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Repères
Les territoriaux sont inquiets pour leur protection sociale. Alors qu'ils renoncent parfois aux soins pour des raisons financières, ils comptent plus que jamais sur leur collectivité pour les aider à prendre en charge leur mutuelle. |
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Jean-Pierre Moreau - Président général de la MNT, Président d'Uni-ter
Le premier baromètre de la protection sociale des agents territoriaux, réalisé pour la Mutuelle nationale territoriale par l'IFOP, révèle un sentiment de dégradation du système de santé chez les territoriaux. Alors que le décret sur la participation de l'employeur au financement de la protection sociale des agents est en préparation, les territoriaux affirment de très fortes attentes vis-à-vis de collectivités locales.
Faut-il s'en étonner ? Certains des résultats du baromètre résonnent un peu comme un appel adressé par les agents à leur collectivité. Le baromètre met tout d'abord en lumière les limites actuelles de la couverture des territoriaux. De ce point de vue, un chiffre est malheureusement extrêmement préoccupant : un tiers des agents territoriaux a renoncé à des soins médicaux au cours des douze derniers mois. Ceci est tout simplement inacceptable. Cette situation est probablement à l'origine de la montée d'un certain sentiment d'anxiété puisque 54 % se sentent moins bien protégés qu'il y a cinq ans. Ces chiffres expliquent que le maintien des niveaux de remboursement des soins soit la priorité de 70 % des territoriaux, devant l'accès aux soins pour tous (46 %) et le maintien de salaire en cas d'arrêt maladie. Deuxième révélation forte du baromètre : les territoriaux attendent beaucoup des collectivités en matière de protection sociale. Or celles-ci ont ou vont avoir les moyens d'agir. En effet, le décret fixant les modalités de participation des collectivités à la protection complémentaire des agents est en cours de négociation. La contribution au financement de leur protection complémentaire est plébiscitée par les agents, puisque 89 % attendent que leur collectivité participe. Plus de 80 % des agents considèrent déjà que cette contribution financière est un élément clef de l'attractivité de la collectivité. Mais seulement 22 % travaillent déjà dans des collectivités qui la mettent en ½uvre. Et seulement un sur deux admettrait une recommandation de leur employeur sur le choix de leur opérateur.
Cette question devra donc être à l'avenir au c½ur des politiques que mènent les collectivités en matière de santé au travail et va devenir un enjeu clef du dialogue social. À quel niveau fixer la participation ? Sur ce point, on notera avec intérêt que la majorité des territoriaux estime qu'elle doit être supérieure à 40 % du montant des cotisations : un chiffre nettement plus modeste que dans le secteur privé, mais beaucoup plus élevé que ce qui est accordé actuellement. En matière de santé au travail, la collectivité est clairement identifiée comme ayant un rôle essentiel à jouer : en matière de reclassement en cas d'inadaptation du poste de travail (91 %), de stress au travail (86 %), pour le dépistage et la prévention des maladies (78 %) ou des addictions (75 %). Dernier point important : 63 % des territoriaux déclarent accorder de l'importance au choix d'une mutuelle territoriale. Faut-il s'en féliciter ou le déplorer ? En effet, un tiers des agents n'a pas encore compris tout l'intérêt d'adhérer à une mutuelle qui connaît parfaitement leurs problèmes spécifiques et qui les défend auprès des pouvoirs publics.
À télécharger
Le complément rédactionnel n° 917 :Le baromètre de la protection sociale des agents territoriaux.
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