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Idées
Et si la décentralisation nous permettait de faire de vrais progrès dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Un livre esquisse un scénario porteur et optimiste. Trop optimiste ? |
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Quelle France en 2030 ?
Frédéric Denhez, éditions Armand Colin.
Retrouvez des extraits de cet ouvrage sur www.lettreducadre.fr/comp-redac.html, complément rédactionnel n° 911.
L'originalité de ce livre est de décrire ce que pourraient être à brève échéance (2030, c'est demain), les conséquences du dérèglement climatique. Et surtout, il se risque à expliciter ce qui pourrait être fait d'ici là pour commencer à répondre au défi qui se présente à nous.
L'hypothèse qu'il privilégie est plutôt optimiste : la France de 2030 aura probablement fait de vrais pas en avant, pour s'adapter à la nouvelle donne énergétique, et pour contribuer à la prévention des dérèglements climatique. Elle aura commencé à revoir l'occupation de son littoral pour faire face aux risques de submersion. Elle aura pris conscience de l'enjeu crucial de l'agriculture et redécouvert les mérites d'une polyculture de proximité. Ses territoires se seront engagés dans la voie d'une plus grande autonomie pour limiter transports et déplacements : autonomie alimentaire, autonomie énergétique également : l'électricité nécessaire à la vie quotidienne sera en bonne partie produite localement, grâce à la montée en puissance des énergies renouvelables. Ses villes seront plus compactes : l'urbanisation diffuse aura pris fin, de nouveaux schémas d'aménagement, en émergence à travers les SCOT, auront permis de rapprocher habitat, emploi, services. Dans ces territoires urbains densifiés, les transports en commun seront en plein essor, en complémentarité avec l'automobile nouvelle manière : plus petite, plus sobre, louée plutôt qu'achetée. Le territoire dans son ensemble aura accéléré sa réorganisation en resserrant l'activité autour de transport éco-compatibles : train , fleuves, cabotage.
Toutes ces vertueuses transformations auront été possibles grâce à la décentralisation enfin aboutie : intercommunalités et régions auront été dotées des pouvoirs nécessaires au déploiement des multiples initiatives et inventions que suppose un remaniement d'une telle ampleur de notre manière d'habiter nos territoires. Elles auront su exercer leurs nouvelles responsabilités en lien étroit avec les acteurs de la société civile dans le cadre d'une démocratie devenue résolument participative. Ce scénario a le mérite d'esquisser un projet porteur d'avenir. Il présente aussi le risque de sous-estimer les difficultés à résoudre pour que nous nous engagions vraiment et à temps dans ce grand chambardement de tous nos modes de vie. Chacun des deux mots du titre mérite à cet égard d'être interrogé. « La France » : on voit bien, à lire F. Denhez, que ce n'est pas chez nous que les conséquences du dérèglement climatiques seront les plus dramatiques. « En 2030 » : à cette date, certaines de ses conséquences auront commencé à se faire sentir, mais le pire sera pour après, vers la fin du siècle sans doute. Voilà en quoi le dérèglement climatique nous pose un problème inédit : nous avons à faire face à un problème qui se posera chez les autres davantage que chez nous, et aux générations à venir plutôt qu'à la nôtre. Serons-nous néanmoins capables de prendre les décisions à la hauteur des enjeux, y compris celles qui vont remettre en cause un mode de vie que nous nous sommes mal préparés à changer ?
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