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Repères
Que peut-il bien y avoir de commun entre Arequipa au Pérou et une ville française ? Il existe, la plupart du temps un centre de plus ou moins grande valeur historique, qui symbolise la ville et abrite les institutions. Mais ses activités sont souvent fragilisées par des grands centres commerciaux de périphérie ou par l'omniprésence des voitures. Au Pérou, des solutions nouvelles ont été trouvées... |
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Jean-Pierre Charbonneau est urbaniste, consultant en politiques urbaines ou culturelles. Il a, avec Léo Orellana, architecte coordonnateur du programme SIRCHAL, et avec l'appui de l'ambassade de France, assuré une mission d'expertise auprès de la municipalité d'Arequipa et de sa société de transports.
jpcharbonneau-urbaniste.com
La dimension du territoire urbanisé a explosé : en France du fait des zones d'activités ou des quartiers pavillonnaires, au Pérou avec l'installation, en marge de la ville, de populations pauvres des hauts plateaux qui ont construit des quartiers informels de manière illégale. En France, on a en général redonné leur valeur touristique aux centres, souvent au détriment de leur attractivité, de leur vitalité. La muséification et la « gentrification » sont alors les grands dangers.
Arequipa possède un centre historique dynamique et magnifique. On y trouve la plupart des universités, des commerces actifs, les institutions politiques ou culturelles et un marché de mille commerçants. Mais une question se pose à la municipalité : comment favoriser ces qualités tout en conservant au centre son rôle intégrateur de la société aréquipénienne ? Arequipa possède un million d'habitants et... 25 000 taxis (pour quelques milliers à Paris et 300 à Lyon). Pour lutter contre la congestion et la pollution, l'accès au centre a été interdit aux voitures particulières. Est alors apparu ce nombre incroyable de taxis, moyen simple et rapide de gagner un peu d'argent pour les populations pauvres. C'est peut-être justement ce qui différencie les villes européennes et latino-américaines : l'échelle des problèmes.
Construire les conditions d'un tel changement conduit, comme en France, à aborder de front la multiplicité des fonctions : le commerce, les espaces publics, l'accessibilité... Le but est de renforcer le dynamisme et non de le mettre en péril. C'est une technique urbaine mais aussi une vision de ce que doit être une ville, partagée par la plupart des villes européennes et d'Amérique latine. Pour ce faire, Arequipa a prévu de réorganiser totalement le système de déplacements, le fondant sur la création d'un réseau de bus structurant et de réseaux complémentaires de rabattement permettant d'irriguer les différents quartiers. Ce projet est financé en partie par une ONG. Il possède certes une dimension technique (comment faire fonctionner un tel système créé de toutes pièces ?), mais aussi urbaine car il n'est pas simple de faire rentrer de tels équipements de transports dans une ville historique qui n'a pas été conçue pour cela. Quelle largeur de trottoirs va être laissée par le passage de gros véhicules ? Comment s'appuyer sur ce projet pour mettre en valeur le centre et favoriser ses activités ? Où faire passer les lignes pour cela ? Comment organiser les parcours piétons en conséquence ? Une telle initiative possède aussi une dimension économique et sociale. Le système de transport actuel, fondé sur les taxis, nourrit au sens propre une partie de la population. Trouver la réponse à sa suppression progressive est partie intégrante du projet. De premières initiatives ont permis d'imaginer, avec les chauffeurs de taxi, quelle place ils pourront prendre dans l'entreprise en cours de constitution et qui sera chargée de conduire la réalisation du système puis de le gérer.
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