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Leader
Étienne Pinte est député UMP et ancien maire de Versailles. Il a remis en septembre 2008 un rapport sur l'hébergement et l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées. |
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Étienne Pinte est député UMP et ancien maire de Versailles. Il a remis en septembre 2008 un rapport sur l'hébergement et l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées.
Le blog d'Etienne Pinte
Certaines communes assurent que, malgré leur détermination, elles ont du mal à approcher le seuil des 20 % de logements sociaux. Les croyez-vous sincères ?
Chaque commune est un cas particulier. Les contraintes existent, il ne s'agit pas de les nier : le coût du foncier, la disponibilité du foncier, les secteurs sauvegardés, etc. Mais, d'une manière générale, si un maire souhaite construire du logement social, il trouve les solutions. La continuité politique s'impose dans ce domaine car il s'agit d'un chantier de longue haleine.
Je ne disposais que de 30 % du foncier, les 70 % restants appartenant à l'État, les châteaux par exemple, ou à la Défense. Avec 30 % de foncier, il reste peu de place pour construire. Mais j'ai pu me faufiler, par exemple, au c½ur d'un programme immobilier installé sur 250 hectares de surfaces sauvegardées. J'ai souvent été amené à préempter pour confier ensuite à un bailleur social le soin de réaliser des logements sociaux. Il faut être à l'affût de tout : j'avais récupéré les anciens locaux de la direction départementale de La Poste pour les transformer en logements sociaux dans le cadre d'un partenariat public-privé. Lorsque la loi sur le droit au logement a été votée, nous étions à 20 % de logements sociaux. Puis, au fil des gouvernements, la notion de logement social a évolué, nous sommes redescendus à 17 %. Je n'ai donc pas de leçon à donner. J'estime seulement qu'il faut rester constant en la matière.
Lors du vote de la loi de « mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion », j'ai proposé quelques mesures plus contraignantes, notamment la possibilité pour les préfets de se substituer au maire dans son droit de préemption pour y construire du logement social. Les préfets ont désormais les outils en main pour agir, au-delà des constats de carence.
Je n'ai rien contre l'accession sociale à la propriété, qui doit devenir un maillon important de la chaîne du logement. Mais j'estime qu'il faut d'abord combler les déficits en matière de logement social avant de passer à cette phase.
Toute ma vie politique a été centrée sur le traitement des difficultés rencontrées par les hommes. Je partage de nombreuses valeurs avec les associations que vous citez. Je rencontre souvent Augustin Legrand. Nous avons obtenu l'arrêt des expulsions en cette période de crise, pour ne plus alimenter la rue. L'une des grosses difficultés aujourd'hui concerne l'hébergement d'urgence. L'approche de la période estivale coïncide avec la fermeture des équipements ouverts en hiver. À Versailles, nous avons mis en place un centre d'urgence permanent. J'ai dit à Christine Boutin qu'il fallait impérativement aller plus loin sur ce sujet.
Le budget logement 2009 n'était pas à la hauteur de l'enjeu. Le plan de relance du gouvernement a effacé ma déception. Je dis aux bailleurs qu'ils disposent d'un droit de tirage sur les finances publiques, qu'ils doivent en profiter. Nous avons 18 à 30 mois pour construire à tour de bras. Je crois beaucoup au dispositif encourageant l'intermédiation locative, adossé de plus à la Garantie universelle des loyers (GRL). C'est un moyen sûr de garantir un toit à des familles en difficulté tout en assurant le versement d'un loyer au propriétaire.
À télécharger
Voir le complément rédactionnel n° 923 :le rapport remis par Étienne Pinte.
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