui, cela fait plus de dix ans que les ETS existent, et attirent des agents et des élus de plus en plus nombreux. D'abord, le fait que cette manifestation perdure est en en soi un premier bilan. Ensuite, ils sont considérés dans et par le monde territorial comme un événement. Il y a certes de nombreux colloques, mais aucun n'a cette tournure libre où de très nombreux sujets d'actualité peuvent être traités, entre élus et fonctionnaires territoriaux, mais aussi avec des spécialistes pouvant venir de tous les horizons.
Dans le monde territorial, c'est le seul moment où les cadres peuvent échanger sur quelques grands sujets d'actualité.
Il y a plus de 1000 à 1300 personnes par an qui peuvent ainsi participer à des tables rondes. Enfin, il faut savoir qu'en 11 ans, les ETS ont constamment évolué, pour l'organisation et le contenu.
...Peuvent-ils encore inventer pour continuer à attirer du monde ?
Ils remplissent aujourd'hui la même fonction que les années précédentes : un forum de rencontres sur les questions actuelles des collectivités. Mais je souhaiterais que nous puissions développer des thèmes plus partenariaux en lien avec d'autres institutions. C'est ce que nous avons commencé à faire cette année en organisant deux tables rondes, le 4 décembre, avec la CNSA sur la question du handicap, de l'accueil et du recrutement et de la formation des personnes handicapées dans les collectivités. Ce sujet touche toutes les collectivités et intéresse les cadres et les élus à plusieurs titres. Enfin je souhaite que nous accueillions de plus en plus d'élus dans nos ateliers, afin que l'ensemble des acteurs du monde local soit présent.
...des cadres A + à l’Inet dure encore un an et demi ? Considérez-vous comme anormal le fossé qui s’est créé entre les FIA des A et celles des A + ?
La réorganisation des formations d’intégration de catégorie A résulte d’une demande des agents et des élus. Le dispositif était trop contraignant, trop rigide et ne correspondait plus vraiment aux besoins de formation des cadres « tout au long de la vie ».
Si la formation « en début de carrière » a été effectivement réduite, les formations de professionnalisation, mais aussi de perfectionnement, permettent un étalement de la formation dont on peut bénéficier aux moments importants de sa carrière.
Alors, effectivement, seuls les A +, et notamment les administrateurs territoriaux, ont une formation longue en début de carrière. Je voudrais rappeler que cette différence résulte avant tout de leur statut d’élève. Ensuite, il s’agit d’une formation « en alternance » et ces dix-huit mois comportent des temps de stages en collectivités très importants.
C’est donc un dispositif particulier, adapté aux futures fonctions d’encadrement supérieur, que sont destinés à avoir les administrateurs territoriaux.
C’est d’ailleurs grâce à cette durée de leur formation que nous avons pu organiser des modules communs avec les élèves de l’ENA.
...Avec quelle « formule » ?
Non seulement on l'imagine, mais on le souhaite. Le CNFPT va mettre l'accent sur la formation des personnels techniques, car dans ce domaine notre offre n'est pas suffisante, pas adaptée. Depuis l'Acte II de la décentralisation et les transferts de nombreux agents de l'équipement, les départements ont de nombreuses demandes en ce domaine, auxquelles le CNFPT doit répondre. Renforcer l'offre de l'INET sur ce sujet est donc une priorité. Mais il ne s'agit évidemment pas de refaire une école d'ingénieurs. Nous sommes en discussion aussi bien avec l'École des Ponts et Chaussées, qu'avec l'ENTPE pour organiser des formations communes et adaptées aux ingénieurs territoriaux. La « formule » consisterait en un partage entre des spécialisations offertes par les écoles et une offre de territorialisation et de management adaptée à l'INET ; car les ingénieurs sont ou peuvent devenir des chefs de services ou des directeurs généraux de collectivités.
...quel est aujourd'hui le principal défi à relever pour le CNFPT ?
Le premier défi est de mettre cette loi en œuvre de manière rapide et souple. En publiant rapidement le livret formation et des outils de formation pour les catégories C, nous avons montré cette réactivité. Mais la loi nous impose une transformation profonde des contenus de la formation : plus grande réactivité, professionnalisation, adaptation à l'actualité. Les collectivités évoluent très vite et nous devons répondre rapidement à leurs attentes. L'accompagnement des politiques publiques territorialisées est un élément majeur de cette adaptation. Un travail très important a été fait sur ce sujet depuis plusieurs années, il faut le poursuivre et l'intensifier. C'est d'ailleurs dans cet esprit que nous faisons évoluer l'offre de formation des écoles. Former plus d'agents, plus rapidement et de manière plus pertinente : voilà le défi global.
...à jouer un rôle de mutualisation (et notamment maintenir la légitimité d'un financement basé sur le 1 %) dans un dispositif de formation de plus en plus individualisé ?
Au contraire, les plans de formation et le livret individuel de formation vont permettre une réponse mieux coordonnée aux collectivités et aux agents. N'oubliez pas que les formations d'intégration des catégories C vont aussi occuper une place importante dans notre offre. Il était quand même anormal que ces agents n'aient pas droit à une formation de départ !!!
...dans le projet de loi sur le dialogue social a suscité de vives critiques. Est-il souhaitable aussi de le remettre en cause au CNFPT ?
Le projet de loi concerne les instances, et non pas les organismes comme le CNFPT. Pour ma part je suis satisfait de l'organisation et du fonctionnement paritaire du conseil d'administration et du CNO au CNFPT. Cela donne à nos orientations et à nos décisions une dimension « partagée » très positive.
La Lettre du cadre devait recevoir Laurence Parisot sur le thème « Public- privé : les frontières bougent ! » au cours des ETS, le 4 décembre 2008, sous la forme d'une interview publique réalisée par Hugues Périnel, puis d'un débat avec la salle. L'actualité difficile a obligé Laurence Parisot à annuler, à son grand regret... Elle a tenu à en faire part aux participants des ETS... peut-être l'année prochaine ?
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