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«La gare : un vrai morceau de ville »

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Fabienne Keller est sénatrice du Bas-Rhin et ancienne maire de Strasbourg. Elle vient de remettre au Premier ministre un rapport sur les gares contemporaines, suite à une mission parlementaire qui lui a été confiée.

La Lettre du Cadre Territorial numéro 381 (1er juin 2009)


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Fabienne Keller
est sénatrice du Bas-Rhin et ancienne maire de Strasbourg. Elle vient de remettre au Premier ministre un rapport sur les gares contemporaines, suite à une mission parlementaire qui lui a été confiée.Vous pouvez retrouver le rapport et ses proposition sur :www.gare-ensemble.fr

Ecoutez l'interview en podcast de Fabienne Keller


Vous venez de rendre au Premier ministre un rapport qui insiste sur le concept de gare contemporaine. Quels en sont les contours et les atouts ?

La gare contemporaine est une grande gare qui englobe l'ensemble des modes de transports. C'est aussi tout un quartier, un morceau de ville. J'ai donc proposé que ce soit sous cet angle, à la fois urbain et des transports, que les projets soient construits. La grande gare est le lieu où se croisent tous les transports et où la chaîne des déplacements s'organise. On y trouve les transports à longue distance (TGV, grandes lignes et trains régionaux), les transports publics ­urbains (métros, tramways ou bus) et ­interurbains (souvent des bus, gérés par les départements), mais aussi les vélos, la marche à pied, les taxis, les voitures partagées... L'idée est de faire de la gare le lieu où tous ces transports s'organisent de manières complémentaires. Par ailleurs, la gare est un ensemble de ­bâtiments et des terrains, aujourd'hui souvent peu utilisés ou abandonnés, appartenant aux anciennes DDE, à la SNCF, à RFF ou à l'armée, et qui peuvent permettre de créer un vrai quartier autour de la gare. Je propose donc d'aménager la gare comme un vrai morceau de ville, où l'on trouve tous les transports : cela entre pleinement dans les objectifs du développement durable.


Pourquoi proposer de joindre transports et activités commerciales dans les gares ?

Les commerces font pleinement partie des différentes fonctions de la ville. Mêler la ville et les transports, c'est organiser la vie pour que les déplacements soient limités. Historiquement, les emplois ont été localisés dans des zones d'activités périphériques. Si l'on installe des bureaux et des services ­autour de la gare, ils seront au contraire près des lieux d'habitation et de mode de transports permettant de rejoindre d'autres lieux en respectant l'environnement. Il s'agit donc bien de faire de la ville écologique, dense et organisée autour du transport.


Quels sont les enjeux spécifiques à l'Ile-de-France ?

Les transports en commun y sont plus utilisés qu'ailleurs en France et il y a eu peu d'investissement dans ce domaine depuis trente ans. Les gares et les réseaux ont un besoin urgent d'investissement que j'ai chiffré à 3,3 milliards d'euros, pour faire des gares de vrais lieux de vie. En Ile-de-France, les quartiers gares sont les sites les plus centraux où transitent chaque jour le plus grand nombre d'habitants. Or, les gares y sont beaucoup trop petites, les quais mal aménagés, il n'y a ni abris à vélo, ni accès agréables pour les piétons, les parkings sont mal organisés. Il y a donc un effort important à faire pour les aménager, mais aussi pour mieux valoriser les terrains situés autour de la gare. Dans une région où les besoins de logements sont criants, c'est un potentiel qu'il faut très vite valoriser. Ces projets demandent des investissements importants : qui en a la capacité financière ? Ça demande surtout une mobilisation de tous les partenaires et un croisement d'objectifs. Il faut créer un lieu de concertation des régions, départements, villes, SNCF, RFF pour remédier au fractionnement de l'organisation des transports. J'ai aussi proposé, afin de piloter des projets plus concrets, d'utiliser des outils juridiques qui existent déjà (SEM, établissements publics, GIP...) pour mettre en œuvre ces projets qui croiseront l'ensemble des financements des partenaires, essentiellement publics, mais aussi privés, puisque certains projets peuvent être rentabilisés grâce à des locaux d'activités ou de commerce.


 

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